Parité : 118 entreprises de plus de 1.000 salariés en "alerte rouge"

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Parler des effets des inégalités une fois le 8 mars est insuffisant pour changer les réalités toute l'année a rappelé Muriel Pénicaud
"Parler des effets des inégalités une fois le 8 mars est insuffisant pour changer les réalités toute l'année" a rappelé Muriel Pénicaud (Crédits : Reuters)
Selon la ministre du Travail Muriel Pénicaud, seulement 732 grandes entreprises sur 1.460 ont publié leur index de l'égalité entre les hommes et les femmes alors qu'elles ont l'obligation de le faire depuis le premier mars. Parmi elles, 118 ne respectent pas l'obligation légale de parité dans ce type d'entreprise.

A l'occasion de la publication des premiers résultats de l'index de l'égalité professionnelle ce mardi 5 mars, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a indiqué que sur le panel d'entreprises ayant répondu, 118 sont passibles de sanctions si elles ne corrigent pas leur situation. Depuis le premier mars dernier, les sociétés ayant plus de 1.000 salariés ont l'obligation de publier leurs résultats relatifs à cet indice qui regroupe cinq critères mesurant les inégalités entre les hommes et les femmes à l'intérieur de l'entreprise.

Sur l'ensemble du territoire français, 1.460 entreprises comptent plus de 1.000 salariés (soit 4,9 millions de salariés). Sur ce total, 732 ont publié leurs résultats. Ce qui signifie que la moitié environ n'ont pas respecté leurs obligations légales. Pour celles qui ne publieront pas leur index, "la loi autorise à sanctionner financièrement", a rappelé Muriel Pénicaud. Interrogé sur des noms d'entreprise, l'entourage de la ministre répond qu'il ne faut pas s'adonner au "name and shame". La ministre a tout de même affirmé que des filiales de Renault, Thalès et Safran ne respectaient pas la loi. Dans les entreprises où l'Etat est actionnaire, la locataire du ministère du Travail a indiqué que l'APE (agence des participations de l'Etat) serait saisie. Lors d'une conférence de presse, la ministre a déclaré :

"L'égalité professionnelle n'est malheureusement pas un thème nouveau. La loi qui impose à travail égal/salaire égal a 47 ans et pourtant il y a toujours 9% d'écart à travail égal, 25% d'écart sur la carrière. Le parti pris est de porter une dynamique où tous les acteurs sont amenés à progresser. Parler des effets une fois le 8 mars est insuffisant pour changer les réalités toute l'année."

> Lire aussi : Inégalité salariale : les femmes gagnent 20% de moins que les hommes

Cinq critères à respecter

La direction générale du travail en coopération avec les partenaires sociaux à élaborer cet outil qui permet d'obtenir une note finale sur 100 points. L'indice est construit à partir de cinq critères :

1- Les écarts de rémunération entre les hommes et les femmes (40 points);
2- Les écarts des taux d'augmentation individuelle (20 points);
3- Les écarts de taux de promotion (15 points);
4- La part des salariées ayant bénéficié d'une hausse dans l'année après le retour du congé maternité (15 points);
5- La parité parmi les 10 plus hautes rémunérations (10 points ).

Pour la CFDT, il faut "analyser finement les différents éléments mesurés par l'index". "Une note globale satisfaisante peut masquer des réalités très disparates et des situations très discriminantes", estime-t-elle dans un communiqué. Le syndicat réformiste "ne considère pas qu'une note au-dessus de 75 soit un gage d'exemplarité absolue en matière d'égalité salariale ni un blanc-seing pour ne rien faire sur le sujet".

Une prise de conscience difficile

Parmi les premiers enseignements dressés par les services du ministère du travail, "la prise de conscience et la transparence sont difficiles pour la moitié des entreprises." D'après madame Pénicaud, les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) "respectent plutôt bien le principe à travail égal, salaire égal." Sur les écarts de rémunération et les écarts d'augmentation, les entreprises qui ont répondu ont obtenu en moyenne et respectivement 37/40 et 18/20. Concernant les écarts de promotion, la note moyenne est de 14/15.

En revanche, si les grandes entreprises respectent "plutôt assez bien", le critère de rémunération, elles ont plus de difficultés avec la présence de femmes dans les hautes rémunérations. La note moyenne correspondant à la parité du top 10 est de 3/10. Ainsi 365 entreprises (soit la moitié de celles qui ont répondu) ont zéro à l'indicateur 5, "ce qui signifie qu'elles ont moins de deux femmes parmi les 10 plus hautes rémunérations". Sur le total des entreprises interrogées, 114 obtiennent la note de 10/10. Parmi les mauvaises élèves, 118 entreprises ont moins de 75 points et se retrouvent en "alerte rouge". De plus, "un quart des entreprises" ne respectent pas la loi de 2006 sur le congé maternité qui prescrit à l'employeur de faire bénéficier des augmentations intervenues pendant cette période.

