Krach à la Bourse de Zurich après l'abandon du plancher du franc suisse

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Parmi les principales valeurs helvétiques qui accusaient le coup de la décision de la BNS, les banques UBS et Credit Suisse cédaient respectivement 11,3% et 5,7%.
Parmi les principales valeurs helvétiques qui accusaient le coup de la décision de la BNS, les banques UBS et Credit Suisse cédaient respectivement 11,3% et 5,7%. (Crédits : Reuters)
L'indice SMI du marché des actions helvétique chutait de 9,7% à 13h, après un plongeon à -12%, sa plus forte baisse depuis 2008.

Publié le 15/01/2015 à 13:05. Mis à Jour le 15/01/2015 à 17:32.

Mercredi 14 janvier, la  Banque nationale suisse (BNS) a abandonné le taux plancher entre le franc hélvétique et l'euro en vigueur depuis trois ans. Selon Salman Ahmed, analyste pour la banque privée suisse Lombard Odier, "cette décision semble être une anticipation du lancement du programme de quantitative easing de la BCE". Elle permet à la BNS de "gagner de la souplesse dans sa politique économique sans être affecté par la politique de la BCE, au moins à court terme".

Mais cela a provoqué un bond du franc face à la devise européenne et à d'autres grandes devises, et n'a pas plu au marché des actions suisse. Celui-ci accusait jeudi 15 janvier au matin sa plus forte baisse depuis 2008.

Une chute de plus de 12%

L'indice SMI du marché helvétique chutait de 12,04% à 12h30 puis de 9,7% à 13h27, du jamais vu depuis 1991.

Parmi les principales valeurs helvétiques qui accusaient le coup de la décision de la BNS, les banques UBS et Credit Suisse cédaient respectivement 13,24% et 14,26%. Les 10 plus fortes baisses étaient toutes des valeurs suisses.

La Bourse de Paris reculait alors de 0,41%. L'indice Cac 40 perdait 17,51 points à 4.205,73 points, dans un volume d'échanges de 2,4 milliards d'euros.

La Bourse suisse a finalement clôturé en baisse de 8,67% à à 8.400,61 points.

Les marchés pris de court

"La Banque nationale suisse (BNS) a pris les marchés par surprise en abolissant la politique de taux plancher sur le cours de l'EURCHF et en abaissant son taux directeur à -0,75%. C'est littéralement un choc sur le marché des changes avec une chute de plus de 30 % de l'EURCHF. Cette annonce peut être qualifiée d'un cygne noir sur le marché comme la volatilité est extrême sur le franc suisse, ce qui fait chuter l'indice boursier SMI. Au-delà de cette volatilité, les traders noteront que de la disparition du taux plancher sur l'EURCHF entraînera très probablement une diminution de la corrélation entre le taux de change de l'euro et celui du franc suisse sur le Forex. Du fait de la stabilité de l'EURCHF entre 2012 et 2014, cette corrélation s'élevait à environ 0,98.", explique Adrian Raymond, Analyste DailyFX pour FXCM.

>>Le franc suisse à la parité avec l'euro après l'abandon du cours plancher

Les entreprises suisses, la Pologne et la Croatie fortement touchées

  • Les grands groupes de luxe suisses fortement affectés

Les principaux groupes de luxe suisses subissent le contrecoup. Les prix à l'export devraient flamber, alors que les actions s'effondrent. En première ligne, Swatch mais aussi le groupe de luxe Richemont (Piaget, Baume et Mercier, Montblanc etc.) en subissent directement le contrecoup à la Bourse de Zurich. L'action du premier, qui exporte presque toute sa production, chutant de 15,95% à 384,10 francs en début d'après-midi.

Egalement, vers 16h50, le cimentier suisse Holcim connaissait une baisse de 10,5%.

  • 700.000 ménages inquiets en Pologne

La décision de la BNS a levé un vent de panique en Pologne où quelque 700.000 ménages détiennent des crédits immobiliers libellés en devise helvétique. Le zloty a décroché de près de 20% face au franc. La bourse de Varsovie chutait jeudi de quelque 2% à la mi-journée.

  • La monnaie croate décroche de près de 17%

La devise croate, la kuna (HRK) décrochait également, de près de 17% face au franc suisse. Selon l'association Franak, quelque 60.000 particuliers en Croatie remboursent encore leurs crédits - essentiellement des prêts immobiliers -, libellés en francs suisses et cette hausse de sa valeur affectera entre 200.000 et 300.000 personnes de ce petit pays de 4,2 millions d'habitants.

Des conséquences positives pour les frontaliers

L'annonce de la BNS a fait le bonheur des frontaliers travaillant enSuisse, dont le pouvoir d'achat dans la zone euro a bondi de près de 30% en quelques minutes. Quelques minutes plus tard, le gain n'était plus que de 20%, car l'euro a légèrement remonté, pour se stabiliser à 1,05 francs suisses.

 Quelque 280.000 frontaliers travaillent en Suisse. La moitié d'entre eux, soit 140.000 habitent en France, 20% en Allemagne et 23% en Italie.

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Commentaires
a écrit le 18/01/2015 à 9:19 :
2015 va être une année particulière avec des changements forts. Le changement c'est maintenant ! ! ! ! !
a écrit le 16/01/2015 à 8:11 :
Les marches sont regis par les banques centrales et QE....casino financier truqué
a écrit le 15/01/2015 à 17:18 :
C'est maintenant le moment idéal pour Nestlé de racheter L'Oréal
a écrit le 15/01/2015 à 16:31 :
je n'avais pas idée qu il y avait autant de gens qui faisaient des prêts en devises étrangères, on apprend tous les jours:-)

Ca va faire réfléchir un peu les Allemands sur une sortie de l'Euro de leur pays.

Ce début d'année 2015 donne le vertige et le mois de janvier est loin d être fini...
a écrit le 15/01/2015 à 16:19 :
Pour les particuliers, ceux qui ont des dettes en CHF sont b..., ceux qui ont des avoirs (patrimoines et épargne) se frottent les mains.
Au niveau macroéco, les secteurs suisses en concurrences avec les européens et US sont b...., les secteurs non-concurentiels (ex Rolex) se frottent les mains.
a écrit le 15/01/2015 à 14:59 :
Quels impacts pour les Suisses?
Réponse de le 15/01/2015 à 16:06 :
Ils viennent de gagner un bon de réduction de 10% sur leurs achats en zone euro. Pour ceux qui on des actions ils sont perdants si ils n'ont pas déjà vendu. Le QE de la BCE n'a pas encore eu lieu, là c'est de l'anticipation. Quid si ça ne se fait pas? Les allemands n'ont rien a y gagner, pas sur qu'ils cèdent. Le QE = poursuite de la dérive budgétaire a prévoir. Quelqu'un pour rembourser un jour? Monétisation de la dette? Défaut?
Réponse de le 15/01/2015 à 16:16 :
Pour les particulier, ceux qui ont des dettes libellées en CHF sont b...., ceux qui ont des avoirs ou créances en CHF se frottent les mains.
Au niveau macro-économique, les secteurs suisses en concurrences avec les européens et US sont b...., les autres (secteurs non-concurrencés ex Rolex) se frottent les mains.
a écrit le 15/01/2015 à 13:52 :
La baisse du marché suisse, pour ceux qui font leurs comptes en USD ou euro, est plus que compensée par la revalorisation du CHF. Ceux qui souffrent sont les Suisses..et bien sur tous les exportateurs (50 pour cent de l'économie suisse est non financière).
a écrit le 15/01/2015 à 13:40 :
Et le krach des matières premières ?

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