Hôpital 2.0 : en cas de 2e vague, la technologie aidera à sauver des vies

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(Crédits : DR)
OPINION. En Espagne, près de 4 millions d'habitants sont appelés à rester chez eux, 700.000 au Portugal dans la région de Lisbonne, mesures de confinement renforcées en Allemagne, port du masque obligatoire dans les lieux clos en France et en Grande-Bretagne... Des signes d'une potentielle 2e vague de l'épidémie ? Par Philippe Billet, Directeur Général Ascom France et Ibéria

Pour Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique, le scénario d'une deuxième vague de coronavirus à l'automne est « l'hypothèse la plus probable ». Et dans cette perspective, pour nos hôpitaux, une chose est sûre : le recours au digital permettra de sauver des vies !

L'hôpital 2.0 repose sur un socle informatique robuste et flexible

Mais il faut tout d'abord recentrer le propos. Quand on parle de « digital à l'hôpital » ou « d'hôpital 2.0 », on parle tout d'abord d'informatique, c'est-à-dire la gestion de la donnée (dossier patient numérique, ...)  et des flux d'informations (alarmes médicales, techniques,...). Il ne s'agit pas d'être sexy mais d'être efficace ! Car de là découle l'essentiel : une bonne organisation qui permet d'assurer une prise en charge des patients de qualité et garantir des conditions de travail optimisés pour le personnel soignant. Et cette « bonne organisation », il faut qu'elle puisse supporter et s'adapter à des contextes de crise. Le socle informatique se doit d'être robuste et flexible.

Par exemple, durant la première vague, le Centre Hospitalier William Morey de Chalon-sur-Saône a fait face à une problématique difficile: comment maintenir sa qualité de soins pour les patients extrêmement fragiles et déjà hospitalisés tout en accueillant un nombre supérieur au nombre de places disponibles des patients hautement contagieux ?

Dans une unité Covid-19, où les appareils de monitoring et les thérapies ventilatoires génèrent beaucoup d'alarmes, les soignants sont sur sollicités. La technologie leur a permis d'externaliser et gérer les alarmes biomédicales liées aux équipements de monitoring, ventilation, perfusion, oxygénation, dialyse et de suivre l'évolution des constantes vitales depuis de grands écrans de report interactifs ou directement depuis le smartphone professionnel des soignants. La technologie de gestion des flux d'information leur a permis de mieux répartir les charges entre le personnel soignant (et donc de réduire la fatigue pour un meilleur jugement et diagnostic) et libérer de l'espace pour multiplier par deux la capacité d'accueil en réanimation en seulement trois jours. C'est ça le socle informatique robuste et flexible. On parle désormais de « soignant augmenté ».

Ensemble, revaloriser le « socle informatique »

Tout va bien alors madame la marquise ? Pas sûr. Il existe deux freins majeurs au développement technologique des établissements de santé: leur capacité d'investissement avec des budgets serrés et l'adoption de la technologie par les soignants.

Pour casser le premier frein, le gouvernement a promis un plan d'investissement massif pour l'hôpital : 6 milliards d'euros vont être débloqués sur cinq ans pour l'investissement dans le système de santé. Cet argent servira à renouveler le matériel, à améliorer les bâtiments, ou encore à développer le numérique. Mais seulement à partir de fin 2021. Une autre tendance, côté fournisseur de technologie cette fois, c'est de s'adapter à ces budgets serrés par une approche commerciale différente, notamment à travers le SaaS qui ne constitue pas un nouvel investissement pour un hôpital et réduit les frais de mise à jour en cas d'obsolescence. Avec le SaaS on ne paye que ce que l'on consomme.

Concernant le deuxième frein, actuellement, les hôpitaux fonctionnent en silo et les parties prenantes sont nombreuses entre les responsables techniques, le département biomédical et bien évidemment le personnel soignant. Pour gagner en efficacité dans le parcours patient, il faut impliquer tout cet écosystème : le fournisseur de technologie, à travers sa solution, doit pouvoir parler à tout le monde. On ne fait pas faire du code à un infirmier comme on ne demande pas à un DSI de diagnostiquer un patient. Mais le fournisseur de technologie doit se positionner comme un intermédiaire capable de comprendre les enjeux de chacun pour offrir une solution centrale optimisée et amener de la valeur dans les usages du quotidien. Cela passe par une montée en compétence des fournisseurs de technologies et la création de solutions métier, dédiées au secteur de la santé.

Les premiers enseignements de la crise ont montré l'intérêt des nouvelles technologies. En cas de nouvelle épidémie, notre système de santé sera mieux armé si gouvernement, établissements de santé, fournisseurs prennent à bras le corps la transformation numérique du secteur. Pour reprendre les mots du Ministre de la Santé Olivier Veran, « revaloriser le socle » informatique est indispensable pour sauver le maximum de vies en cas de crise. Mais le moment venu, même accompagné de la technologie, l'humain restera au centre de tout : il faudra continuer d'applaudir nos soignants, même « augmentés ».

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a écrit le 04/08/2020 à 19:27 :
La technologie actuelle tue plus qu’elle ne sauve de vies humaines.

La technologie permet d’inventer des armes bactériologiques , chimiques ou matériaux dans des laboratoires mais elle permet aussi de créer des vaccins ...( les 2 extrêmes)
Le bien et le mal...
a écrit le 04/08/2020 à 17:36 :
hôpitaux = billet aller sans retour ( sans avion , écologique)
a écrit le 04/08/2020 à 12:57 :
L’hôpital est la source de la mort.
Vous rentrez en marchant vous sortez par la morgue.
a écrit le 03/08/2020 à 16:29 :
Tiens!?
Vous faites indirectement de la pub pour le Cloud US au sein de l'hôpital, sachant que le ministère de la santé a signé avec Microsoft l'hébergement des données médicales.
Pour autant, à ma connaissance, l'essentiel du nbre de vies sauvées l'a été par le personnel soignant, non pour ses compétences numériques, mais pour celles de son coeur de métier consistant à la prise en charge des patients et à l'amélioration en continu des protocoles médicaux et cliniques.
L'informatique, les télécoms, internet sont des outils qui ont bien sûr contribué à améliorer la coordination et la solidarité entre acteurs, leur réactivité ( alerte, aide au diagnostic...).
Mais, l'essentiel de ce combat et son issue victorieuse ont été lié à la compétence, la motivation et la disponibilité de qcqs dizaines de milliers de femmes et d'hommes déterminés à y faire face.
Le pb de la 2eme vague , si toutefois ce scénario devait se réaliser, sera de maintenir cette dynamique salutaire chez ts ces acteurs de la 1ere.
Gageons que l'expérience acquise lors de cette 1ere vague, y compris ds le numérique, associée aux moyens désormais conséquents de dépistage et de prévention, sera déterminante pour aborder un tel combat, ce qui quoi qu'on dise à l'heure actuelle, n'est pas du tout assuré.
a écrit le 03/08/2020 à 12:49 :
Pour avoir des lits connectés encore faudra t il qu il reste des lits !!!
a écrit le 02/08/2020 à 9:57 :
en France il y a une hérésie
on a une institution ministre et direction de la santé qui ont soutenue contre vent et marée que le masque ne server a rien et six mois plus tard
les mêmes personnes soutienne le contraire
dans un autre pays leur démission serais entériné
mais en France on a le droit de mentir a la population
ces gens doivent partir moi je ne respecterais plus ce ministre
pour moi il est indigne de cette fonction

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