Grève des fonctionnaires : le point des perturbations attendues mardi

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Hier dans Libération,  le secrétaire d'État à la Fonction publique, Olivier Dussopt, a martelé que le gouvernement ne touchera pas au statut des fonctionnaires - il y aura seulement des ajustements et une modernisation. Mais Pascal Pavageau, numéro un de FO et issu de la fonction publique, est resté sceptique, s'attendant à un statut peau de chagrin: On est dans une logique de dogme, d'idéologie, qui est de casser le bien public, pour pouvoir ensuite notamment privatiser.
Hier dans "Libération", le secrétaire d'État à la Fonction publique, Olivier Dussopt, a martelé que le gouvernement ne touchera pas au statut des fonctionnaires - il y aura seulement des "ajustements" et "une modernisation". Mais Pascal Pavageau, numéro un de FO et issu de la fonction publique, est resté sceptique, s'attendant à un "statut peau de chagrin": "On est dans une logique de dogme, d'idéologie, qui est de casser le bien public, pour pouvoir ensuite notamment privatiser". (Crédits : Reuters)
Portes fermées, services au ralenti ou avions cloués au sol : la mobilisation unitaire mardi 22 mai dans la fonction publique entraînera des perturbations dans les crèches ou les écoles mais aussi dans les transports aériens, ferrés, routiers, dans la distribution d'énergie, la santé, les services sociaux, ou à Pôle emploi.

Pour la troisième fois depuis l'élection d'Emmanuel  Macron, les fonctionnaires battent le pavé et font grève mardi, pour défendre leur statut et s'opposer à la future réforme du gouvernement, qu'ils perçoivent comme une "attaque".

Et l'opération déminage, tentée hier dans Libération, par le secrétaire d'État à la Fonction publique, Olivier Dussopt, qui a martelé que le gouvernement ne touchera pas au statut des fonctionnaires - il y aura seulement des "ajustements" et "une modernisation"-, n'empêchera évidemment pas les 130 à 140 manifestations programmées partout en France de se dérouler.

Lire aussi : "Il n'y aura pas de remise en cause" du statut des fonctionnaires (Olivier Dussopt)

Face à ces nuances avancées par Olivier Dussopt, Pascal Pavageau, numéro un de FO et issu de la fonction publique, est resté sceptique, s'attendant à un "statut peau de chagrin".

"On est dans une logique de dogme, d'idéologie, qui est de casser le bien public, pour pouvoir ensuite notamment privatiser".

Le plan choc du gouvernement vise 120.000 suppressions de postes

Pour rappel, en février, le gouvernement français a proposé de lancer un plan de départs volontaires pour les fonctionnaires qui souhaiteraient partir en raison des réformes qu'il compte engager. L'objectif reste de réduire le nombre d'agents de 120.000 d'ici à la fin du quinquennat, dont 50.000 dans la fonction publique de l'Etat, a précisé Matignon. On comptait, selon les chiffres OCDE, environ 5,8 millions d'agents publics fin 2015, soit 1 salarié sur 5 (environ 88,5 pour 1.000 habitants).

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[Cliquez sur le graphique pour l'agrandir. Source OCDE. Crédit : Statista*]

La baisse du nombre de fonctionnaires sera un des leviers pour réduire comme promis les dépenses publiques de trois points de PIB d'ici 2022, soit plus de 60 milliards d'euros. Certaines missions assurées aujourd'hui par l'Etat pourraient être abandonnées.

Lire aussi : Fonctionnaires : le plan choc du gouvernement vise 120.000 suppressions de postes

Mobilisation unitaire

Mardi 22 mai, le fonctionnement des écoles et collèges sera donc perturbé, de même que l'accueil des tout-petits dans les crèches. Des avions seront cloués au sol et des coupures de courant sont à prévoir. La mobilisation unitaire mardi dans la fonction publique entraînera des perturbations dans les crèches ou les écoles mais aussi dans le transport, l'énergie, la santé ou à Pôle emploi.

Éducation (crèches, écoles maternelles et primaires, collèges et lycées)

L'accueil des tout-petits dans les crèches - un service municipal ou départemental hormis les établissements privés - sera perturbé avec des horaires d'ouverture restreints, comme dans une crèche du XVIIIe à Paris, ou des fermetures partielles ou totales, comme à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne).

Côté maternelles et écoles primaires, le principal syndicat du secteur, le Snuipp-FSU, table sur une participation équivalente à celle de la précédente journée de mobilisation, le 22 mars, à savoir quelque 20 % de grévistes.

Que les professeurs fassent cours ou non, accueils périscolaires et cantines seront chahutés.

Dans les collèges et lycées, le mouvement "devrait être suivi mais il y a une petite interrogation au lycée car plusieurs mardis ont déjà sauté et il y a un programme à terminer avant les révisions du bac", souligne Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU.

