A cinq mois des prochaines élections, les président(e)s de région, réuni(e)s en congrès le 19 octobre, ont multiplié les propositions en matière de décentralisation. Présent, le Premier ministre Jean Castex leur a adressé une réponse polie.Valérie Pécresse a lâché ses coups. "Nous n'avons pas vocation à être les sous-traitants de l'Etat, ni son tiroir-caisse", a asséné, le 19 octobre en plein congrès des régions, la présidente du conseil régional d'Ile-de-France au Premier ministre Jean Castex. Candidate officieuse à sa réélection en mars prochain avant, sans doute, de se présenter à l'élection présidentielle de 2022, Valérie Pécresse a appelé à "régionaliser la relance". "Nous souhaitons être le co-pilote, l'amplifier", a-t-elle ajouté.
"Sans relais locaux, le gouvernement irait dans le mur",a poursuivi la présidente de région."Notre République est une et indivisible. Unité ne signifie pas uniformité et indivisibilité ne signifie pas invisibilité", a-t-elle encore martelé.
"Régionalisons Pôle Emploi !" (Pécresse)
Comme ses collègues réunis l'an dernier à Bordeaux, la présidente de la région Ile-de-France a déclaré vouloir toujours plus de compétences en matière économique. "J'incite le gouvernement à muscler les régions sur l'emploi, la formation professionnelle. Régionalisons Pôle Emploi !", a-t-elle exhorté. Cette demande risque toutefois de rester sans réponse tant les gouvernements successifs s'y opposent sans relâche.
Valérie Pécresse souhaiterait également, et c'est inédit, mettre la main sur les organismes de l'Etat en matière de transition écologique: "Régionalisez l'Agence nationale pour la rénovation urbaine ! Pourquoi ne pas régionaliser l'Ademe ? [Agence pour la transition écologique, Ndlr]" a-t-elle encore plaidé devant le chef du gouvernement.
"Je sais pouvoir compter sur votre plein engagement" (Castex)
En retour, Jean Castex s'est contenté de rappeler aux présidents de région de "veiller à ce que les accords régionaux de relance soient en parfaite adéquation" avec les trois axes du plan de relance: transition écologique, compétitivité, cohésion sociale et territoriale.