Coronavirus : les assureurs répondent enfin présent, mais est-ce suffisant ?
Juliette Raynal

Coronavirus: la france ferme "jusqu'a nouvel ordre" restaurants, cafes et commerces non essentiels
Benoit Tessier
Juliette Raynal

Coronavirus: la france ferme "jusqu'a nouvel ordre" restaurants, cafes et commerces non essentiels
Benoit Tessier
Les assureurs sortent de leur silence. Jeudi 19 mars, la Fédération française de l'assurance (FFA) a annoncé "prendre une mesure d'urgence pour venir en aide à un secteur économique particulièrement touché" par la crise sanitaire liée à l'épidémie du nouveau coronavirus, "celui des artisans, commerçants, professions libérales et plus généralement les TPE".
Cette mobilisation se faisait attendre. Alors que la Fédération bancaire française (FBF) a fait part, dès le 6 mars dernier, de sa mobilisation pour les TPE et PME face au coronavirus, et a détaillé les mesures prises le 15 mars suivant, le lobby des assureurs n'avait, de son côté, fait aucune annonce jusqu'à aujourd'hui.
De quoi agacer le ministère de l'Economie et des Finances, qui mercredi appelait les assureurs à faire des efforts, à l'image du secteur bancaire.
Ce dernier semble avoir été écouté. Les assureurs ont annoncé ce jeudi "prendre l'engagement de conserver en garantie les contrats des entreprises en difficulté en cas de retard de paiement suite à la pandémie, et ce pour toute la durée de la période de confinement".
Ce coup de pouce est-il suffisant ? Non, répond catégoriquement l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih), qui n'hésite pas à qualifier les annonces de la FFA "de mesurettes".
"Pendant que les assureurs cherchent à préserver leur solidité financière, nous recherchons la solidarité indispensable pour sauver nos entreprises et les emplois de nos salariés. Les assureurs doivent jouer leur rôle d'appui auprès de leurs assurés. Nous appelons les pouvoirs publics à arbitrer le plus rapidement possible cette situation inconvenante", réagit son président confédéral Roland Heguy, dans un communiqué.
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Mercredi, les professionnels de la restauration et de l'hôtellerie s'alarmaient de l'urgence de la situation et s'indignaient de l'absence de mobilisation des compagnies d'assurance. L'Umih explique recueillir "de très nombreux témoignages" de professionnels dont les demandes "restent sans réponse de la part de leurs assureurs". "Nous dénonçons cette attitude et nous la qualifions d'incompréhensible dans cette situation historique de crise", ajoute-t-elle.
Si les petites entreprises sont si déstabilisées c'est que la plupart d'entre elles sont souvent mal protégées contre les risques économiques liés à une épidémie. Sur le marché, il existe bien une assurance de pertes d'exploitation permettant à une entreprise de compenser les effets de la diminution de son chiffre d'affaires et de faire face à ses charges fixes. Mais, cette assurance ne fonctionne que si elle est directement liée à un dommage matériel, comme un incendie par exemple.
Comme la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), l'Umih demande donc aux pouvoirs publics d'agir en reconnaissant l' « état de catastrophe sanitaire », de manière à ce que "les assurés puissent débloquer l'aide de leur assureur notamment sur la perte d'exploitation", explique Roland Heguy, qui appelle les compagnies d'assurance à se mettre autour de la table "pour aborder les différents sujets" et l'Etat à arbitrer.
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Les assureurs feront-ils plus ? Vendredi 13 mars dernier, lors de la présentation des résultats annuels de Groupama, son directeur général Thierry Martel, s'était montré très réservé, exprimant la nécessité de "trouver un juste équilibre", sans recourir à "des mécanismes d'assurance trop systématiques" pour aider les entreprises en difficulté.
De nouveau contacté par La Tribune à ce sujet, Groupama n'était pas en mesure de nous répondre.
Juliette Raynal