HDF Energy décroche un soutien massif de l'Europe pour ses piles à hydrogène
Pierre Cheminade, avec AFP

L'usine de piles à combustible d'HDF Energy, à Blanquefort (Gironde), a été inaugurée fin mai.
HDF Energy
Pierre Cheminade, avec AFP

L'usine de piles à combustible d'HDF Energy, à Blanquefort (Gironde), a été inaugurée fin mai.
HDF Energy
« Cette annonce est une étape décisive dans notre mission de décarboner la mobilité lourde maritime et ferroviaire grâce à l'hydrogène. Elle marque aussi la reconnaissance par la puissance publique de l'expertise des équipes de HDF Energy », se félicite Hanane El Hamraoui, directrice générale adjointe et directrice industrielle de l'entreprise bordelaise. L'obtention de l'aide avait déjà été dévoilée fin mai lors de l'inauguration de l'usine de piles à hydrogène de forte puissance à Blanquefort, près de Bordeaux. Mais le montant - « de plusieurs dizaines de millions d'euros » - était encore tenu secret.
C'est finalement un montant colossal de 172 millions d'euros qu'HDF Energy a décroché dans la 4e vague du Projet important d'intérêt européen commun (PIIEC en français, IPCEI en anglais), qui, en jargon bruxellois, désigne les nouvelles subventions accordées aux industries émergentes travaillant sur des secteurs de rupture, notamment sur les technologies permettant la sortie des énergies fossiles et la transition énergétique.
Ce quatrième volet d'aide débloqué le 28 mai, d'un montant global de 1,4 milliard d'euros, est attribué au total à onze entreprises de sept pays européens, dont des PME innovantes comme HDF Energy, mais aussi des géants mondiaux comme Airbus, BMW, ou Michelin, ou des filiales européennes du groupe américain de gaz industriels Air Products.
Rien que dans l'hydrogène, depuis 2022, les États de l'Union européenne réunis dans les programmes PIIEC ont déboursé au total 19 milliards d'euros d'aides publiques en quatre vagues successives, pour encourager le développement industriel du secteur de l'hydrogène vert sur le Vieux Continent et susciter de l'investissement privé. L'an dernier, l'entreprise McPhy, spécialiste des équipements de production et distribution d'hydrogène, avait reçu une subvention de 114 millions d'euros.
La quatrième vague est baptisée Hy2Move. Elle intervient après le premier volet (Hy2Tech, en juillet 2022 d'un montant de 5,4 milliards d'euros, qui a notamment aidé beaucoup de projets d'installations d'usines d'électrolyseurs pour fabriquer de l'hydrogène vert), le deuxième volet Hy2Use d'un montant de 5,2 milliards d'euros en septembre 2022. Le troisième, en février 2024, (Hy2Infra) d'un montant de 7 milliards d'euros a aidé une trentaine d'entreprises, notamment des installations de stockage et terminaux de manutention ainsi que des conduites.
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Cette aide est une très bonne nouvelle pour HDF Energy qui, avec le ralentissement global du marché de l'hydrogène, a été contrainte fin 2023 de reporter ses objectifs de développement.
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L'entreprise fabrique des piles à combustible de forte puissance qui transforment l'hydrogène en électricité. De 100 emplois directs à Blanquefort, elle compte passer à 500 à partir de 2030. La production en série de piles de grand calibre (de 1,5 à 10 MW) doit débuter en 2026 après un processus de pré-série en 2025. Elles serviront à produire de l'électricité pour décarboner le secteur de la mobilité lourde : locomotives de fret à hydrogène — un marché mondial estimé à 100 milliards de dollars — et navires, trop gros pour utiliser des batteries. Des projets sont déjà en cours avec Captrain, filiale de la SNCF, et ABB Marine international. Reliées à des sources d'électricité éolienne ou solaire, elles alimenteront aussi des réseaux électriques en remplacement d'anciennes centrales au charbon ou au fuel.
Pierre Cheminade, avec AFP