Ces métiers qui (eux aussi) pourraient nous sauver de la crise climatique
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T La Revue n°13
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Voilà bien deux mots qui paraissent mal assortis... Il faut dire que l'on associe d'ordinaire l'ingénierie aux projets industriels, moteurs de croissance par excellence. Mais au sein même des pépinières d'ingénieurs les plus réputées, une voie alternative fait de plus en plus de bruit. Et si ces diplômes prestigieux soutenaient une autre cause que celle de l'économie du marché et de la course au high-tech ? Et si ces hauts niveaux de qualification étaient mis au service de « solutions techniques sobres et durables », pour citer le discours très remarqué d'un étudiant, Clément Choisne, lors de la cérémonie de remise de diplômes de Centrale Nantes en 2018. Près de Budapest, en Hongrie, un laboratoire d'expérimentation et de recherche « décroissant » est devenu le repère de ces jeunes diplômés désireux de réinventer leur métier. Cargonomia, cofondé en 2012 par l'ingénieur français Vincent Liegey, propose des stages au programme surprenant : travail de ferme, mise en pratique de techniques d'agroécologie, distribution de paniers de légumes, et surtout, une bonne dose d'échanges et de réflexions sur le monde de demain. Alors, concrètement, ingénieur en décroissance, quésako ? Encore au stade larvaire, le métier consiste à concevoir des objets, systèmes, techniques ou services moins voraces en énergie et moins polluants. Les domaines d'application sont multiples : la permaculture, l'agroforesterie urbaine, les vélos-cargos et tout ce qui a trait à la low-tech en général.
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Il y a ceux qui veulent prévenir le désastre, et ceux qui veulent en guérir les symptômes. S'il s'avère impossible de réduire les émissions de gaz à effet de serre à temps pour endiguer le réchauffement climatique, certains scientifiques ont un plan B : la géo-ingénierie. Mise en avant pour la première fois en 2006 par le météorologue néerlandais Paul Crutzen, cette approche repose sur un arsenal de techniques à grande échelle, imaginées pour modifier artificiellement le climat terrestre. Elle se divise en deux méthodes principales : d'une part la filtration partielle du rayonnement solaire et, d'autre part, la capture et la séquestration de CO2. La première a pour but de refroidir la planète en renvoyant dans l'espace, à l'aide de différentes méthodes, une part plus importante des rayons solaires arrivant dans l'atmosphère. Dénoncée par certains comme une pratique digne d'apprentis sorciers, la géo-ingénierie solaire fait l'objet de nombreuses publications scientifiques visant à démontrer les risques considérables qui y sont associés. Quant à la capture du dioxyde de carbone, elle consiste à extraire le carbone émis en sortie de centrales à gaz ou à charbon, puis à le stocker dans le sol, les océans ou la végétation. Jugée moins hasardeuse, elle doit néanmoins encore faire ses preuves. Les divers projets expérimentaux menés jusqu'ici se sont avérés excessivement coûteux et peu efficaces. Il reste donc du travail !