Création d'entreprise : trois Français sur dix ont passé le cap ou y pensent, selon Bpifrance

Malgré la crise, l’engagement entrepreneurial reste stable en France et est même plus fort dans les quartiers défavorisés et pour les femmes. Toutefois, le plafond de verre n'est pas encore brisé puisqu'un tiers des hommes est chef d'entreprise ou à l'intention de l'être, contre seulement un quart des femmes, selon une enquête publiée mercredi par Bpifrance.

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Alors qu'environ un tiers des hommes (34%) en France est chef d'entreprise ou a un projet de création d'activité professionnelle, seulement un quart des femmes (26%) dirige une société ou à l'intention de se mettre à son compte, selon Bpifrance.
Alors qu'environ un tiers des hommes (34%) en France est chef d'entreprise ou a un projet de création d'activité professionnelle, seulement un quart des femmes (26%) dirige une société ou à l'intention de se mettre à son compte, selon Bpifrance. (Crédits : DR)

L'envie d'entreprendre n'a pas disparu avec la crise, au contraire ! Trois Français sur dix dirigent une entreprise ou ont envie de se lancer, selon une enquête publiée mercredi par Bpifrance. Une proportion stable par rapport à 2018, mais qui augmente dans les quartiers défavorisés (QPV) où 20% de la population s'inscrit dans cette "chaîne entrepreneuriale", contre 14% il y a trois ans, d'après l'enquête conduite pour la banque publique par l'institut Ifop auprès de 5.066 personnes, dont 501 dans les quartiers prioritaires de la ville (QPV).

Des disparités encore importantes

Toutefois, le retard de ces quartiers reste important avec seulement 3% de propriétaires d'entreprises dans les QPV, contre 14% dans l'ensemble de la population. D'autre part, le plafond de verre n'est pas encore brisé pour les femmes. Alors qu'environ un tiers des hommes (34%) en France est chef d'entreprise ou a un projet de création d'activité professionnelle, seulement un quart des femmes (26%) dirige une société ou à l'intention de se mettre à son compte.

La sous-représentation des femmes serait liée à un manque de "confiance en soi" : elles sont "significativement moins nombreuses que les hommes à estimer avoir les qualités requises pour diriger une entreprise", selon l'enquête, qui entrevoit l'espoir d'un rééquilibrage futur dans le fait qu'elles sont aussi nombreuses que les hommes chez les "intentionistes".

En effet, avec la crise, de plus en plus de femmes veulent devenir chef d'entreprise, selon le baromètre Veuve Clicquot publié en juillet. 38% de femmes françaises sont décidées à passer par la case entreprenariat et un tiers d'entre elles estime que la crise a renforcé cette envie, selon le baromètre. Néanmoins, le sentiment d'une difficulté plus accrue quand on est une femme en désir de création d'entreprise persiste bel et bien. De plus, le financement semble moins évident quand on est une femme entrepreneuse, 69% des femmes françaises en sont convaincues, les conséquences de la crise amenuisent les fonds qui leur sont accordés.

Une crise qui booste les ambitions

Néanmoins, la crise n'a pas évaporé les ambitions des Français pour devenir chef d'entreprise. Entre le troisième trimestre 2020 et le troisième trimestre 2021, plus d'un million d'entreprises (y compris les micro-entrepreneurs) ont été créées, selon l'Insee, contre 813.000 entre le troisième trimestre 2019 et le troisième trimestre 2020, lors de la première vague de Covid-19 en 2020.

De plus, le statut de micro-entrepreneur a le vent en poupe, les Français se lancent notamment dans des solutions, face aux restrictions sanitaires liées à la crise du Covid, telle la livraison à domicile.

Made with Flourish

D'une manière générale, "on a un taux d'engagement entrepreneurial qui reste très stable alors qu'on est dans un contexte sanitaire qui a fortement impacté les chefs d'entreprise", les trois quarts d'entre eux disant avoir été affectés par la crise, a expliqué à l'AFP Laurence Tassone, responsable des observatoires PME et création d'entreprise à Bpifrance. Mais cet impact a parfois été positif car il a permis à 20% des chefs d'entreprise "de prendre le temps de réfléchir à leur stratégie, de lancer de nouveaux produits, voire d'offrir de nouveaux services", notamment numériques, a-t-elle précisé.

Les jeunes très concernés

Enfin, les jeunes sont beaucoup plus concernés par l'entrepreneuriat que leurs aînés, avec la moitié (51%) des moins de 30 ans impliqués, contre seulement un quart des plus de 30 ans.

"Le nombre d'entreprises créées par des jeunes de moins de 30 ans a doublé entre 2009 et 2020", notamment grâce à la création du régime du micro-entrepreneur, relève aussi Laurence Tassone.

"L'État-providence est d'une générosité énorme, incroyable dans cette période post-Covid, et donc l'entrepreneuriat est de moins en moins monétairement risqué", a estimé fin novembre lors d'une conférence de presse Nicolas Dufourcq, le directeur général de Bpifrance.

(Avec AFP)

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Commentaires 2
à écrit le 09/12/2021 à 17:16
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En gros, c'est les auto-entrepreneurs qui forment l'essentiel des créations ? Et parmi ces gens ceux qui font du vélo avec un sac vert sont les plus nombreux ?

à écrit le 09/12/2021 à 13:22
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Salaires au raz des pâquerettes, conditions de travail en chute libre, chômage de masse, dumping social,ils n'ont pas trop le choix les français par ailleurs heureusement que il y a le black hein... Notre classe dirigeante pèse beaucoup trop lourdeme...

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