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Entreprises & FinanceBanques / Finance

Coronavirus : les assureurs répondent enfin présent, mais est-ce suffisant ?

Juliette Raynal

Publié le 20 mars 2020 à 06:30 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 22:45

Coronavirus: la france ferme "jusqu'a nouvel ordre" restaurants, cafes et commerces non essentiels

Coronavirus: la france ferme "jusqu'a nouvel ordre" restaurants, cafes et commerces non essentiels

Benoit Tessier

Le Quotidien Numérique

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Les compagnies d'assurance françaises vont maintenir leurs garanties auprès des TPE, même en cas de retard de paiement. Un premier geste, jugé tardif et surtout inefficace par les professionnels de l'hôtellerie et de la restauration, touchés de plein fouet par la crise du coronavirus.

Les assureurs sortent de leur silence. Jeudi 19 mars, la Fédération française de l'assurance (FFA) a annoncé "prendre une mesure d'urgence pour venir en aide à un secteur économique particulièrement touché" par la crise sanitaire liée à l'épidémie du nouveau coronavirus, "celui des artisans, commerçants, professions libérales et plus généralement les TPE".

Cette mobilisation se faisait attendre. Alors que la Fédération bancaire française (FBF) a fait part, dès le 6 mars dernier, de sa mobilisation pour les TPE et PME face au coronavirus, et a détaillé les mesures prises le 15 mars suivant, le lobby des assureurs n'avait, de son côté, fait aucune annonce jusqu'à aujourd'hui.

Les garanties maintenues malgré les retards de paiement

De quoi agacer le ministère de l'Economie et des Finances, qui mercredi appelait les assureurs à faire des efforts, à l'image du secteur bancaire.

"Il n'est pas question pour nous que les assureurs ne participent à l'effort de solidarité nationale", a ainsi indiqué à l'AFP un responsable du ministère.

Ce dernier semble avoir été écouté. Les assureurs ont annoncé ce jeudi "prendre l'engagement de conserver en garantie les contrats des entreprises en difficulté en cas de retard de paiement suite à la pandémie, et ce pour toute la durée de la période de confinement".

"Cette mesure de solidarité concrète permettra aux professionnels les plus touchés de poursuivre leur activité en restant couverts pour leurs risques assurés», a déclaré Florence Lustman, présidente de la FFA, dans un très bref communiqué de presse.

"Des mesurettes", selon les restaurateurs et hôteliers

Ce coup de pouce est-il suffisant ? Non, répond catégoriquement l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih), qui n'hésite pas à qualifier les annonces de la FFA "de mesurettes".

"Pendant que les assureurs cherchent à préserver leur solidité financière, nous recherchons la solidarité indispensable pour sauver nos entreprises et les emplois de nos salariés. Les assureurs doivent jouer leur rôle d'appui auprès de leurs assurés. Nous appelons les pouvoirs publics à arbitrer le plus rapidement possible cette situation inconvenante", réagit son président confédéral Roland Heguy, dans un communiqué.

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"Cette annonce est à côté du problème car jusqu'à présent les entreprises ont payé leur assurance, il n'y a pas eu de retard de paiement. Et surtout, parce que les professionnels ne peuvent justement plus poursuivre leur activité", ajoute Roland Heguy, contacté parLa Tribune.

L'absence d'assurance de pertes d'exploitation sans dommage

Mercredi, les professionnels de la restauration et de l'hôtellerie s'alarmaient de l'urgence de la situation et s'indignaient de l'absence de mobilisation des compagnies d'assurance. L'Umih explique recueillir "de très nombreux témoignages" de professionnels dont les demandes "restent sans réponse de la part de leurs assureurs". "Nous dénonçons cette attitude et nous la qualifions d'incompréhensible dans cette situation historique de crise", ajoute-t-elle.

Si les petites entreprises sont si déstabilisées c'est que la plupart d'entre elles sont souvent mal protégées contre les risques économiques liés à une épidémie. Sur le marché, il existe bien une assurance de pertes d'exploitation permettant à une entreprise de compenser les effets de la diminution de son chiffre d'affaires et de faire face à ses charges fixes. Mais, cette assurance ne fonctionne que si elle est directement liée à un dommage matériel, comme un incendie par exemple.

« Les solutions d'assurance pertes d'exploitation existantes n'apportent pas, ou très peu, de garantie face au risque sanitaire car cela ne rentre pas dans l'objet du contrat d'assurance dommage",expliqueFrédéric Durot, directeur du département dommage du courtier Siaci Saint Honoré, spécialisé dans l'accompagnement des grandes entreprises, ETI et PME.

Lire aussi : S'assurer contre le coronavirus : un vrai casse-tête pour les entreprises

L'Etat appelé à arbitrer

Comme la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), l'Umih demande donc aux pouvoirs publics d'agir en reconnaissant l' « état de catastrophe sanitaire », de manière à ce que "les assurés puissent débloquer l'aide de leur assureur notamment sur la perte d'exploitation", explique Roland Heguy, qui appelle les compagnies d'assurance à se mettre autour de la table "pour aborder les différents sujets" et l'Etat à arbitrer.

À lire également

  • S’assurer contre le coronavirus : un vrai casse-tête pour les entreprises
  • Coronavirus : ce que les banques proposent concrètement pour aider les entreprises

Les assureurs feront-ils plus ? Vendredi 13 mars dernier, lors de la présentation des résultats annuels de Groupama, son directeur général Thierry Martel, s'était montré très réservé, exprimant la nécessité de "trouver un juste équilibre", sans recourir à "des mécanismes d'assurance trop systématiques" pour aider les entreprises en difficulté.

«Il y aura par exemple un accompagnement de nos clients sur le paiement de leur prime quand ce sera difficile, mais nous n'allons pas couvrir sans réserve toutes les conséquences des décisions administratives», avait-il prévenu.

De nouveau contacté par La Tribune à ce sujet, Groupama n'était pas en mesure de nous répondre.

Juliette Raynal

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