Élargissement en perspective

Le gouvernement ne compte pas en rester là. Le premier septembre prochain, les entreprises ayant entre 250 et 1.000 salariés devront également publier leurs résultats. Et quelques mois plus tard, ce sera au tour des entreprises ayant entre 50 et 250 salariés. L'élargissement du dispositif à un grand nombre d'entreprises pourrait révéler des écarts encore plus considérables si des sanctions ne sont pas appliquées dans les mois à venir pour les plus grands groupes.

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Commentaires
a écrit le 08/03/2019 à 9:20 :
Pipeau repondit l'echo:

Loi travail :

Une fois les ordonnances approuvées, le droit d’expertise consacré à l’égalité entre les femmes et les hommes – instauré en 2015 pour aider les élus du personnel et les syndicats à identifier les sources des inégalités est maintenant cofinancé par les comités d’entreprise. Jusque-là, le financement de cette « vigie » du droit des femmes incombait à l’employeur.Selon les associations et les syndicats, c’est « l’ensemble des outils pour négocier l’égalité professionnelle en entreprise » qui est écorné par les ordonnances. La nouvelle réforme du travail prévoit notamment que les employeurs ne seront plus sanctionnés en cas de non-respect de la loi Roudy, adoptée en 1983. Un texte qui impose une négociation annuelle baptisée « égalité professionnelle qualité de vie au travail » et oblige l’entreprise à fournir des données aux salariés sur les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes.Au-delà de l’absence de sanctions en cas de refus d’ouvrir des négociations et de fournir ces données, les ordonnances prévoient qu’un accord d’entreprise, et non plus un accord de branche, permette aux employeurs « de passer d’une négociation annuelle à une négociation quadriennale », et de « choisir les données sur l’égalité à transmettre ou non », détaille la tribune, avalisée par des juristes spécialisés en discrimination. A titre d’exemple, les négociations des temps partiels, « qui concernent à 82 % des femmes », entrent dans ce cadre.en lumière que les femmes seront en situation de faiblesse pour négocier les « droits familiaux », comme les congés pour enfant malade, l’allongement du congé maternité ou encore les mesures de protection des femmes enceintes. « Demain, ces protections sont renvoyées à l’accord d’entreprise, où le rapport de force est bien moins favorable, notamment dans les plus petites, dans lesquelles les femmes sont majoritaires.La disparition du CHSCT (le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail), qui permet de prévenir les violences sexuelles au travail. « Vingt pour cent des femmes déclarent avoir déjà subi du harcèlement sexuel sur leur lieu de travail.
a écrit le 06/03/2019 à 17:30 :
Ben souvent les salaires qu'on a eu sont ceux qu'on éxigé car on a soit du boulot ailleurs ou que plus ou moins on s'est déplacé, ou déménagé pour le prendre, les femmes sont bien moins adeptes du risque, c'est donc normal que les salaires soient différents, par contre quand les nanas sont dynamiques mobiles disponibles tout comme les hommes j'ai rarement vu de différences.
Perso en maintenance comme technicien supérieur, la question ne s'est jamais posée, il n'y a pas de femmes dans ces métiers, c'est même dommage.
a écrit le 06/03/2019 à 14:38 :
Il n'y a en France que 1460 entreprises de plus de 1000 salariés. Triste constat d'un pays en voie de paupérisation.
Réponse de le 06/03/2019 à 18:21 :
Comme il n'y avait que 300 000 français qui étaient redevables de l'ISF avant sa suppression. La France est un pays de pauvres, les chiffres en sont la démonstration. En Allemagne avec les mêmes seuils, près d'un million de foyers seraient redevables de l'ISF, sachant que de plus l'immobilier est moins valorisé qu'en France.
a écrit le 06/03/2019 à 12:34 :
cela fais 40ans que cela dure le travail feminin a toujours etais considerer par le patronnas comme un salaire d appoint: resultat celui des hommes n augmente que rarement et reste tres bas et celui des femmes na pas etais revaloriser depuis des decenies? esque qu une femme vas pouvoir changer les chosses on verras, les promesses n engagent que ceux qui y croies???
a écrit le 06/03/2019 à 10:33 :
Et l’Etat, toujours prêt à faire la leçon à tout le monde, respecte-t-il tous les critères liés à la parité ??? Curieux que Mme Pénicaud n’en dise rien !!! L’Etat, c’est quand même plus de 5 millions d’employes ......
a écrit le 06/03/2019 à 10:02 :
pas 118 mais 846, puisque 728 ne se sont pas conformés à l'obligation légale de publication. soit un taux de criminalité de 57%.

Avant de vouloir généraliser le bazar à toutes les entreprises de France et de Navarre, ce serait déjà bien que Pénicaud fasse régner la loi dans celles de plus de 1000 en les faisant sanctionner.... On attend.

Comme la plupart des mesures de ce gouvernement , elle pue la technocratie, avec des index incompréhensibles qui vont donner des migraines à ceux et celles qui vont devoir passer des heures à compiler des données aussi fumeuses que les "écarts de taux de promotion...".

Je pense que la mesure ne passera pas le quinquennat.
a écrit le 06/03/2019 à 2:59 :
Faudrait dire a cette dame de changer de coiffeur, de s'appreter quelque peu.
On dirait un epouvantail.

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