Crise énergétique : l'Etat a dépensé 100 milliards d'euros en trois ans, indique Bruno Le Maire

Pour la seule année 2023, le coût brut du bouclier énergétique est évalué à 45 milliards d'euros et le coût net pour le déficit public à 16 milliards d'euros. Le bouclier tarifaire, qui plafonne la hausse des prix à 4%, n'est pas le seul outil déployé pour tenter de limiter l'impact de la flambée des prix du gaz et de l'électricité.
Le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire.
Le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire. (Crédits : BENOIT TESSIER)

Le gouvernement avait annoncé la fin du « quoi qu'il en coûte » en mars dernier, malgré l'inflation galopante. « Cela reviendrait à jeter de l'essence sur un incendie », justifiait le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. Mais le pourrissement du conflit en Ukraine mené par la Russie fait toujours flamber les coûts de l'électricité pour les foyers. Résultat, dans son budget 2023, le gouvernement doit encore prévoir 45 milliards d'euros face à l'explosion des prix de l'énergie.

Une ardoise à venir qui s'intègre déjà à d'autres dépenses, en plein débat sur le budget 2023 à l'Assemblée nationale, et que Bercy a chiffré entre 2021 et 2023. Sur la période, le gouvernement d'Emmanuel Macron aura ainsi dépensé 100 milliards d'euros pour protéger les Français des conséquences de l'inflation, a déclaré lundi Bruno Le Maire.

« Au total, en 2021, 2022, 2023, nous aurons dépensé 100 milliards d'euros pour protéger nos compatriotes contre la flambée des prix », a-t-il dit pendant un débat sur la loi de programmation budgétaire à l'Assemblée nationale.

Or, le bouclier tarifaire qui plafonne la hausse des prix à 4% jusqu'à la fin 2022 n'est pas le seul outil déployé. L'Etat a également financé le chèque énergie de 100 euros distribué l'année dernière à 5,8 millions de ménages, ou encore l'indemnité carburant de 100 à 300 euros octroyée aux travailleurs modestes.

A lui seul, le prolongement du bouclier tarifaire coûtera 16 milliards d'euros en 2023, avait précisé Bruno Le Maire. Le dispositif « de chèques énergie exceptionnels » aura, lui, un coût d'1,8 milliard d'euros, a-t-il encore indiqué.

Le niveau de dépense est donc colossal mais le ministre a d'ores et déjà justifié cette action. Selon le ministre de l'Economie, « sans le bouclier tarifaire, l'augmentation des tarifs du gaz et de l'électricité serait d'au moins 100% l'année prochaine ! Soit une hausse de 120 euros en moyenne par mois et par ménage », déclarait-il début septembre dans la presse.

Lancé en octobre 2021 et prolongé à plusieurs reprises, le bouclier tarifaire permet de contenir la hausse des prix de l'énergie sur le tarif réglementé payé par les ménages. Une fois terminé le bouclier tarifaire fin 2022, « nous garderons des dispositifs pour amortir les prix de l'énergie », alors que les prix ont explosé sur les marchés de gros, « et nous prendrons des dispositions spécifiques pour accompagner les plus fragiles », a indiqué de son côté la Première ministre Elisabeth Borne.

Dans le même temps, le gouvernement est prêt à chercher de nouvelles rentes tous azimuts pour financer le bouclier tarifaire.

La maîtrise de l'endettement

De fait, avec la remontée des taux d'intérêt par la Banque centrale européenne (BCE) de 0,75%, il revient plus cher à l'Etat français d'emprunter sur les marchés. Alors qu'elle était à 97,6% du PIB avant la crise sanitaire, la dette publique atteignait au premier trimestre 2022 114,5% du PIB, contre 112,9% à la fin de 2021. Aussi, le retour en dessous des 3% de déficit n'est pas prévu avant... 2027.

Malgré ces mauvais résultats, la France ne devrait pas être sanctionnée par Bruxelles qui a suspendu depuis la crise sanitaire la règle imposant une dette publique à 60% du PIB ainsi qu'un déficit public inférieur à 3% du PIB. La suspension a d'ailleurs été prolongée jusqu'à la fin de l'année 2023 en raison des conséquences économiques de la guerre en Ukraine.

Emmanuel Macron s'est engagé à redresser la situation des finances publiques pendant son deuxième quinquennat, en ramenant le déficit public sous les 3% du PIB d'ici à 2027, ce qui permettrait de commencer à réduire le poids de la dette.

(Avec Reuters)

Lire aussiPour ou contre : faut-il renouer avec la rigueur budgétaire et baisser les dépenses de l'Etat ? (Jean-Marc Daniel face à Thibault Laurentjoye)

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Commentaires 6
à écrit le 11/10/2022 à 10:59
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Ce ministre un vrai vendeur de tapi, ça nous a couté 100 milliards (mais rapporté 500 milliards) :)

à écrit le 11/10/2022 à 9:01
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Non la maîtrise de l'endettement n'existe pas c'est un leurre soit les gouvernants sont proches des prêteurs et tout va bien mais plus ils s'en éloignent et plus il faut qu'on paye. C'est pas un mystère les gars c'est une vérité que nous payons chaqu...

à écrit le 10/10/2022 à 21:33
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Nono la calculette, le Mozart de l'économie et du col roulé en automne... ... impatient de voir comment il va s'habiller cet hiver...

à écrit le 10/10/2022 à 21:15
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F Asselineau, ON LE CROIT... 24/6/2022 La dette publique française dépasse 2900Mds€. Elle dépassera 3000Mds € dans quelques mois 26/9 En poste depuis 5ans 4mois, Le Maire «ne veut laisser aucun doute à nos compatriotes sur notre détermination à ...

à écrit le 10/10/2022 à 20:39
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Le calcul est simple : Vous divisez 100 milliards d'euros par 65 millions d'habitants, et vous obtenez: 1500 euros par habitant. Chaque français a donc payé de sa poche, 1500 euros, pour que ceux qui gaspillent l'énergie chauffent et climatisent à q...

le 11/10/2022 à 13:02
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"Pour ceux qui gaspillent, chauffent etc etc". Ouais, mais pas que, loin de là ! Le véritable problème réside dans le fait que l'incompétence est souveraine à tous les niveaux de pouvoir en france. Mais ils s'en fichent totalement, les soi-dirigeants...

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