GL Events peut-il s’en sortir ?

Denis Lafay
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Photo d'illustration
Victor Pires

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Un chiffre d'affaires consolidé au premier semestre de 266,8 millions d'euros (contre 595,9 pour la même période 2019) et un résultat opérationnel de - 43 millions d'euros (73,3 millions d'euros un an plus tôt), l'ensemble des métiers du groupe actant un même recul abyssal d'activité (de 42% à 69%), et des perspectives au second semestre faisant elles-mêmes froid dans le dos - le volume d'activité annuel escompté est de 600 millions d'euros, pour une perte de 50 millions - : le cru 2020 de GL Events, leader mondial de la filière événementielle, s'annonce d'ores et déjà effroyable. Surtout rapporté à un exercice 2019, exceptionnel, au cours duquel le colosse cornaqué par Olivier Ginon avait produit un chiffre d'affaires de 1,173 milliards d'euros et un Ebitda de 185 millions d'euros - en hausse respectivement de 13% et 23%. La métaphore du château de cartes patiemment érigé et qui brutalement se désintègre est sur toutes les lèvres. GL Events n'est bien sûr pas le seul acteur de la filière dévasté par l'ouragan.
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Une filière, chiffrait une étude d'EY publiée en 2019, qui produit 380 000 événements "corporate" accueillant 52 millions de visiteurs (dont 44% d'étrangers), qui sollicite 335 000 emplois non délocalisables, d'où ruissellent 32 milliards d'euros de retombées économiques. Et qui, en 2018 selon l'Union française des métiers de l'événement (Unimev), a généré un chiffre d'affaires de 65 milliards d'euros. Deux ans plus tard, détaille Bertrand Biard, président de Lévénement, association d'acteurs de la communication événementielle, au moins 70% des salons, congrès ou colloques auront été annulés - certains reportés -, 80% des entreprises devraient licencier jusqu'à 30% de leurs effectifs. Olivier Roux, président de l'Unimev - et... co-fondateur et vice-président de GL Events -, refuse de chiffrer l'impact sur les emplois, mais corrobore la tendance des annulations et la grande vulnérabilité des TPE - PME étranglées par leur trésorerie.
Denis Lafay