Entreprises de taille moyenne, la France en retard ?

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Cette enquête révèle également que ces entreprises ne profitent pas pleinement des opportunités liées au commerce international. En effet, le chiffre d’affaires des ETM dans le monde ne provient qu’à 15% des exportations. Les dirigeants d’ETM interrogés déclarent développer davantage leur marché domestique (18%) que l’international (11%).
Cette enquête révèle également que ces entreprises ne profitent pas pleinement des opportunités liées au commerce international. En effet, le chiffre d’affaires des ETM dans le monde ne provient qu’à 15% des exportations. Les dirigeants d’ETM interrogés déclarent développer davantage leur marché domestique (18%) que l’international (11%). (Crédits : © Carlos Garcia Rawlins / Reute)
Une étude HSBC indique que si les entreprises de taille moyenne (ETM) augmentaient globalement leurs exportations de seulement 1%, elles pourraient accroître leur impact économique de 12,5 milliards de dollars dans le monde. Pour les entreprises moyennes françaises, cet impact est estimé à 600 millions de dollars.

(Article publié le 19 février 14h59 et mis à jour le 27 mars à 11h57)

Les entreprises de tailles intermédiaires (ETM) jouent un rôle moteur dans l'économie. Selon une étude de la banque HSBC portant sur 14 pays (*), les entreprises de ce type comptent en moyenne pour 25% du PIB de chaque État. Alors que l'actuel ministre de l'Économie Bruno Le Maire veut faciliter l'accroissement de la taille des entreprises avec la loi Pacte présentée en Conseil des ministres le 18 avril prochain, la place de ces sociétés dans l'économie mondiale est plus que jamais au centre des débats.

| Lire aussi : Loi sur les entreprises : Le Maire lance sa grande consultation

Qu'est qu'une entreprise de taille moyenne ?

Selon le document de la banque publié le 14 février dernier, les entreprises de taille moyenne réalisent un chiffre d'affaires annuel qui se situent entre 50 millions et 500 millions de dollars. Ces firmes emploient entre 200 et 2.000 personnes. Le rapport souligne que ces entreprises de taille moyenne, dans les 14 pays étudiés (433.000 au total), emploient globalement 208 millions de personnes environ (soit la population du Brésil). Elles contribuent à hauteur de 9 milliards de dollars du PIB mondial et génèrent 3.400 milliards de dollars d'exportations.

La France compte assez peu d'entreprises de taille moyenne

Au regard des données mises en avant dans l'étude, la France compte assez peu d'entreprises de taille moyenne (5.637) contrairement à des pays de taille comparable comme l'Allemagne (15.004) ou le Royaume-Uni (9090). Sur les 14 pays étudiés, la France se situe à la neuvième place en 2014 dans une approche en valeur absolue. Le bilan est plus inquiétant lorsque l'on rapporte le nombre d'entreprises de taille moyenne au nombre d'habitants. Dans cette configuration, la France arrive en 13ème position (85 ETM pour 1 million d'habitants) juste devant l'Arabie Saoudite (75 /million d'habitants). À l'inverse, Singapour, les Émirats arabes unis et le Canada arrivent sur les trois premières marches du podium de ce classement.

 [Graphique interactif] Vous pouvez changer d'indicateur grâce au sélecteur situé en bas à gauche du graphique.

Pour la France, la place des très petites entreprises (TPE) et des petites et moyennes entreprises (PME), ainsi que celle des grandes entreprises (GE) dans l'économie peuvent en partie expliquer le retard français.

| Lire aussi : L'économie de la France repose essentiellement sur 3.000 entreprises

Des contributions divergentes selon les pays

Les contributions de ces entreprises à l'activité d'un pays présentent de réelles divergences. Aux États-Unis, la valeur ajoutée de ces firmes étaient évaluées à environ 3.485 milliards de dollars en 2014 contre 2.251 en Chine, 699 milliards en Allemagne, 519 milliards au Royaume-Uni et 404 milliards en France. Le classement de la richesse produite par ces entreprises dans chaque pays ne reflète pas nécessairement le nombre d'ETM implantées sur le territoire. Par exemple, la Chine est le pays qui compte le plus d'ETM (198.528) au monde mais la richesse produite par ces sociétés est bien plus importante aux États-Unis, alors que la première puissance économique mondiale en recense beaucoup moins (33.434).

