Entreprises de taille moyenne, la France en retard ?

Baisse de l’impot sur les societes pour les pme
© Carlos Garcia Rawlins / Reute

Baisse de l’impot sur les societes pour les pme
© Carlos Garcia Rawlins / Reute
(Article publié le 19 février 14h59 et mis à jour le 27 mars à 11h57)
Les entreprises de tailles intermédiaires (ETM) jouent un rôle moteur dans l'économie. Selon une étude de la banque HSBC portant sur 14 pays (*), les entreprises de ce type comptent en moyenne pour 25% du PIB de chaque État. Alors que l'actuel ministre de l'Économie Bruno Le Maire veut faciliter l'accroissement de la taille des entreprises avec la loi Pacte présentée en Conseil des ministres le 18 avril prochain, la place de ces sociétés dans l'économie mondiale est plus que jamais au centre des débats.
Selon le document de la banque publié le 14 février dernier, les entreprises de taille moyenne réalisent un chiffre d'affaires annuel qui se situent entre 50 millions et 500 millions de dollars. Ces firmes emploient entre 200 et 2.000 personnes. Le rapport souligne que ces entreprises de taille moyenne, dans les 14 pays étudiés (433.000 au total), emploient globalement 208 millions de personnes environ (soit la population du Brésil). Elles contribuent à hauteur de 9 milliards de dollars du PIB mondial et génèrent 3.400 milliards de dollars d'exportations.
Au regard des données mises en avant dans l'étude, la France compte assez peu d'entreprises de taille moyenne (5.637) contrairement à des pays de taille comparable comme l'Allemagne (15.004) ou le Royaume-Uni (9090). Sur les 14 pays étudiés, la France se situe à la neuvième place en 2014 dans une approche en valeur absolue. Le bilan est plus inquiétant lorsque l'on rapporte le nombre d'entreprises de taille moyenne au nombre d'habitants. Dans cette configuration, la France arrive en 13ème position (85 ETM pour 1 million d'habitants) juste devant l'Arabie Saoudite (75 /million d'habitants). À l'inverse, Singapour, les Émirats arabes unis et le Canada arrivent sur les trois premières marches du podium de ce classement.
[Graphique interactif] Vous pouvez changer d'indicateur grâce au sélecteur situé en bas à gauche du graphique.
Pour la France, la place des très petites entreprises (TPE) et des petites et moyennes entreprises (PME), ainsi que celle des grandes entreprises (GE) dans l'économie peuvent en partie expliquer le retard français.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Les contributions de ces entreprises à l'activité d'un pays présentent de réelles divergences. Aux États-Unis, la valeur ajoutée de ces firmes étaient évaluées à environ 3.485 milliards de dollars en 2014 contre 2.251 en Chine, 699 milliards en Allemagne, 519 milliards au Royaume-Uni et 404 milliards en France. Le classement de la richesse produite par ces entreprises dans chaque pays ne reflète pas nécessairement le nombre d'ETM implantées sur le territoire. Par exemple, la Chine est le pays qui compte le plus d'ETM (198.528) au monde mais la richesse produite par ces sociétés est bien plus importante aux États-Unis, alors que la première puissance économique mondiale en recense beaucoup moins (33.434).
D'après les résultats de l'étude, plus de 208 millions de personnes travaillent directement pour ce type d'entreprises. Avec les emplois indirects, cela représente 688 millions d'emplois dans les 14 pays retenus dans l'étude de la banque HSBC. En France, ce sont trois millions de personnes employées par ces entreprises, qui contribuent à la richesse du pays à hauteur de 400 milliards de dollars, spécialement dans les secteurs manufacturiers et des services, qui portent à eux seuls un quart de cette contribution (110 milliards de dollars).
D'après une enquête menée auprès de 1.400 ETM dans les 14 pays, il apparaît que 70% des chefs d'entrepris interrogés sont optimistes sur les prévisions économiques. Sur les trois prochaines années, les entrepreneurs prévoient que la croissance de leurs revenus et leurs marges bénéficiaires augmenteront de 6%, "une amélioration basée sur les performances actuelles (entre 4% et 5% l'année dernière)". Cet optimisme est particulièrement porté par une conjoncture économique mondiale favorable qui reste néanmoins vulnérable.
| Lire aussi : Économie mondiale : la reprise est-elle durable ?
Pour assurer ces prévisions de croissance sur les trois prochaines années, les entreprises de taille moyenne veulent mettre "la priorité sur l'investissement pour améliorer leur compréhension des évolutions du marché [...] améliorer leur efficacité et leur réactivité". Du côté des entreprises françaises, 32% des ETM pensent augmenter leur chiffres d'affaires de 4 à 6% dans les trois prochaines années, contre 21% dans le monde et 32% en Allemagne. Selon Andrew Wild, directeur du marché des entreprises pour l'Europe chez HSBC :
Interrogés sur le principal obstacle à la réussite de leur entreprise, les patrons français des ETM relèvent en premier lieu "la réglementation française défavorable aux ETM (54%)". Reste à voir comment le gouvernement pourrait modifier la réglementation en cours au moment de la discussion de la future loi Pacte dans les prochaines semaines.
| Lire aussi : Un pacte pour faire grandir les entreprises
Une ETI et une entreprise :
En 2015, l'ensemble des ETI françaises ont généré un chiffre d'affaires de 1.165 milliards d'euros.
__________
À lire également
(*)" Méthode : dans cette étude, sont étudiées les entreprises dont le chiffres d'affaires se situe entre 50 et 500 millions USD. Les estimations de la taille de ce secteur sont basées sur des données publiées en 2014 et des estimations prudentes. Les administrations publiques ainsi que l'éducation et la santé sont exclues de cette analyse car ces secteurs sont soumis à de fortes fluctuations et sont soumis à des régimes de propriétés et réglementaires qui rendent difficiles les comparaisons internationales".
La pérennisation du dispositif zéro chômeur longue durée à l’épreuve des contraintes budgétaires
Le big bang fiscal des économistes face au péril climatique et économique
« Le système international actuel est ploutocratique » : le scénario choc de Thomas Piketty pour une planète soutenable en 2100
🔴SpaceX, l'Australie contre les droits de douane de Trump, loi de programmation militaire... L'essentiel de l'actualité ce jeudi 4 juin