Transports ferroviaire, aérien, routier (passagers et marchandises)

Dans le transport ferroviaire de passagers, le prochain épisode de grève à la SNCF à l'appel des syndicats CGT, Unsa et CFDT ne débute que mardi soir. Mais SUD-Rail, qui a déposé un préavis de grève illimitée, appelle ses troupes à se mobiliser mardi avec les fonctionnaires. Localement, des cheminots se joindront aux cortèges.

Dans le transport aérien, des syndicats de contrôleurs aériens appellent à la grève sur des revendications d'effectifs, face à un trafic en hausse, de conditions de travail et de pouvoir d'achat. La Direction générale de l'aviation civile a recommandé aux compagnies aériennes de réduire de 20 % leur programme de vols à Orly, Lyon et Marseille.

Dans le transport routier, la fédération FO transports et logistique, qui menace par ailleurs d'un conflit à partir du 3 juin pour des sujets propres aux routiers, appelle à la mobilisation pour un soutenir "sans réserve les luttes" des fonctionnaires et cheminots.

Énergie (coupures de courant électrique)

Des turbulences sont à attendre dans le secteur où les quatre fédérations représentatives - CGT, CFE-CGC, CFDT et FO - appellent toutes à la grève pour la défense du service public de l'électricité. Elles citent par exemple les menaces qui pèsent sur le statut des salariés des industries électriques et gazières ou les barrages hydrauliques.

Un appel qui pourra se traduire par des baisses de la production électrique, le passage en heures creuses pour les usagers ou... des coupures de courant.

Santé, action sociale (hôpitaux et services sociaux)

Les personnels des hôpitaux et des services sociaux seront sans doute encore nombreux dans les défilés pour réclamer de meilleures conditions de travail et des effectifs plus importants. Mais la "continuité des soins" sera assurée du fait de la possibilité d'assigner les grévistes.

Autres services de l'État au ralenti

Pôle Emploi : sur fond de rumeurs autour de l'éventuelle réduction de 4.000 postes dans les trois prochaines années, les conseillers sont appelés à faire grève par huit syndicats qui jugent "inconcevable de supprimer des postes alors même que nous n'arrivons pas à accompagner tous les demandeurs d'emploi".

Prévisions maussades à Météo France : les personnels de ce service public qui a pour mission première la sécurité des personnes et des biens seront mobilisés eux aussi contre les suppressions de postes.

Postiers, salariés de la culture et de l'audiovisuel public, personnels territoriaux dans les médiathèques battront aussi le pavé.

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(*) Un graphique de notre partenaire Statista.

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INFO-SERVICE > SNCF : le calendrier des prochains jours de grève :

MAI

  • Mercredi 23 mai et jeudi 24 mai
  • Lundi 28 et mardi 29 mai

JUIN

  • Samedi 2 et dimanche 3 juin
  • Jeudi 7 et vendredi 8 juin
  • Mardi 12 et mercredi 13 juin
  • Dimanche 17 et lundi 18 juin
  • Vendredi 22 et samedi 23 juin
  • Mercredi 27 et jeudi 28 juin

(Avec AFP)

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a écrit le 22/05/2018 à 11:00 :
Je ne me souviens pas avoir vécu un mois de mai avec autant de ponts et grèves (et 'augmentation des prix)Le gouvernement et les syndicats jouent depuis trop longtemps a un jeu débile sur le dos des français.Macron plus mauvais que Hollande?C'est bien engagé
a écrit le 22/05/2018 à 10:44 :
Nombre de fonctionnaires/assimilés en 1980: 3.9 mln
(Source JO Senat 18/9/2003 page 2844)
Population Française 1980: 55.3 mln
Nombre de fonctionnaires/assimilés en 2017: 5.7 mln.
Population Française 2017: 66.9 mln
Augmentation nombre fonctionnaires/assimilés 2017/1980:1.8 mln soit + 46% par rapport à 1980 (et nous sommes à l'heure digitale)
Augmentation population 2017/1980: 11.6 mln soit + 21% par rapport à 1980 (excellent: c'est un point très fort de notre pays)
L'absentéisme dans la fonction publique/assimilés est faramineux, ce qui est logique puisque l'absentéisme augmente quand l'effectif est pléthorique (cela se voit moins)
Conclusion: on peut réduire intelligemment d'au moins 15% en global ETP le nombre de fonctionnaires/assimilés sans recourir au privé. Intelligemment signifie qu'il faut peut-être augmenter les effectifs dans certaines fonctions régaliennes et sabrer dans les autres.
Qui osera le faire ?
Cordialement
Réponse de le 22/05/2018 à 14:22 :
ça c’est une tactique de l’état FR pour cacher le «  chômage de masse Français depuis 2007 »...
Réponse de le 22/05/2018 à 15:45 :
Transformer les gens en simples chiffres.... Le rêve
Réponse de le 23/05/2018 à 6:44 :
Vos explications sont totalement découplées de ce qui a existé et existe dans cet univers. Le pays possède la fonction publique que des politiques lui on donné et ce ne sont pas les fonctionnaires qui en sont responsables.
C'est la gestion des personnels qui a causé les dysfonctionnements et le désenchantement aboutissant à l'état des lieux que vous faites.
Vous ne faites que citer des chiffres qui ne signifient absolument rien.

