Wall Street distribue ses plus gros bonus depuis 2007

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L'augmentation serait due à des reports de paiements, finalement acquittés en 2013 (Photo : Reuters)
L'augmentation serait due à des reports de paiements, finalement acquittés en 2013 (Photo : Reuters) (Crédits : Reuters)
Les bonus des traders de Wall Street ont augmenté de 15% en 2013 par rapport à l'année précédente. Le montant moyen distribué surpasse désormais celui d'avant-crise.

"A Wall Street, les bénéfices plongent, tout comme le nombre d'employés", assène William Alden, du New York Times, "mais les bonus, eux, continuent de gonfler".

Les bonus des traders de Manhattan (New York) sont repartis à la hausse en 2013. Avec 164.530 dollars en moyenne, soit environ 118.000 euros, ils gagnent 15% de plus l'année dernière, selon les estimations publiées mercredi par le contrôleur de l'Etat de New York, Thomas P. DiNapoli. Ils sont désormais au plus haut depuis 2007, année qui a précédé la crise financière. Sans compter les options d'achat de titres, et tout ce qui ne figure pas dans les relevés d'impôts décortiqués par le contrôleur.

Les bonus différés ont été acquittés en 2013 

C'est une moyenne, qui inclut à la fois les salaires des salariés en bas de la hiérarchie et ceux des dirigeants. Ces derniers peuvent en effet faire grimper le total. "Les sociétés sont prêtes à payer cher pour recruter les plus talentueux", suggère le journaliste du New York Times. Autre explication possible : depuis la crise, les entreprises présentes à Wall Street ont tenté de limiter leurs coûts en différant le paiement de certaines compensations aux employés, dont certaines ont finalement été acquittées en 2013.

Indignation dans la gauche américaine

Les bonus, qui constituent la majeure partie des revenus de certains traders, continuent de susciter l'indignation. Le think-tank américain Institute for Policy Studies, classé à gauche, relève notamment que s'il était redistribué, le montant total de ces bonus (26,7 milliards de dollars) permettrait de doubler le salaire du million d'Américains qui travaillent à temps plein au salaire minimum (7,25$ de l'heure). "Les vendeurs de produits de luxe se réjouissent toujours à l'arrivée de la saison des bonus à Wall Street, alors qu'une augmentation du salaire minimum serait plus profitable pour l'économie américaine", commente le think-tank.

Les traders gagnent cinq fois plus que les employés du privé

En 2012, la rémunération moyenne des employés de l'industrie financière new-yorkaise (bonus inclus) était de 360 700 dollars. Plus de cinq fois celle du reste du secteur privé, selon le rapport du contrôleur de l'Etat de New York. Malgré ces inégalités, Thomas P. DiNapoli se réjouit des recettes fiscales que vont rapporter ces bonus. L'industrie financière représente 8,5% des impôts payés à la ville de New York.

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Commentaires
a écrit le 14/03/2014 à 8:23 :
bonus produit par une inondation des marches par des liquidités (dettes du contribuable) des manipulations de cours etc...la mafia financiere fait ce qu elle veut
a écrit le 13/03/2014 à 19:42 :
Dans un marché boursier qui remonte logiquement après la crise que nous avons largement contribué à renflouer, y a-t-il un quelconque mérite à profiter de l'air du temps ... Il semble que oui et que cela est grassement rémunéré ... Le prochain mur est proche mais ce coup ci les Etats sont fauchés ... Y a-t-il une autre solution pour alléger la dette qu'une bonne petite guerre qui remet les compteurs à zéro ? ... Pauvres de nos politiques qui continuent à protéger la finance inutile qui pompe l'économie réelle
a écrit le 13/03/2014 à 14:32 :
Il aurait été logique que le montant total des primes soient versé aux assureurs en prévision de la prochaine crise qu'ils provoqueront. Mais bon, les ultra-libéraux comptent sur l'état en cas de problème même si l'état ne doit (disent-ils) jamais intervenir.
Réponse de le 13/03/2014 à 21:33 :
@johnmckagan

Vous en connaissez beaucoup des ultra-libéraux? Aujourd'hui ce sont surtout des keynésiens qui dirigent l'économie en imprimant de la dette pour soit disant stabiliser l'économie. Cela arrange autant la finance que la politique!

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