Allocution de Macron : les élus locaux plaident pour l'accélération de la vaccination

A une heure de l'allocution du président de la République, la vaccination des soignants, voire de l'ensemble des Français, divise encore. Alors que l'économie est en train de repartir fortement, faut-il une campagne de communication sur la vaccination ? Des sujets qui font débat y compris chez les acteurs politiques de terrain.
César Armand

5 mn

Le Premier ministre Jean Castex s'est, à chaque fois, fait vacciner devant les photographes.
Le Premier ministre Jean Castex s'est, à chaque fois, fait vacciner devant les photographes. (Crédits : Reuters)

Le président de la République va-t-il contraindre les soignants à se faire vacciner ? Emmanuel Macron entend-t-il élargir le pass sanitaire aux activités sans distanciation physique ? Parlera-t-il d'économie ? Écoutera-t-il les élus locaux ?

Le vaccin pour tous, une nécessité ou une forme de sanction ?

A une heure de son allocution prévue à 20 heures ce 12 juillet 2021, ces derniers attendent beaucoup de la parole du chef de l'Etat. Dès vendredi dernier, le président de l'association des maires ruraux de France (AMRF), c'est-à-dire représentant tous les villages de moins de 3.500 habitants, s'est prononcé pour le "vaccin pour tous".

"Autrement on fait quoi ? On va utiliser un pass sanitaire et on va sélectionner les gens pour entrer dans tel ou tel établissement, dans telle ou telle structure théâtrale ou autre ?" "À un moment donné, il faut se dire "écoutez, il y a une nécessité que l'on se sorte de cette pandémie et la seule potentialité, c'est le vaccin pour tous" a plaidé Michel Fournier.

Le même jour, c'est le président (LR) de la puissante association des maires de France (AMF) qui a écrit au Premier ministre. Saluant la "grande adaptabilité" et "la très grande réactivité" des soignants, François Baroin fait part à Jean Castex de ses "réserves" .

"Il est à craindre que la mise en place d'une obligation vaccinale (des soignants) soit perçue comme une forme de sanction et pourrait renforcer, par ailleurs, encore un peu plus les difficultés de recrutement liées à ces métiers déjà fortement en tension", poursuit le maire de Troyes (Aube).

"L'économie est en train de repartir fortement"

Et ce à la différence d'un autre représentant d'édiles. Sébastien Martin, président (LR) de l'assemblée des communautés de France (AdCF), qui porte la voix des intercommunalités dans le débat public, se déclare "favorable à toute mesure d'extension de la vaccination". Lui-même étant actuellement cas contact à l'isolement, après un déjeuner où le seul non-vacciné est au lit avec 40°C de fièvre.

"'L'économie est en train de repartir fortement à condition qu'on vaccine massivement. C'est le seul moyen pour ne plus avoir à porter de masques et afin d'éviter les stop-and-go dans les restaurants. Ne cassons pas tout ça !" exhorte le président du Grand Chalon (Saône-et-Loire).

De la même manière que le patron (LR) de ce département, André Accary, porte-parole des conseils départementaux auprès du ministre de la Santé Olivier Véran, pousse à "une vaccination sans contrainte et en libre-service", d'abord des soignants et des intervenants à domicile, avant de l'étendre à tout le monde si besoin. François Baroin plaide pour cette "vaccination en proximité et accessible sans rendez-vous".

En Saône-et-Loire, plutôt que de forcer ses administrés à prendre rendez-vous, André Accary a, lui, très tôt lancé un bus de la vaccination dans les communes rurales qui se déploie désormais dans les entreprises.

"S'il n'y avait pas eu de bus, les gens ne seraient pas venus car ils ont peur de se déplacer dans les villes de 10.000 habitants. Aujourd'hui c'est un vrai succès !", assure-t-il.

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Une campagne de communication nationale ?

La communication externe semble en effet être la clé du succès. Depuis la publication d'affiches sur les "effets désirables" du vaccin réalisées par l'agence régionale de santé (ARS) dans le Sud, la nouvelle présidente (PS) de l'association Régions de France, Carole Delga, appelle le gouvernement à lancer "une campagne de communication plus forte sur la vaccination".

"Nous avons besoin de protéger la population et de lui permettre de vivre normalement. Le cas échéant, la reprise économique serait fragilisée par une nouvelle vague", prévient la patronne du conseil régional d'Occitanie.

Le président (LR) de l'association des maires de France, François Baroin, recommande, lui aussi, le "renforcement des mesures incitatives" et des "campagnes d'informations ciblées". "La communication fait souvent appel à l'affect, mais comme il y a beaucoup d'irrationnel dans cette affaire, ça peut être le moyen de mettre le paquet", estime, pour sa part, Sébastien Martin, président de l'assemblée des communautés de France.

Cela tombe bien : selon l'entourage du président Macron cité par l'AFP, le chef de l'Etat parlera "de la situation sanitaire et de son évolution", "de l'importance de la vaccination" mais aussi "de la bonne santé de l'économie française et l'importance de la relance".

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César Armand

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Commentaires 4
à écrit le 13/07/2021 à 15:22
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Accélération de la vaccination, c'est la déresponsabilisation tout azimut!

à écrit le 13/07/2021 à 9:21
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"Bêêêh !"

à écrit le 12/07/2021 à 21:21
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Rien de nouveau que d'attendu. Pour le reste, la campagne électorale a commencé.

à écrit le 12/07/2021 à 20:03
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Il anticipe une hypothétique douleur de la piquouse en fermant les yeux notre Castex.

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