Exportations : les PME anticipent un accroissement pour 2018

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elon ce baromètre export, 21,5 milliards d'euros d'exportations supplémentaires sont à saisir d'ici fin 2018 pour les entreprises françaises, et 18,2 milliards de plus en 2019.
elon ce "baromètre export", 21,5 milliards d'euros d'exportations supplémentaires sont à saisir d'ici fin 2018 pour les entreprises françaises, et 18,2 milliards de plus en 2019. (Crédits : Benoit Tessier)
Les exportations françaises devraient augmenter en 2018 et 2019, mais les entreprises tricolores veulent surtout consolider leurs positions dans les marchés qu'elles connaissent déjà, souligne une étude publiée mercredi par Euler Hermes.

Les entreprises françaises mettent le cap vers l'international pour 2018. Selon le dernier baromètre Euler Hermes publié ce mercredi 16 mai, 84% des entreprises interrogées veulent augmenter leur chiffre d'affaires à l'export, contre 79% en 2016. Malgré les discours ambiants sur le protectionnisme, "les Etats-Unis et la Chine sont les deux premières destinations vers lesquelles les entreprises françaises souhaitent accroître leurs exportations. Ces deux pays offrent des perspectives de croissance solides cette année et une demande potentielle conséquente"; explique Stéphane Colliac, économiste en charge de la France chez l'assureur.

Les prévisions d'Euler Hermes viennent ainsi corroborer la note de conjoncture de l'Insee publiée à la fin du mois de mars dernier. L'institut de statistiques indique que à la fin du premier semestre 2018, l'acquis annuel "de contribution au PIB du commerce extérieur français serait légèrement positif (+0,2 point)." Une bonne nouvelle pour l'économie française habituée à connaître un commerce extérieur pesant sur la croissance depuis plusieurs années. 

> Lire aussi : Le pire déficit commercial depuis 2011

Renforcer leur position

Avant d'aller conquérir de nouveaux marchés, les entreprises françaises veulent surtout renforcer leurs positions sur les marchés qu'elles connaissent. "En effet, seuls 39% des répondants affirment vouloir conquérir des nouveaux marchés en 2018, contre 50% en 2016." Les entreprises françaises font le pari de la stabilité précise le communiqué. Elles ciblent plutôt des pays proches situés en Europe. Dans le classement des Etats d'exportation privilégiés, figurent l'Allemagne, l'Espagne, la Belgique et le Royaume-Uni. L'étude met également en avant un intérêt grandissant pour quelques pays d'Afrique francophone (Maroc et Côte d'Ivoire). 

Risques d'impayés

De manière générale, les risques signalés par les entreprises sont perçus comme plus faibles que lors de l'enquête de 2016 (28% contre 25%). Parmi les risques cités, l'impayé demeure la crainte principale (58%), viennent ensuite le risque de change (55%) et le risque lié au transport (42%). Les aléas liés à la situation politique (confiscation, expropriation ) arrivent en quatrième position.

Du côté des principaux freins rencontrés à l'export, les chefs d'entreprise indiquent d'abord les coûts de transport (49%), puis le manque d'information financière sur les clients (47%), le manque de collaborateur dédié (44%) ou le manque d'information sur la zone d'exportation (34%).

Favoriser l'export plutôt que l'implantation

Le chef économiste d'Euler Hermes Ludovic Subran a expliqué, lors de la conférence de presse, que le baromètre "réserve une surprise de taille : 72% des entreprises interrogées privilégient l'export à l'implantation locale. Elles étaient 64% en 2016 et surtout, c'est la première fois que le Site France est autant mis en avant dans la stratégie d'internationalisation des entreprises".

Pour financer leurs exportations, elles sont prêtes à puiser dans leur trésorerie, et à étendre leurs délais de paiement. "Les entreprises françaises sont prêtes à jouer le rôle de banque invisible pour leurs clients à l'étranger", a résumé Ludovic Subran.

Une conjoncture mondiale favorable

Les projections des PME reposent avant tout sur une conjoncture mondiale favorable. Selon la société d'assurance basée à la Défense, la croissance mondiale devrait s'élever à 3,3% en 2018 et 3,1% en 2019, avec un PIB de 2,3% (2018) et 2% (2019) prévu pour la zone euro. Euler Hermes prévoit "une nouvelle année de croissance du commerce mondial tant en valeur (+8,4%) qu'en volume (+4,4%) en 2018."

Les principaux débouchés devraient provenir de l'Union européenne avec 4 milliards d'euros à saisir en Allemagne, 2,2 milliards d'euros en Italie, 1,7 milliard euros en Espagne et 1,6 milliard d'euros en Belgique. "La Chine (2,2 milliards d'euros) et les États-Unis (1,6 milliard d'euros) feront également partie des destinations à privilégier pour les entreprises tricolores."

Manque de clarté dans la stratégie du gouvernement

Si les économistes de la compagnie d'assurance saluent quelque-unes des mesures du gouvernement d'Edouard Philippe, Ludovic Subran note un manque de clarté dans la stratégie de l'exécutif pour améliorer les performances du commerce extérieur.

"Les réformes mises en œuvre et annoncées sur la compétitivité et l'emploi semblent aller dans le bon sens, et redonnent envie de produire en France pour exporter"

Il déplore que le relèvement des seuils pour la certification aux comptes pour les entreprises, envisagé dans la loi Pacte, n'est pas forcément une bonne nouvelle pour garantir la confiance. 

> Lire aussi : Loi Pacte : quels sont les leviers pour faire grandir nos entreprises ?

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Commentaires
a écrit le 18/05/2018 à 17:21 :
De toute façon vu la position des etats unis et des autres pays cela ne va pas durer et avec le conflit d'israel les choses vont se gater
a écrit le 18/05/2018 à 11:08 :
OK, l'étude montre que les entreprises françaises préfèrent l'export à l'implantation locale ... et c'est bien là que le bât blesse: l'une des raisons du succès des sociétés allemandes "à l'export", c'est bien que les German Centers (équivalent allemand de Business France) poussent pour des implantations sur place - et notamment dans les régions ou pays dits "émergents" ou "en développement". L'export pur (direct ou via distributeur) ne se traite qu'entre pays "développés" ... et encore: ce sont les offsets que les autorités françaises doivent privilégier comme voie de développement international de nos ETI et PME. Sans contrepartie, point de salut.
Réponse de le 18/05/2018 à 17:25 :
@Bob 18/05/2018 11:08
Je présume que vous avez raison sur la façon de procéder de nos amis allemands.
En tout cas et cela a l'air logique, pour vendre (et donc exporter), il me semble très utile et même primordial pour les sociétés d'avoir une représentation locale mais cela demande peut-être de changer la mentalité. Il faut investir en argent et en temps car il faut trouver les bons "distributeurs".
Cordialement
a écrit le 17/05/2018 à 23:53 :
Encore une mauvaise nouvelle pour les Cassandre !

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