"Cela signifie que les niveaux de productivité sont bien plus élevés aux États-Unis, puisque les entreprises américaines entre 200 et 2.000 employés sont capables de produire beaucoup plus de richesses que des entreprises de taille similaire en Chine".

Un impact important sur le marché du travail

D'après les résultats de l'étude, plus de 208 millions de personnes travaillent directement pour ce type d'entreprises. Avec les emplois indirects, cela représente 688 millions d'emplois dans les 14 pays retenus dans l'étude de la banque HSBC. En France, ce sont trois millions de personnes employées par ces entreprises, qui contribuent à la richesse du pays à hauteur de 400 milliards de dollars, spécialement dans les secteurs manufacturiers et des services, qui portent à eux seuls un quart de cette contribution (110 milliards de dollars).

Des chefs d'entreprises optimistes

D'après une enquête menée auprès de 1.400 ETM dans les 14 pays, il apparaît que 70% des chefs d'entrepris interrogés sont optimistes sur les prévisions économiques. Sur les trois prochaines années, les entrepreneurs prévoient que la croissance de leurs revenus et leurs marges bénéficiaires augmenteront de 6%, "une amélioration basée sur les performances actuelles (entre 4% et 5% l'année dernière)". Cet optimisme est particulièrement porté par une conjoncture économique mondiale favorable qui reste néanmoins vulnérable.

| Lire aussi : Économie mondiale : la reprise est-elle durable ?

Pour assurer ces prévisions de croissance sur les trois prochaines années, les entreprises de taille moyenne veulent mettre "la priorité sur l'investissement pour améliorer leur compréhension des évolutions du marché [...] améliorer leur efficacité et leur réactivité". Du côté des entreprises françaises, 32% des ETM pensent augmenter leur chiffres d'affaires de 4 à 6% dans les trois prochaines années, contre 21% dans le monde et 32% en Allemagne. Selon Andrew Wild, directeur du marché des entreprises pour l'Europe chez HSBC :

"Les ETM sont essentielles à l'économie et ont le potentiel pour participer davantage à la croissance en se développant sur de nouveaux marchés. En France, les entreprises sont performantes à l'international, et expriment leur volonté de s'exporter de plus en plus, mais elles pourraient faire encore mieux".

Interrogés sur le principal obstacle à la réussite de leur entreprise, les patrons français des ETM relèvent en premier lieu "la réglementation française défavorable aux ETM (54%)". Reste à voir comment le gouvernement pourrait modifier la réglementation en cours au moment de la discussion de la future loi Pacte dans les prochaines semaines.

| Lire aussi : Un pacte pour faire grandir les entreprises

REPÈRES

Une ETI et une entreprise :

  • qui emploie entre 250 et 5.000 salariés ;
  • qui réalise un chiffre d'affaires entre 50 millions et 1,5 milliard d'euros ;
  • qui présente un total de bilan entre 43 millions et 2 milliards d'euros.

En 2015, l'ensemble des ETI françaises ont généré un chiffre d'affaires de 1.165 milliards d'euros.

__________

(*)" Méthode : dans cette étude, sont étudiées les entreprises dont le chiffres d'affaires se situe entre 50 et 500 millions USD. Les estimations de la taille de ce secteur sont basées sur des données publiées en 2014 et des estimations prudentes. Les administrations publiques ainsi que l'éducation et la santé sont exclues de cette analyse car ces secteurs sont soumis à de fortes fluctuations et sont soumis à des régimes de propriétés et réglementaires qui rendent difficiles les comparaisons internationales".

