Les armées vont dépenser 268 milliards d'euros sur la période 2024-2030 pour s'équiper en matériels, dont 100 milliards destinés aux grands programmes d'armement. La marine nationale et l'armée de l'air ont sauvé les meubles, contrairement à l'armée de terre.La future loi de programmation militaire (LPM), qui couvre la période 2024/2030, va en principe consacrer 268 milliards d'euros pour équiper les trois armées si les budgets jusqu'en 2030 sont exécutés à l'euro près. Cela représente un bond de 55% par rapport à la précédente LPM 2019-2025 (172,8 milliards d'euros). Soit près de 100 milliards d'euros de plus d'une LPM à l'autre. C'est à la fois colossal et à la fois pas assez. Un paradoxe hérité des prédécesseurs d'Emmanuel Macron qui ont beaucoup trop désinvesti dans la défense. Ces 268 milliards sont en grande partie découpés ainsi : entretien programmé du matériel (49 milliards, contre 35 pour la précédente LPM), les grands programmes (100 milliards, contre 59 milliards), autres opérations d'armement (13 milliards, contre 11 milliards), études amont (7,5 milliards, contre 6,8 milliards).
La Marine et l'armée de l'air préservées
Si l'armée de terre semble être celle qui est contrainte à faire le plus d'efforts, la marine nationale et l'armée de l'air ont réussi à sauver les meubles. Les marins ont préservé le quatrième bâtiment ravitailleur de forces (BRF), fabriqué par les Chantiers de l'Atlantique qui faisait partie des pistes d'économies possibles. Mais il arrivera dans la flotte après 2030. Ils ont également réussi à faire confirmer le porte-avions de nouvelle génération (PANG), qui sera mis en service après 2035, à l'horizon 2037/2038. En dépit de la multiplication des missions de la marine nationale, son format ne change pas pour ses équipements les plus emblématiques fin 2030 : 41 Rafale, 3 avions de guet aérien, 15 frégates de premier rang (8 FREMM, 2 frégates de défense aérienne, 3 FDI et 2 frégates La Fayette rénovées ), six sous-marins Barracuda et trois portes-hélicoptères.
En revanche, la capacité hydrographique de la marine nationale perd un bâtiment entre fin 2023 (trois bâtiments hydrographiques et un bâtiment océanographique) et fin 2030, qui verra entre temps la mise en service d'une nouvelle capacité hydro-océanographique future (CHOF), composée de deux bâtiments hydrographiques de nouvelle génération (BH NG) et d'un bâtiment océanographique, qui sera retiré du service avant 2035. La marine aura également moins d'avions de patrouille maritime Atlantique 2 (ATL2) entre fin 2023 (22 appareils) et fin 2030 (18). Fin 2035, le ministère anticipe également une flotte de 18 appareils, dont trois systèmes de patrouille maritime futur (Patmar).
Enfin, la marine va investir dans les drones. Ainsi, elle va se doter d'une capacité accrue dans le domaine de systèmes de drones aériens marine (SDAM). Elle va passer de trois exemplaires fin 2023, à huit fin 2030 et à au moins 15 à l'horizon 2035. C'est également le cas pour les drones dans le cadre du programme de la lutte anti-mines (SLAM-F). La marine aura huit systèmes de drones à l'horizon 2035, contre respectivement un et six systèmes en 2023 et 2030. La marine pourra disposer de six Bâtiments de guerre des
mines (BGDM) contre trois fin 2030 (huit fin 2023).