Brexit : Johnson brandit le risque de "paralysie" en cas de défaite jeudi

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Manchester, le 10 décembre 2019. Boris Johnson, en discours de campagne pour les élections législatives anticipées, qui se tiendront ce jeudi.
Manchester, le 10 décembre 2019. Boris Johnson, en discours de campagne pour les élections législatives anticipées, qui se tiendront ce jeudi. (Crédits : Reuters)
Un sondage publié mardi soir par l'institut Yougov donne toujours gagnant, avec une petite majorité de 28 sièges, le dirigeant conservateur. Mais l'écart avec l'opposition travailliste ne cesse de se réduire.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a mis en garde, mardi, contre le risque d'une nouvelle "paralysie" du Brexit en cas de victoire jeudi aux législatives de l'opposition travailliste, alors que son avance dans les sondages se réduit nettement en fin de campagne.

Lire aussi : Brexit ou nouveau référendum ? Voici les 3 scénarios du vote crucial de ce jeudi

Un sondage publié mardi soir par l'institut Yougov donne toujours gagnant, avec une petite majorité de 28 sièges, le dirigeant conservateur. Il semble en passe de réussir son pari, lui qui a convoqué ces deuxièmes élections anticipées depuis le choc du référendum sur le Brexit en 2016 afin d'obtenir la majorité nécessaire pour sortir le Royaume-Uni de l'Union européenne au 31 janvier.

Mais l'écart avec l'opposition travailliste ne cesse de se réduire: la formation de Boris Johnson était auparavant créditée d'une majorité plus confortable de 68 sièges, dans un Parlement qui en compte 650. Ces projections n'excluent d'ailleurs "absolument pas la possibilité d'un parlement sans majorité" en raison de la marge d'erreur, souligne l'institut dans son communiqué.

Alors que la campagne entrait dans ses dernières heures, les deux principales formations politiques britanniques s'échangeaient leurs derniers coups pour rallier de précieux électeurs qui pourraient bien faire basculer le scrutin de jeudi.

Le Labour n'a pas manqué de reprocher à Boris Johnson les dégâts causés au système public de santé (NHS) par neuf ans de politique d'austérité conservatrice, quand il s'est montré embarrassé lundi devant la photo d'un enfant de quatre ans étendu sur le sol d'un hôpital en attendant d'être traité.

"Je ne blâme pas les infirmières. Je ne blâme pas les médecins. Je ne blâme pas les services de santé", a déclaré mardi le leader du parti travailliste Jeremy Corbyn. "Je blâme le gouvernement qui a sous-financé notre NHS".

Autre coup dur pour le chef du gouvernement, il a été accusé, mardi, de récupération politique de l'attentat meurtrier de London Bridge par David Merrit, le père de l'une des victimes, pour avoir promis un durcissement sécuritaire.

"Désastreux" Corbyn

En campagne dans le centre de l'Angleterre, en terre pro-Brexit, le Premier ministre s'est lancé dans une virulente critique de Jeremy Corbyn, qui veut négocier un nouvel accord avec l'Union européenne et le soumettre à référendum avec comme alternative le maintien dans l'UE.

"C'est grotesque. Pire, ce serait désastreux", a-t-il jugé lors de cet événement où il s'est mis au volant d'un engin de chantier pour démolir un faux mur de briques indiquant "blocage. [...] Soit nous allons de l'avant (en réalisant le Brexit) soit c'est encore la paralysie".

Le Premier ministre a mené campagne avec pour seul message de réaliser le Brexit, qui a plongé le Royaume-Uni dans une profonde crise politique et reste dans l'impasse trois ans et demi après le vote des Britanniques à 52% en faveur d'une sortie de l'UE.

Fidèle à sa tactique habituelle, Boris Johnson a aussi insisté sur la confusion au sein du Labour, patente le matin même. Le spécialiste travailliste des questions de Santé, Jonathan Ashworth, a jugé "désespérées" les chances de victoire de son parti, et mis en cause la personnalité de M. Corbyn, chef très à gauche de la formation, dans une conversation privée qui a fuité sur un blog politique pro-Brexit, Guido Fawkesun. Selon lui, les électeurs "ne peuvent pas supporter Corbyn et pensent que le Labour a bloqué le Brexit".

Des propos tenus sur le ton de la "plaisanterie", s'est défendu M. Ashworth au micro de la BBC, mais qui tombaient mal.

Ce député Labour "pense que le chef de son propre parti présente un risque pour la sécurité" du pays, a martelé M. Johnson.

Avec un scrutin qui s'annonce serré dans de nombreuses circonscriptions, les travaillistes cherchent à combler leur retard. Mais si Boris Johnson ne réussit pas son pari d'obtenir une majorité absolue, ils pourraient s'allier avec des petits partis pour diriger le pays.

Lire aussi : Brexit : les Britanniques se ruent par millions pour s'inscrire sur les listes électorales

Ils ont mené une campagne très à gauche, fondée sur la défense des services publics, notamment le NHS auquel les Britanniques sont très attachés.

Après le Brexit, le système de santé est la deuxième préoccupation des électeurs. Selon une étude de l'institut YouGov, cette question est vue comme le principal point fort du programme travailliste, qui prévoit des dépenses massives pour l'améliorer.