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Commentaires
a écrit le 27/03/2018 à 22:36 :
En retard? 60 ans de retard. En fait, la France n'a jamais meme commence. Paysage economique communiste instaure apres la Guerre. Quand j'ai etabli ma "boite" ici en 2004, je devais payer pour la privilege"d'entreprendre" - charges sociales minimales sans lien au benefices. Incroyable. Et des que l'entreprise immatriculee et donc visible - quelles approches commerciales B2B avais-je recu tout d'abord? Protection Sociale!! Oui, c'est la premiere chose dans la tete de quelqu'un qui etablit une entreprise. Fait vomir. M. Macron a promis de jeter la Code du Travail dans la poubelle et emettre tout simplement un nouveau livre COURT et lisible - nous l'attendons toujours. C'est prevu pour quand? Pour ne mentionner pas le SBA promis par Segolene il y a.......... 11 ans. Nous l'attendons - non, nous n'attendons rien non plus.
Réponse de le 27/03/2018 à 22:46 :
On croit suivre ce que vous dites par moment... et par moment il y a une panne cognitive, une panne électrique, une panne électrostatique... il manque des mots, des phrases et quelques précisions élémentaires... est-ce trop vous demander de faire un effort quand vous tentez de vous exprimer ?
a écrit le 27/03/2018 à 14:09 :
Si vous étiez patron d 'une PME française, vous investiriez dans ce pays quand dans l' Ue à 1000 kms les salaires sont à 400 euros ..? Et lorsque ces pays offrent le moins disant social depuis toujours pour recueillir vos emplois ..?
Dans cette conférence qui met en évidence les illusions économiques de l’Union européenne, Charles-Henri Gallois démonte, toutes preuves à l’appui, les arguments européistes sur les bénéfices de l’UE et de l’euro.

L’UE finance des projets en France
L’UE a encore des marges de manœuvre économique
L’UE protège des marchés concurrents du reste du monde
L’euro nous amène plus de croissance
L’euro nous protège du chômage
L’euro amène une gestion saine des finances publiques
Peurs des conséquences de la sortie de l’euro
Les grands bénéfices attendus du TAFTA
Le TAFTA est une chance pour notre agriculture et notre industrie
Le TAFTA ne remettra pas en cause la puissance étatique et les services publics
Le libre-échange apporte une prospérité mutuelle
La mondialisation heureuse..

https://www.upr.fr/conferences/les-illusions-economiques-de-l-union-europeenne-par-charles-henri-gallois
a écrit le 27/03/2018 à 13:09 :
la" réglementation "qui est invoquée pour justifier les difficultés des entreprises françaises à grandir est en fait une contraction sémantique qui ménage syndicalistes et politiques .
les entreprises petites et moyennes redoutent que le" cancer "syndical s'installe chez elles , et les conduisent aux pires difficultés sociales financières en cas de mauvaise conjoncture économique . elles n'osent pas l'avouer publiquement mais c'est une raison majeure à leur prudence .
et comme un malheur n'arrive jamais seul , toute réussite de développement de l'activité et des effectifs se traduit par des taux de charges sociales plus élevés , et plus de taxes fiscales .
pour résumer , les entreprises qui veulent progresser sont confrontées à une menace de double peine .
pas facile le patriotisme économique en France .
a écrit le 20/02/2018 à 18:23 :
Ce n’est pas judicieux de classer les entreprises par «  leur objectif » que par le «  chiffre d’affaires »

Certaines politiques ( qualité , éthique...)
Empêchent les performances de chiffre d’affaire

Donc il faut classer par rapport aux objectifs de «  base » de chaque entreprise

Et voir ce sinon peut changer pour augmenter le chiffre


En gros c’est soit la qualité pour le consommateur soit le chiffre pour le système mondiale

