« On a besoin de redonner aux jeunes une image positive de l'industrie », (Christophe Lerouge, IMT Atlantique)
Frédéric Thual
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... de l’IMT Atlantique qui se voit « comme un dirigeant d’ETI ».
LA TRIBUNE - Spécialiste des politiques publiques industrielles, de l'innovation, de la formation professionnelle et de d'emploi, vous avez été nommé en mai 2022 à la tête de l'école d'ingénieur IMT Atlantique, présente à Nantes, Rennes et Brest, quelles sont les conditions de la réussite de la réindustrialisation en France ?
Christophe LEROUGE - Quand vous discutez avec les industriels, la première chose qu'ils disent, c'est qu'ils ont besoin de personnels et de compétences. C'est là où interviennent les écoles d'ingénieurs. On croit évidemment à nos formations d'ingénieurs, on croit à la force de l'industrie et on a aussi besoin de redonner aux jeunes une image positive de l'industrie... Leur dire qu'on peut contribuer à la transformation de la société et donc les formations d'ingénieurs qui permettent d'y contribuer. L'industrie est aussi en compétition au niveau international. Pour une entreprise, gagner des points de compétitivité face à la concurrence, c'est aussi lié à la capacité à innover, à créer de nouveaux produits, à faire de la recherche et nous, en tant qu'établissement d'enseignement supérieur et de recherche, nous y contribuons. A travers nos laboratoires de recherches liées à l'industrie, à travers l'innovation produite, les transferts de technologies et la création de startups, on est en capacité, à notre échelle, de participer à cet effort de développement technologique et de redynamisation d'une filière industrielle.
Un étudiant de Centrale Supélec publiait récemment sur les réseaux sociaux sa lettre de démission parce qu'il disait ne plus se reconnaître dans le cursus face aux enjeux climatiques. Quelle est votre réaction ?
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De tout temps, on a eu ce genre de réaction. Pour moi, c'est un peu radical de démissionner. Cela dit, sur le fond, quand on est directeur d'école, ce genre de choses nous interpelle. J'ai fait la rentrée, il y a quelques jours et j'ai dit à nos étudiants, vous êtes en droit de nous interpeller, de nous dire ce que vous pensez... Le dialogue est important, mais il faut aussi que l'on réagisse. La question de repenser nos formations est essentielle pour intégrer beaucoup plus. Sans faire de greenwashing, les questions de transition énergétique sont une de nos priorités inscrites dans notre plan stratégique. C'est compliqué dans une école d'ingénieurs dont l'ADN est de travailler sur la technologie et de former les gens qui vont travailler dans l'industrie. Cela veut dire qu'il faut aussi être en capacité dans les formations de se réinterroger sur les modèles économiques, sur la signification de faire de la croissance, sur ce que veut dire la protection de l'environnement... Nous avons développé un département de sciences humaines et sociales au sein d'IMT Atlantique, qui travaille sur les questions d'acceptabilité, de prise en compte des questions environnementales... Je ne dis pas que l'on fait tout bien mais on essaie d'avancer.
Frédéric Thual
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