Budget 2021 : la facture (salée) de la relance

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(Crédits : POOL New)
Tandis que ce budget 2021, en plein Covid-19, va faire exploser la dette publique, le gouvernement l'a assuré : il n'y aura pas de hausses d'impôts. Mécaniquement, l'Etat va néanmoins chercher à dégager des recettes supplémentaires.

A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. C'est en tout cas ce qu'avance le gouvernement, le jour de la présentation de son Budget 2021 en Conseil des ministres,  et dont les vannes sont entièrement ouvertes pour financer les pertes liées au Covid-19.

Après les plus de 460 milliards d'euros mis sur la table cette année pour faire face à la crise sanitaire, le projet de loi de finances pour 2021 sera centré sur le plan de relance de 100 milliards annoncé début septembre.

Dans le même temps, la dette publique française a fait un bond historique114,1% du produit intérieur brut (PIB). C'est la plus forte progression depuis 1995 et que l'Insee publie cet indicateur.

Mais le gouvernement veut rester confiant. L'objectif est de retrouver en 2022 le "niveau de richesse d'avant la crise", a assuré le Premier ministre Jean Castex, un objectif qu'il jugeait "ambitieux mais à notre portée".

Financer la compétitivité et la réindustrialisation

Sur les 100 milliards prévus sur deux ans, 10 milliards devraient avoir déjà été dépensés cette année, notamment pour le soutien à l'emploi des jeunes, et 30 milliards injectés dans l'économie l'an prochain.

Au total, un gros tiers du plan servira à améliorer la compétitivité des entreprises et à favoriser la réindustrialisation du pays, notamment via une baisse de 10 milliards d'euros des impôts de production pesant sur les entreprises.

Ce sera la principale mesure fiscale de ce budget, qui illustre l'axe stratégique choisi par le gouvernement: soutenir les entreprises afin qu'elles passent le cap de la crise et recommencent à embaucher après 800.000 suppressions d'emplois attendues cette année.

La relance verte

Environ 30 milliards doivent permettre d'accélérer la transition écologique, via des aides à la rénovation des logements ou aux transports propres. Et enfin 35 milliards d'euros serviront à financer des mesures de solidarité et de soutien à l'emploi (formation, etc.).

Grâce à ce plan, le gouvernement table sur un rebond du produit intérieur brut (PIB) de 8% l'année prochaine, après une contraction historique attendue à 10% cette année.

Lire aussi : France: le PIB chutera moins bas cette année et rebondira de plus de 7% en 2021 (Banque de France)

Cette prévision pour l'an prochain a été qualifiée de "volontariste" par le Haut conseil des finances publiques (HCFP), dans un avis rendu lundi. Il a aussi souligné les "très fortes incertitudes" que fait peser l'épidémie de Covid-19 et appelle à la vigilance sur l'endettement du pays.

La reprise de l'épidémie de Covid-19 depuis plusieurs semaines risque en effet de menacer l'ambition du gouvernement si aucun vaccin ne vient rassurer entreprises et ménages, dont la confiance pour investir et consommer est cruciale pour sortir de la crise économique.

Des réformes maintenues

A côté de ce volet exceptionnel de dépenses, dont plus de 37 milliards d'euros seront toutefois financés par l'Union européenne, le gouvernement a décidé de maintenir plusieurs engagements pris avant la crise.

Après un début de polémique, la baisse de la taxe d'habitation débutera bien l'an prochain pour les ménages les plus aisés. La réduction de l'impôt sur les sociétés est aussi maintenue.

Les crédits promis aux ministères de la Défense, de l'Intérieur ou de l'Education sont également confirmés. Celui de la Justice va connaître une hausse importante de 8%, a annoncé M. Castex.

Car si les finances publiques sont déjà mises à rude épreuve cette année, en particulier celles de la Sécurité sociale, avec un déficit public attendu à 10,2% du PIB, la priorité va à la reprise économique. Avec le blanc-seing de Bruxelles qui a suspendu les règles budgétaires européennes.

Le fonction publique conserve sa masse salariale

Ainsi, avec l'objectif de ramener le déficit à 6,7%, peu d'économies sont à attendre: les effectifs de la fonction publique devraient ainsi être stabilisés, ou diminuer mais légèrement, a prévenu Bercy, après un amaigrissement déjà remis en cause après le mouvement des "gilets jaunes".

