Budget : « Sans moyens, j'en tirerai les conclusions », met en garde la ministre de la Transition écologique

Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique du gouvernement Barnier (photo d'illustration)
Reuters

Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique du gouvernement Barnier (photo d'illustration)
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Une mise en garde de la ministre de la Transition écologique et de l'Energie. Interrogée au micro de BFMTV ce vendredi matin, Agnès Pannier-Runacher a averti que si son ministère n'avait pas « les moyens de son action » dans le budget 2025, elle en tirerait « les conclusions ». Comprendre... quitter son ministère. A plusieurs reprises, la ministre a insisté sur l'importance d'avoir un budget 2025 « qui prenne en compte l'adaptation au dérèglement climatique » en France.
« Le budget de l'adaptation et la baisse des gaz à effet de serre n'est, pour l'instant, pas à la hauteur », a ainsi déploré la ministre. Un reproche en filigrane au Premier Ministre Michel Barnier ? « Je lui fais confiance, je sais qu'il va prendre des mesures sur le sujet, cela fait partie des priorités listées lors de son arrivée à Matignon », a-t-elle répondu.
Pour elle, le cœur de la bataille se trouve plutôt au Parlement en ce moment, l'examen en Commission des Finances au Palais Bourbon ayant démarré mercredi. « J'espère que le budget sera amélioré par les parlementaires », a-t-elle insisté. « Il le faut, car il y a urgence. Nous sommes à un niveau inédit des catastrophes naturelles, et nous n'avons pas terminé l'année », s'inquiète la ministre.
Et d'évoquer dans la foulée de cette déclaration son avenir au sein du gouvernement : « Je veux travailler aux moyens d'action pour mon ministère. Si je ne les ai pas, j'en tirerai les conclusions », car « dans toute action d'un ministre, il faut se souvenir de là où on habite »
Pour appuyer son propos, Agnès Pannier-Runacher a insisté sur la cause fondamentale des inondations qui ont touché de nombreuses localités françaises. « Ce sont des épisodes liés au réchauffement climatique. Nous devons malheureusement nous y habituer, nous devons nous armer face à la situation », a-t-elle souligné. Avant de confirmer que l'état de catastrophes naturelles allait « être rapidement déclaré », une mesure clé pour déclencher les assurances des sinistrés.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Dans le cadre de la gestion de cette crise, un dispositif d'alerte spécifique, via une notification sur les smartphones, a d'ailleurs été utilisé. Mais dans certains endroits, celui-ci se serait déclenché un peu tard. La ministre de la Transition écologique a répondu à ce sujet : « Ce système a fonctionné globalement. Mais avec le changement climatique, la modélisation de l'évolution des cours d'eau, que l'on connaissait jusque-là, n'est plus adaptée. Il faut l'améliorer. »
Interrogée sur les économies prévues dans le cadre du Budget 2025, la ministre a estimé qu'il est « normal que chacun fasse des efforts ». « Mais je tiens à rappeler ceci : avec la multiplication des catastrophes naturelles ces dernières années, on dépense pour réparer. Ce n'est pas une bonne gestion financière, selon moi. On peut plutôt dépenser pour préparer le pays au changement du climat, cela nous coûtera moins cher », a-t-elle martelé.
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Et la ministre de mettre en avant un point : le fonds vert pour le climat, créé par l'ex-locataire de Matignon Elisabeth Borne, qui s'est vu pour le moment amputé d'une partie de ses crédits par le projet de budget du gouvernement (-1,5 milliards d'euros). « Ce dispositif est très plébiscité par les collectivités territoriales, il faut être à la hauteur, il faut que ce fonds soit davantage abondé », conclut-elle.