Carmat bat la chamade après la première impantation humaine

L'implantation réussie d'un coeur artificiel fait bondir la medtech Carmat, qui s'aduge 20% au milieu de la matinée, à 120 euros le titre.
(Crédits : REUTERS/Benoit Tessier)

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Incotable dans les premiers échanges, Carmat s'adjuge 20% sur les 120 euros. Les investisseurs saluent la réussite de la première implantation humaine de son coeur artificiel.
L'intervention a été réalisée le 18 décembre sur un patient souffrant d'insuffisance cardiaque terminale à l'hôpital Georges Pompidou à Paris. Mais elle n'a été qu'annoncée le vendredi suivant. Cette première implantation s'est déroulée "de façon satisfaisante", "la prothèse assurant automatiquement une circulation normale à un débit physiologique. Le patient est actuellement sous surveillance en réanimation, réveillé et dialoguant avec sa famille" a indiqué Carmat.

La prouesse est telle que le président de la République s'est fendu d'un communiqué pour féliciter les équipes de Carmat. "La France peut être fière de cette action exceptionnelle au service du progrès humain" a-t-il déclaré.

 

D'autres implantations attendues

Ce n'était que la suite logique après l'obtention du feu vert de l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) fin septembre. Trois centres français ont été identifiés comme formés et prêts à participer à la 1ère phase des essais : l'Hôpital Européen Georges Pompidou à Paris, le Centre Chirurgical Marie Lannelongue du Plessis-Robinson et l'hôpital Laënnec-Nord du CHU de Nantes. D'autres implantations y sont attendues dans les prochaines semaines.

En parallèle, les processus engagés par Carmat en mai dernier dans quatre autres pays se poursuivent, notamment en matière de formation des centres, de relations avec les équipes chirurgicales et autorités locales et de sélection des patients. Le groupe avait en effet obtenu en mai dernier l'autorisation de quatre centres de chirurgie cardiaque en Belgique, en Pologne, en Slovénie et en Arabie Saoudite pour effectuer les premières implantations humaines de son cœur artificiel bioprothétique.


Une pépite technologique qui vaut de l'or

Inventé par le chirurgien français Alain Carpentier, ce cœur artificiel reproduit le fonctionnement du cœur naturel. Il est destiné aux malades en assistance cardiaque terminale, trop âgés pour espérer une greffe. Selon Carmat, ce cœur pourrait rendre service à 10 000 malades en France. Le marché qui s'offre à Carmat est donc colossal alors que les dons d'organes se font rares.

Le cœur pèse 900 grammes, plus lourd qu'un cœur humain (300 grammes). Il n'est pas adressé à toutes les corpulences puisque la prothèse est anatomiquement compatible avec environ 20% de femmes. Aussi, cette pépite de technologie à un coût, et non des moindres : il faudra compter 160 000 euros pour s'offrir un cœur tout neuf.

Des pertes limitées

Début septembre, la "medtech" avait annoncé avoir réussi à limiter ses pertes à l'issue du 1er semestre 2013. Le concepteur du cœur artificiel affiche une perte nette de 4,9 millions d'euros, contre déficit de 10,7 millions d'euros un an plus tôt. Un peu plus haut dans le compte de résultat, Carmat a terminé le semestre écoulé sur une perte limitée à 5,8 millions d'euros, contre une perte de 12,6 millions d'euros l'année précédente.

Les charges d'exploitation sur le semestre ont en effet été contenues à 8,6 millions d'euros, en diminution de 31% par rapport au 1er semestre 2012. A fin août 2013, Carmat dispose d'une trésorerie de 10,5 millions d'euros qui constitue un socle solide pour lancer la phase clinique de son projet.

 

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