Lequel choisir ?
a écrit le 19/02/2018 à 17:57 :
Au dessus de 49 Salariés, 70 Normes et Charges Contraintes en plus. Si en plus de mon tel surmenage, pour assurer mon entreprise, et les 49 Familles représentées, je dois subir tout çà, là je " claque ". Je gratifie mon personnel de 15% du bénéfice net annuel, le reste est réinvesti en informatique, robotique, machines-outils, et confort de toute l'enceinte de l'usine, concerté avec le besoin des salariés .
Au delà des possibilités d'heures supp acceptables, je décline bien évidemment des commandes chaque année. Surtout pas dépasser l'effectif de 49.
Réponse de le 20/02/2018 à 8:36 :
Comme je vous comprends!
Réponse de le 20/02/2018 à 20:32 :
Effectivement ces classifications au nombre de personnel sont d'un autre âge et un frein à l'expansion d'entreprises, chat mouillé craint l'eau froide
Il en va des +10 et + 50 mais çà allez le faire comprendre à nos grands esprits savant qui pensent pour les entrepreneurs.
a écrit le 19/02/2018 à 16:40 :
les prévisionnistes sont inquiets pour la fin de l année ! économie virtuelle! un krak ! personne ne peut rassurer !! et nos agriculteurs manifestent au quotidien sans etre relayés par les médias
a écrit le 19/02/2018 à 16:39 :
les prévisionnistes sont inquiets pour la fin de l année ! économie virtuelle! un krak ! personne ne peut rassurer !! et nos agriculteurs manifestent au quotidien sans etre relayé par les médias
a écrit le 19/02/2018 à 16:32 :
Erreur idéologique machronique, ce gouvernement a priorisé la suppression de l'ISF et la lèche aux investissements étrangers plutôt que la baisse des charges des entreprises françaises.
C'est donc une perte de souveraineté choisie plutôt que de favoriser les investissement et acquisitions de entreprises françaises.
Panique à bord, nos technocrates géniaux viennent de réaliser le risque :
https://www.latribune.fr/economie/france/le-gouvernement-renforce-la-protection-des-entreprises-strategiques-francaises-768929.html
Copier le modèle britannique est une totale connerie.
La souveraineté britannique n'est plus, a commencer par leurs industries aux mains d'actionnaires d'étrangers, à un taux bien plus élevé qu'en France.
Les plus grandes fortunes du Royaume-Uni sont russes, indiennes, chinoises, ou irlandaises, exit les britanniques.
Réponse de le 27/03/2018 à 22:59 :
Je peux comprendre votre insigne et signifiante révolte mais il reste, et c'est triste de le dire aussi froidement, mais l'industrie Française est vraiment aux mains des actionnaires et cela depuis fort fort longtemps. Pendant que les présidents Français se pavanent sur la scène internationale comme des paons sans cervelle, qu'il font de la politique comme de la rhétorique, eh bien les Allemands, de leur côté, se ferment la gueule, conçoivent, produisent et exportent pendant que la France glose à plus finir sur la couleur et le sexe des anges si cela pourrait intéresser à peu près tous les insignifiants de ce pays.
a écrit le 19/02/2018 à 16:15 :
1er tableau de bord de l’entrepreneuriat, Business France
Du lourd, 92 pages.
http://www.businessfrance.fr/Media/Default/BlogPost/LIVRET%20ENTREPREUNARIAT_FRBD.PDF
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Une bonne claque au french bashing !
Réponse de le 19/02/2018 à 16:49 :
Page 17 de ce rapport, la France est bien classée dernière européenne pour les taux de marges, sources Eurostat.
Et malgré une petite amélioration ces dernières années, grâce notamment au CICE, nos entreprises sont encore à la ramasse !
La baisse des charges était donc bien urgente et prioritaire !!!!!!!
Les marges insuffisantes limites les investissements, notamment dans l’innovation et la modernisation (dont la robotique), 2 variables clés !

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