Chaque gouvernance a apporté des cibles et objectifs différents auxquels les gestionnaires ont été obligés de faire face en étoffant des effectifs là où se trouvaient les exigences.

J'ai été contractuel de la fonction publique de 1974 à 1979, puis fonctionnaire titulaire de 1979 à 2010.
S'il est vrai que des planqués profitaient d'un système où manquait un contrôle hiérarchique interne dans certains services avant la décennie 1990, le plus gros du bataillon des fonctionnaires travaillait sans compter ni ses heures ni son énergie ni ses efforts.

En 1980, j'ai eu à travailler jusqu'à 55 heures/hebdomadaire payées 39 au smic mais il n'existait pas le management moderne qui fliquait les personnels en inventant toutes sortes de tâches de suivi d'activités et de statistiques grosses consommatrices de temps et de moyens mis en place au cours des années 1990. Cela s'est appelé l'adéquation missions/objectifs/moyens.

A chaque réforme visant des simplifications administratives, de nouveaux lots de statistiques énergivores comblaient et dépassaient les vides créés par la réforme.

A partir de la décennie 1990 sont arrivés des chefs de service bc/bg formatés à la philosophie objectifs et flicage ne faisant plus aucune confiance et harcelant un personnel assez peu payé, car c'est bien de harcèlement dont on peut parler. Cette méthode dure de management a fixé des objectifs et un flicage qui n'ont cessé d'augmenter d'année en année. Les premières conséquences ont été le refus de dépasser le volume d'heures dues, l'apparition de la passivité et parfois même l'inertie. Toute initiative personnelle qui faisait l'excellence de la fonction a lentement disparu.

Au lieu de critiquer la fonction publique qui vous accompagne dans tous vos besoins de la vie courante, regardez donc plutôt tous les groupes, missions d'études et commissions onéreux créés sans jamais être dissous et qui n'ont pas la moindre utilité publique tout en étant budgétivores.
Vous aurez alors dépassé l'arbre qui cache la forêt.
a écrit le 22/05/2018 à 9:58 :
Jupiter Macron comme ses prédécesseurs par manque de courage de réformer en profondeur l'état et sa fonction publique (fermeture des administrations en doublons ou sans utilités, réduction massive de fonctionnaires, augmentation de la productivité flagrant dans l'enseignement, CHU..., culture du résultat, etc...) abolition des privilèges des sénateurs députés... préfère et tellement plus facile s'en prendre au plus faible sans voix en supprimant l'APL, aides diverses, etc... Une politique de minable dont le ministre Le Maire ne fait que cautionner par manque de courage de se confronter réellement aux corporatiste des syndicats publiques plus soucieux de leur nombril que de l'intérêt général. Macron et Le Maire une politique de bananier !!!
a écrit le 22/05/2018 à 9:24 :
Ces manifestations à répétition servent à détourner la colère du peuple contre des lampistes -Macron aujourd'hui comme Hollande hier et Sarkozy avant-hier- et alors que les Mélanchon, Martinez et consorts se gardent bien de réclamer la sortie de l'UE et de l'euro laissant le peuple dans l'ignorance de l'origine de la casse sociale du pays braqué par une oligarchie euro -mondialiste qui s' est largement exercée sur la Grèce après que son peuple se soit fait ..syriser par Tsypras.
L' article 106 du TFUE qui commande l' ouverture des services publics fait partie intrinsèque des GOPE 2016/17 ou feuille de route de Bruxelles, Macron l' européiste n' a pas d' autre choix, appliquer ou voir appliquer les amendes au pays France.

Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets..
https://www.zinfos974.com/10-raisons-de-sortir-de-l-Union-Europeenne_a94460.html
a écrit le 22/05/2018 à 9:11 :
Pendant que les fonctionnaires en grève traînent dans les rues, les autres Français travaillent dur pour payer les impôts qui serviront à les payer.
C'est ça, la justice sociale ?
a écrit le 22/05/2018 à 9:00 :
Macron passe en force soutenu par des médias de masse encore plus fanatiques du mac que de sarkozy, tout ce qu'il fait, tout ce qu'il dit est défendu sur tous les plateaux des grands médias.

Ça soule plus que ça convainc, et puis ça se voit à peine en plus...

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