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ÉconomieFrance

La Banque de France va réviser sa prévision de croissance pour 2023 à la hausse

latribune.fr

Publié le 01 septembre 2023 à 07:58 - Mis à jour le 01 septembre 2023 à 14:43

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La Banque de France prévoit de relever sa prévision de croissance, jusqu'ici fixée à 0,7% pour l'année 2023, lors de la prochaine actualisation de ses projections macroéconomiques, le 18 septembre. Pour l'instant, l'exécutif, lui, table sur une croissance de 1% du PIB cette année.

[Article publié le vendredi 01 septembre 2023 à 09h58 et mis à jour à 10h41] La Banque de France va prochainement réviser « un peu à la hausse » sa prévision de croissance pour la France en 2023, jusqu'ici fixée à 0,7%, a indiqué à Paris son gouverneur François Villeroy de Galhau, ce vendredi 1er septembre.

«Si on regarde le reste de la zone euro et particulièrement l'Allemagne, l'économie française résiste mieux aujourd'hui que la plupart de ses voisins», a-t-il expliqué lors d'un petit-déjeuner organisé par l'Association des journalistes économiques et financiers (Ajef).

La Banque de France prévoit donc de relever sa prévision de croissance lors de la prochaine actualisation de ses projections macroéconomiques, le 18 septembre. Elle pourrait ainsi se rapprocher, voire rejoindre la prévision de croissance du gouvernement, qui table sur une progression de 1% du PIB en 2023. Les propos du gouverneur interviennent au lendemain de la confirmation par l'Insee d'une croissance inespérée de 0,5% du PIB français au deuxième trimestre.

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Avec ce chiffre, l'acquis de croissance à mi-2023 atteint déjà 0,8%, ce qui signifie que la croissance annuelle du PIB sera au moins équivalente à ce chiffre même si l'activité stagne au deuxième semestre.

À

 moins de deux semaines de la prochaine réunion de la Banque centrale européenne (BCE), le banquier central français a également estimé que cette institution était « proche ou très proche » du « point haut » de ses taux d'intérêt, sans cesse relevés depuis 2022 pour tenter de juguler l'inflation dans la zone euro. Celle-ci est restée stable en août à 5,3%, comme en juillet, malgré une décrue des tarifs de l'énergie et un léger ralentissement de la flambée des prix alimentaires, a annoncé Eurostat, jeudi 31 août.
«S'agissant des principales composantes de l'inflation de la zone euro, l'alimentation, alcool & tabac devrait connaître le taux annuel le plus élevé en août (9,8%, comparé à 10,8% en juillet), suivi des services (5,5%, comparé à 5,6% en juillet), des biens industriels hors énergie (4,8%, comparé à 5,0% en juillet) et de l'énergie (-3,3%, comparé à -6,1% en juillet)», détaille-t-on.

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Une inflation de nouveau à la hausse

Les données publiées jeudi marquent une pause dans le ralentissement de l'inflation qui s'était poursuivi de façon ininterrompue depuis mai. En cause, les prix de l'énergie qui continuent de reculer par rapport aux très hauts niveaux atteints l'an dernier, mais de façon moins marquée que les mois précédents. Leur baisse s'est limitée à 3,3% en août, contre 6,1% en juillet.

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L'inflation dans les 20 pays partageant la monnaie unique a été divisée par deux depuis le record de 10,6% atteint en octobre 2022 quand les effets de la guerre en Ukraine sur les prix du gaz et du pétrole se faisaient sentir à plein. Néanmoins, le chiffre annoncé jeudi demeure supérieur aux anticipations des analystes de Factset et Bloomberg qui tablaient en moyenne sur un ralentissement à 5,1%.

Une nouvelle hausse de taux en perspective ?

Difficile, dans ce contexte, d'anticiper un desserrement de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) qui s'est fixée comme objectif de ramener l'inflation à 2%. Les taux d'intérêt devront être fixés « à un niveau suffisamment restrictif aussi longtemps que nécessaire » pour ramener l'inflation à sa cible, a ainsi martelé sa présidente Christine Lagarde lors du forum de la Fed américaine à Jackson Hole, dans le Wyoming.

L'institution a augmenté ses taux neuf fois de suite depuis juillet de l'an dernier, portant à 3,75% le taux sur les dépôts excédentaires des banques, qui fait référence. Fin juillet, la BCE avait toutefois ouvert la porte à une possible pause dans les mois à venir, ce qui dépendra des données économiques disponibles.

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BCE : jusqu'où porter les taux pour ramener l'inflation à 2% ? Et faut-il s'accrocher à cet objectif ?

Jeudi, les vingt-cinq membres du conseil des gouverneurs de la BCE à l'unanimité ont « soutenu l'augmentation des taux de 25 points de base » tandis qu'« une préférence a également été initialement exprimée pour ne pas augmenter les taux », selon le compte-rendu de sa réunion publié jeudi.

La raison invoquée autour de la table par des gardiens de l'euro : des risques de voir les effets des décisions de politique monétaire finir par détériorer l'activité économique. Les taux élevés ont déjà conduit à renchérir sensiblement les coûts d'emprunt et à tarir les flux de crédit, tandis que la croissance s'affiche en berne, le tout étant censé faire baisser l'inflation.

Avant de décider d'arrêter de serrer la vis du crédit, la BCE aura « besoin de signes plus clairs ». Avant la prochaine réunion des banquiers centraux européens le 14 septembre, « nos options sont ouvertes » entre nouvelle hausse des taux ou statu quo, a déclaré le gouverneur de la Banque de France.

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La croissance « pas extraordinaire » en fin d'année ?

Les prévisions que présentera l'Insee la semaine prochaine pour la croissance économique des troisième et quatrième trimestres en France « ne seront pas extraordinaires », a indiqué le directeur général de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), ce vendredi.

Interrogé par BFM Business sur le bon chiffre de la croissance au deuxième trimestre, avec une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 0,5% (après une croissance nulle au premier trimestre), Jean-Luc Tavernier a remarqué qu'il ne faudrait pas « verser dans un excès d'optimisme : il ne faut pas croire que 2% en rythme annuel, c'est la nouvelle normalité ».

Il a observé que ce bon trimestre avait été porté par différents « phénomènes conjoncturels, qui se sont conjugués », et un premier trimestre de comparaison sans croissance, notamment en raison des grèves contre la réforme des retraites. L'Insee présentera jeudi prochain ses prévisions de fin d'année. Le directeur général a prévenu que « selon toute vraisemblance, le troisième trimestre serait moins bon que le deuxième ». Et ce qui sera annoncé pour l'ensemble de la fin d'année « ne sera pas extraordinaire », a-t-il averti.

Interrogé sur la possibilité que le PIB recule même au troisième trimestre, comme commencent à l'envisager certains économistes, il a botté en touche : « Je ne sais pas, je ne sais pas, il sera moins bon que le T2, c'est probable », a-t-il répété. « On a eu pendant des années un climat sur l'activité et l'emploi très positifs et supérieur à la moyenne historique. Maintenant, on est proche de cette moyenne »", a-t-il noté.

Il a observé que les taux de marge des entreprises étaient un point et demi au-dessus de leur tendance depuis le milieu des années 2010, à 33,7% au lieu de 32%, mais de manière « irrégulière » selon les branches.

(Avec AFP)

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