Selon un sondage Harris Interactive que nous dévoilons en exclusivité, 86 % des Français sont inquiets des effets du changement climatique.Pendant ces jours de grand froid, les Français y penseront peut-être moins mais, selon un sondage commandé par le ministère de la Transition écologique à l'institut Harris Interactive et révélé par La Tribune Dimanche, 86 % de la population se dit inquiète face au réchauffement de la planète. C'est même leur principal sujet de préoccupation après le pouvoir d'achat et devant l'insécurité, le système de santé ou les guerres dans le monde.
L'enquête effectuée en ligne début janvier auprès d'un échantillon représentatif de quelque 2 000 personnes démontre que quatre Français sur dix se sentent même très inquiets. 70 % affirment avoir personnellement constaté les effets du changement climatique là où ils habitent au cours des dernières années.
Autre enseignement du sondage : s'adapter aux conséquences du changement climatique est jugé nécessaire par plus de neuf sondés sur dix. Et une action nationale dans ce domaine est jugée comme importante par 93 % des Français. La majorité (57 %) y voit même une priorité pour le pays, alors que six sur dix considèrent que les mesures déjà existantes sont trop peu nombreuses.
Une cinquantaine de mesures
Des pourcentages qui confortent la volonté d'agir du ministre de la Transition écologique. Christophe Béchu organise le 23 janvier un événement baptisé La France s'adapte, visant à « poser la première pierre » du troisième Plan national d'adaptation au changement climatique. Annoncé pour l'été 2024, il vise à préparer le pays au scénario retenu dans la trajectoire de réchauffement de référence pour l'adaptation au changement climatique, publiée à l'automne dernier. À savoir une augmentation moyenne de 4 °C des températures en France métropolitaine entre 1900 et 2100. Une perspective jugée réaliste par 59 % des sondés, mais taboue sur la scène politique jusqu'à ce que Christophe Béchu l'assume publiquement le 30 janvier 2023. « Cela a été reçu par un certain nombre d'observateurs comme la preuve d'un renoncement, dit aujourd'hui le ministre de la Transition écologique. Mais tous les experts nous disent que, compte tenu des émissions mondiales, nous ne sommes pas sur la bonne trajectoire. »
César Armand et Giulietta Gamberini