Coronavirus : la chute vertigineuse de l'intérim

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Les enseignes de travail temporaire font état de taux de réduction de leur
activité très préoccupants, qui varient entre 60% et 90%, explique Prism'emploi.
"Les enseignes de travail temporaire font état de taux de réduction de leur activité très préoccupants, qui varient entre 60% et 90%", explique Prism'emploi. (Crédits : Reuters:Benoit Tessier)
La fédération patronale de l'intérim a fait état jeudi de la très forte répercussion de la crise sanitaire du coronavirus sur le secteur: plus de 500.000 emplois en moins à la fin mars.

Les conséquences économiques du coronavirus ne cessent de prendre de l'ampleur. Selon les derniers chiffres du baromètre Prism'emploi publié jeudi 19 mars, la crise actuelle aurait détruit plus de 557.000 emplois en équivalent temps plein (ETP) dans le secteur de l'intérim entre la première et la seconde moitié du mois de mars. L'organisme explique ainsi que, après avoir recensé plus de 750.000 ETP avant le 15 mars, il ne resterait plus que 199.000 ETP pour la seconde moitié du mois.

Cette chute vertigineuse de 75% traduit le coup d'arrêt de l'économie française. En début de semaine, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a indiqué que la croissance du produit intérieur brut (PIB) français pourrait reculer de 1% en 2020. En Europe, l'Allemagne, première puissance économique de la zone euro, s'apprête à affronter une grave récession et l'Italie est plongée dans un confinement total depuis maintenant plusieurs semaines avec un bilan humain catastrophique.

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L'industrie et le BTP en première ligne

Dans cette période troublée par cette crise sanitaire, plusieurs secteurs sont particulièrement sous tensions. Il s'agit avant tout de l'industrie (39%) et du bâtiment (60%) qui font travailler beaucoup de salariés intérimaires. En revanche, la part de l'emploi intérimaire dans le commerce de détail et la distribution reste très faible (3,5%) alors que la pandémie oblige un certain nombre de salariés à s'absenter pour maladie ou assurer le garde des enfants par exemple. Plusieurs secteurs ont actuellement de grandes difficultés pour s'organiser alors que de plus en plus de salariés redoutent d'être en contact avec le virus.

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Emploi : des perspectives assombries

Pour le marché du travail, cet effondrement de l'intérim ne laisse pas entrevoir des perspectives favorables.

"L'intérim constitue un indicateur avancé de l'emploi, les infléchissements observés intervenant 6 à 12 mois avant que les mouvements d'emploi d'autres secteurs soient perceptibles", rappelait Prism'emploi lors d'un précédent baromètre.

S'il est encore trop tôt pour mesurer les conséquences économiques et sociales de cette crise sanitaire, la grande majorité des instituts de statistiques ont tous dégradé leurs prévisions macroéconomiques pour cette année.

Les intérimaires éligibles au chômage partiel

Face au marasme économique, le gouvernement français veut à tout prix éviter les faillites d'entreprises et les licenciements massifs. L'exécutif a ainsi présenté un vaste plan de soutien en début de semaine à destination des entreprises et des salariés. Parmi les mesures annoncées par le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, figure une enveloppe de 8 milliards d'euros environ pour assurer la prise en charge du chômage partiel. La fédération du secteur de l'intérim rappelle que "les salariés intérimaires sont éligibles au dispositif d'activité partielle dans les conditions prévues par les textes. Les entreprises de travail temporaire peuvent bénéficier du dispositif d'activité partielle pour leurs salariés intérimaires, dès lors que leur client arrête les contrats de mise à disposition".

Des secteurs sous tension

La propagation du virus sur l'ensemble du territoire a obligé les autorités à prendre des mesures de confinement plus strictes. Si une partie de l'activité économique peut se réaliser en télétravail, d'autres secteurs comme le bâtiment ou la grande distribution sont actuellement confrontés à de graves tensions.

Lors d'une réunion jeudi, plusieurs organisations syndicales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC) et patronales (Medef, CPME, U2P) ont appelé "les pouvoirs publics et les entreprises à mettre en œuvre tous les moyens indispensables à la protection de la santé et de la sécurité des salariés devant travailler". Plusieurs chefs d'entreprise ont exprimé leur incapacité à assurer la sécurité sanitaire sur les lieux de travail exigée par l'administration. En outre, des salariés peuvent réclamer un droit de retrait qui s'applique pour l'instant selon des conditions très restreintes.

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Commentaires
a écrit le 21/03/2020 à 7:21 :
bonjour, comment se retrouver entre les médecins hospitaliers qui sont toujours plus alarmistes et la nécessité de travailler. Ce qui est sûr c'est qu'à la fin il y aura beaucoup plus de chomeurs et de pauvres mais toujours autant de ponctionnaires. La vraie victime de cette situation sera l'entreprise !!
a écrit le 20/03/2020 à 15:25 :
Voter dimanche c’est une démarche citoyenne et sans risque.
Sortir à partir de mardi c’est imbécile et ça mérite jusqu’à 375€ d’amende.

Adapter les gestes barrières et ne sortir que pour voter, seul moment sans risque.
a écrit le 20/03/2020 à 14:21 :
Le journaliste avait besoin de faire une pige!!! Je pourrai ajouter également que les guides touristiques sont en manque d'activité, de même que les moniteurs de ski et employés des remontées mécaniques. combien le figaro va-t-il me donner pour ces informations. Plus concrètement , j'ajoute que les policiers municipaux n'ont pas le droit de verbaliser même si vous êtes en infraction: cela est certainement une information que les lecteurs ne savent pas.
Réponse de le 21/03/2020 à 7:23 :
dans un pays ou il y a plus de ponctionnaires que d'actifs, on est toujours en infraction. Résultat il n'y a plus d'usines pour fabriquer masques. Merci messieurs les ponctionnaires !!

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