Liquidités abondantes cherchent placements rémunérateurs

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Selon Boston Consulting Group, les volumes monétaires américains disponibles ont grimpé de 2.350 milliards d'euros depuis début 2007.

Jamais les liquidités disponibles sur les marchés financiers n'ont été aussi élevées qu'aujourd'hui. Selon le cabinet Boston Consulting Group (BCG), les encours monétaires pour les fonds domiciliés en Europe frôlaient les 1.200 milliards d'euros à fin août 2011, à 1.112 milliards d'euros exactement. Un montant historique presque trois fois plus élevé que les 407 milliards d'euros recensés en 2000. Outre-Atlantique, la configuration est différente : le dernier pic remonte à 2008 avec une somme d'encours monétaires qui avait atteint 2.818 milliards d'euros à l'époque pour redescendre jusqu'à 1.933 milliards d'euros en septembre dernier. " Les détenteurs de cash ont préféré reporter leurs actifs monétaires sur des comptes à termes, les fonds monétaires apparaissant comme ?risqués? du fait de la crise bancaire en Europe", commente Hélène Donnadieu, directrice de projets chez BCG.

Bilans assainis

D'ailleurs, la spécialiste souligne que les volumes monétaires américains disponibles, incluant l'argent en circulation, les comptes bancaires courants, les comptes à terme et les fonds monétaires, ont grimpé d'environ 2.350 milliards d'euros depuis début 2007, pour atteindre 7.716 milliards d'euros en octobre. Cette abondance de capitaux immobilisés est d'autant plus étonnante que le loyer de l'argent évolue à des planchers historiques de part et d'autre de l'Atlantique.

D'après Franck Nicolas, directeur de l'allocation d'actifs chez Natixis Asset Management, elle provient "à la fois des entreprises, dont les bilans regorgent de trésorerie, mais qui hésitent encore à se relancer dans des investissements par manque de visibilité, des banques centrales ayant créé des liquidités mais les ayant instantanément investies dans leurs propres obligations longues pour aplatir les courbes de taux, et des acteurs soumis à des contraintes réglementaires comme les banques, les assurances et les fonds de pension qui doivent dégager de la liquidité pour renforcer leur solvabilité".

Pour lui, "les incertitudes entourant à la fois l'évolution de la crise de la dette souveraine et la croissance économique en 2012 ne militent pas en faveur d'un net retour vers des classes d'actifs risquées". Il pense néanmoins que "si les zones d'ombre venaient à se dissiper, le compartiment des obligations d'entreprises pourrait être le premier à en profiter". Et d'ajouter : "Il faudrait, ensuite, que la situation s'améliore plus nettement pour que l'on assiste à un rebond durable des marchés d'actions". Reste que pour l'heure, une fois retraités de l'inflation et des frais de gestion, les taux de rendements réels sont désormais négatifs sur le compartiment monétaire.

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