Le gouvernement a assuré qu'il n'y aurait pas de hausse d'impôts, mais pour dégager quelques recettes supplémentaires, il a prévu de ponctionner l'organisme de financement du logement social Action logement à hauteur d'1,3 milliard d'euros, et les complémentaires santé vont payer une surtaxe Covid d'un milliard d'euros l'an prochain (puis 500 millions en 2022).

Lire aussi : Plan de relance : les chefs d'entreprise dubitatifs

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Commentaires
a écrit le 01/10/2020 à 13:56 :
Vous rendez vous compte... pour "10 milliards devraient avoir déjà été dépensés cette année" c'est 260 milliards de dette en plus in fine (voir un autre article). Vous appelez cela du rendement financier ?

Il n'y a pas de catastrophe puisqu'on a réussi à Européaniser 40 milliards de dette sic.

En fait ce n'est pas du vol des citoyens c'est la hauteur de la dévaluation de l'EUro.
a écrit le 29/09/2020 à 8:41 :
"il n'y aura pas de hausses d'impôts"

Pourquoi parler de hausses d'impôts alors que déjà les plus riches n'en payent pas d'impôts ? Heureusement que ya pas de hausse d'impôts !
a écrit le 29/09/2020 à 8:07 :
Macron sait très bien ce qu'il fait. Le coût de la relance, les emprunts énormes, garantis par la BCE au passage, bref le covid vont être le prétexte pour un tour de vis ultralibéral supplémentaire, du style : "avec notre dette, nous devons vendre une partie de notre patrimoine (au sens large) absolument, privatiser absolument, y compris la sécurité sociale et les retraites, réformer not' pays (= détruire les mécanismes solidarité et pauperiser la population), etc, etc...". La novlangue ultralibérale c'est que du bonheur !!
a écrit le 28/09/2020 à 17:47 :
Ne mettons pas tout sur le dos du COVID .ex le gouvernement PLETHORIQUE DE MR CASTEX, les cinq conseillers supplémentaires par ministere, les augmentations allant jusqu'à 70 % dans certains, les 15 M pour acheter Mr BAYROU, la baisse du nombre de sénateurs promise ne s'est pas traduite dimanche dernier .!!!! AUTRE EXEMPLE On n'arrive pas à entretenir les routes nationales mais on a 900 000 euro pour rénover UNE piece de l'Elysée ; Tous les deplacements inutiles de toutes l'équipe par le cout élevé en € et en polution . Autre ex le déficit SECU mais on cède aux lobbys en accordant 28 jours conge naissance etc etc
a écrit le 28/09/2020 à 16:31 :
Pas de hausse d'impôt...les promesses n'engagent que ceux qui les croient. Cela se vérifiera une fois de plus. Comment imaginer qu'avec une dette abyssale , il n'y ait pas d'augmentation de taxes et d'impôts. Disons que cela restera discret au détour d'une loi de finances, d'un amendement, d'un décret mais cela ressemble plus à un exercice de communication jusqu'à l'élection présidentielle de 2022...
Réponse de le 01/10/2020 à 15:32 :
+1
et op c'est l'automne hausse de la taxe fonciére etc.
a écrit le 28/09/2020 à 16:00 :
Bah! Tant qu'on trouve des prêteurs, après nous le déluge! Notre descendance n'aura qu'à de débrouiller!
a écrit le 28/09/2020 à 13:03 :
Sacrée A.F.P., pas de hausses d'impôts, mais juste une une surtaxe Covid. J'aurais pourtant juré qu'une taxe était un impôt/prélévement obligatoire, alors une surtaxe...
a écrit le 28/09/2020 à 12:48 :
Ne rien changer rien pour hâter la chute de la France et des Français, .... applaudissements pour le petit Jupiter
a écrit le 28/09/2020 à 12:18 :
Faire un relance... c'est relancer les mêmes erreurs, puisque l'on ne compte que sur les résultats passés pour faire une interprétation des résultats futurs!
a écrit le 28/09/2020 à 12:05 :
Apres Macron la france sera ruinée .Non réelu il ira dans la finance ,cette meme finance qui demandera à la France de rembourser.
Réponse de le 28/09/2020 à 12:44 :
Sans aucun doute, c'est clair comme de l'eau de roche !
Réponse de le 01/10/2020 à 15:34 :
jurisprudence sarko ? prochaine présidentiel les 2 au nioufs ?

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