Emploi des seniors : des écarts considérables entre les régions

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Dans les Hauts-de-France, le taux d’emploi est faible pour les seniors, et plus généralement pour l’ensemble des 15-64 ans. De plus, le chômage des seniors y est plus important qu’en France métropolitaine explique l'Insee.
"Dans les Hauts-de-France, le taux d’emploi est faible pour les seniors, et plus généralement pour l’ensemble des 15-64 ans. De plus, le chômage des seniors y est plus important qu’en France métropolitaine" explique l'Insee. (Crédits : Reuters)
Le taux d'emploi des seniors s'élève à 68,9% en Île-de-France contre 55,8% dans les Hauts-de-France selon une nouvelles étude de l'Insee. La surreprésentation des cadres, qui restent en emploi plus longtemps, explique en partie un tel contraste.

L'enquête de l'Insee publiée ce jeudi 14 février rappelle que l'emploi des plus âgés a bondi depuis 2007. 61% des 50-64 ans seraient en emploi à l'échelle de la France en 2017, contre 53% 10 ans auparavant. Outre les différentes réformes des retraites, les politiques publiques en matière d'emploi, les réformes de l'assurance- chômage, l'assouplissement des conditions de cumul emploi-retraite depuis 2004 ont contribué à cet accroissement, rappelaient les économistes de l'Insee lors d'une conférence de presse en novembre dernier.

L'éclatement de la crise à partir de 2008 a également participé à maintenir une bonne partie des seniors sur le marché du travail. En effet, « les conditions d'emploi dégradées après la crise ont pu jouer un rôle, en retardant l'acquisition de droits nécessaires pour bénéficier d'une retraite à taux plein pour des personnes à carrière incomplète », souligne l'organisme de statistiques public.

Lire aussi : L'emploi des seniors en plein boom

Des disparités marquées

Si la population active a tendance à vieillir sur l'ensemble du territoire français, il existe de grandes disparités territoriales. Ainsi, le taux d'emploi (*) de cette catégorie atteint 68,9% en Île-de-France contre 55,8% pour les Hauts-de-France. Il existe également de fortes disparités au niveau du taux de chômage. La Bretagne affiche un taux de chômage au sens du bureau international du travail (BIT) de 5,2% alors qu'en Occitanie, 8% de la population active est au chômage.

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[Graphique interactif : vous pouvez changer d'indicateur sur la visualisation grâce au sélecteur situé en bas à droite.]

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Départs massifs des seniors franciliens

Pour l'Île-de-France, le taux d'emploi est bien plus élevé que dans le reste de la France métropolitaine en raison « d'une part plus importante de cadres parmi les actifs (31% en Île-de-France, contre 16% en moyenne pour la province) », rappellent les économistes de l'organisme public.

L'autre facteur mis en avant par les experts de l'Insee pour expliquer de tels écarts est « l'impact des migrations résidentielles après le départ à la retraite ». En effet, les seniors ayant perdu leur travail ou pris leur retraite auraient plus tendance à quitter la région la plus peuplée de France que ceux des autres territoires. Cela se traduit dans les données migratoires. Ainsi, le solde migratoire, c'est-à-dire la différence entre les arrivées et les départs des 55-64 ans est déficitaire pour l'Île-de-France et s'élevait à -23.000 en 2015. Le déficit se concentre principalement autour des personnes âgées de 60 ans. Les régions les plus plébiscitées par cette catégorie pour migrer sont situées à l'Ouest et au Sud de la France (Bretagne, Nouvelle-Aquitaine, ou l'Occitanie).

Des disparités entre les hommes et les femmes

Outre les différences régionales, il existe également de nettes différences entre les hommes et les femmes. Ces inégalités sont partagées par l'ensemble des régions. Ainsi, le taux d'emploi des femmes est toujours inférieur à celui des hommes quelque soit la région. Le détail des données indique cependant que la situation est contrastée selon les classes d'âge. En effet, le taux d'emploi est plus élevé chez les personnes âgées de 50 à 59 ans pour les hommes.

À l'inverse, le taux d'emploi est supérieur chez les femmes pour la catégorie des 60-64 ans dans presque toutes les régions. « Ainsi, les femmes chercheraient à allonger leur durée d'activité avant de faire valoir leurs droits à la retraite pour compenser davantage d'interruptions de carrières ou des emplois moins rémunérateurs », concluent les auteurs de l'étude.

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(*) Le taux d'emploi est défini comme la part des personnes ayant un emploi parmi les personnes âgées de 15 à 64 ans, exprimée en pourcentage.

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Commentaires
a écrit le 15/02/2019 à 21:23 :
La retraite, c’est pour pouvoir bouffer quand on ne peut plus travailler, au nom de la solidarité.
C’est donc une belle invention, qui a été malheureusement largement détournée de ses fins : elle a créé une caste de rentiers (geignards, en plus) partis bien tôt il me semble.
Et elle n’est plus financée par les actifs : dans un régime de répartition, il aurait été logique d’adapter les pensions à la proportion inactifs/actifs.
Même si c’est difficile à faire, c’est sûr.

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