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a écrit le 12/12/2019 à 11:21 :
Une paralysie ? Chouette encore deux ans de report de plus ! L'UE ne pourra jamais l'encaisser ses politiciens tellement faibles sont déjà rincés...
a écrit le 12/12/2019 à 11:21 :
Une paralysie ? Chouette encore deux ans de report de plus ! L'UE ne pourra jamais l'encaisser ses politiciens tellement faibles sont déjà rincés...
a écrit le 11/12/2019 à 14:13 :
Les Tories ont inventé le Brexit pour rejeter sur la CE toutes les fautes de leurs gouvernement cupide, de leurs privatisations catastrophiques dans le rail, les infrastructures, la distribution d'eau, électricité...etc.... Des milliers de sous traitants ont étés ruinés par Jarvis et autres, pas d’investissement, des écoles en lambeaux, une sécurité défaillante...Des centaines de dirigeants empochant des fortunes pour s'acheter les yachts qui pullulent sur la Méditerranée.... Un système de santé lamentable : je me rappelle de grands hôpitaux de Londres avec des parkings payant à deux km à la ronde au profit unique de ces hôpitaux en manque de moyens, des salles d'attente et de soin extrêmement salles, des toubibs qui parlaient très mal anglais .... Des millions de personnes sont en contrat "Zero Hours", ...et tout est de la faute à Bruxelles ? ....facile !
Trop c'est trop.
Maintenant un Travailliste pur et dur peut remettre les choses en places ...Il est temps d'avoir un vraie alternance chez nos amis anglais !
Réponse de le 11/12/2019 à 14:39 :
"tout est de la faute de Bruxelles ," Euh, oui, catégoriquement ou puisque c' est elle qui pilote tous les pays via les GOPE.

Je vous avais suggéré "les illusions économiques de l' Union européenne" de C H Gallois, responsable économique à l' UPR, je vois que vous n' avez toujours pas fait vos exercices..
Réponse de le 11/12/2019 à 14:51 :
L' alternance chez les anglais ouarf, au canular ! C' est un peu comme si l' alternance de Hollande avait réglé les problèmes de Sarkozy posés par son traité de Lisbonne et Macron (et l' ensemble) avec la feuille de route de Bruxelles, on croit rêver d'une telle désinvolture analytique !

Les anglais ne s' en sortiront que lorsqu' ils pourront décider comme nous et hors UE de leur avenir commun.
a écrit le 11/12/2019 à 11:47 :
Le programme de Corbyn ne peut être mis en place dans le cadre de l'UE, car trop social, mais cela n'empêche pas les plus naïfs de boire ses paroles! Une fois élu, il pourra toujours dire que c'est la faute a Bruxelles et ainsi continuer leur jeu de dupe au détriment du peuple!
Réponse de le 11/12/2019 à 13:42 :
@Belette Je rappel que le grand démocrate Macron avançait en janvier 2018 que si on demandait aux français en mode binaire, on reste on sort, ils voteraient pour quitter l' UE ce qui a motivé de la part de l' UPR du Frexit le communiqué de presse..
=COMMUNIQUÉ DE PRESSE= Macron ayant déclaré sur la BBC que le « "Frexit » est majoritaire parmi les électeurs français, l’UPR lui demande de cesser ses « initiatives européennes » illégitimes et de respecter la démocratie en organisant un référendum sur la sortie de l’UE."

Article repris en anglais hier par Zero Hedge..
a écrit le 11/12/2019 à 11:26 :
Si ca veut dire que Johnson va enfin la fermer, on est preneur.

On peut souligner que même si Johnson retrouvait son siège de PM, son parti étant lui même divisé, il ne pourra pas y avoir de majorité absolue au parlement pour une forme de brexit ou une autre. Sur le sujet de l'Europe, Johnson restera minoritare.

La réalité est les députés remainers ( SNP + LD + Labour+ ...) seront probablement majoritaires de façon absolue à Westminster même si aucun des parti n'est mieux représenté que les torys et donc habilité à prendre la place de PM.

On touche là l'une des limites du système anglais. Le PM peut est élu à l'interieur du parti majoritaire, même si ce dernier est minoritaire dans l'opinion. Et mieux, le PM n'a même pas besoin d'être lui-même membre du parlement.
Johnson, même perdant dans sa circonscription pourrait être élu dans son parti et ré-investi PM.
Réponse de le 11/12/2019 à 11:39 :
Vos pouvez toujours réver. Boris Johnson va gagner et le Brexit est acté. Le Brexit est majoritaire dans l'opinion depuis au moins 5 ans. La démocratie anglaise est bizarre, en effet, mais c'est pas mieux en France où Macron est élu avec 18% des électeurs au premier tour. Il a une majorité de 70% des sièges avec 18 des électeurs. C'est pourquoi il gouverne contre la majorité des Français avec la police - pardon avec la milice
Réponse de le 11/12/2019 à 20:30 :
La victoire des tories est une chose, possible voir probable.

La réélection de Johnson comne député est tout sauf garantie. les sondages le donnent au coude à coude avec le jeune candidat du Labour.

La réelection de Jonhson a la tête du parlement dépendra des résultat de son parti. S'ils se prennent une claque, il ne sera pas reconduit, si Johnson est battu dans sa circonscription, il ne sera pas réelu.

Même s'il était réélu, il n'aura pas, et c'est une certitude, de majorité pour imposer un brexit, qu'il soit aménagé ou dur. Et le parlement se retrouvera dans la position d'impuissance où les brexiteurs l'ont amené il y a trois ans.

Et une fois de plus, personne n'aura la majorité des 2/3 pour imposer un autre scrutin.

Voter Johnson, c'est la version politico-comique du jour sans fin.
a écrit le 11/12/2019 à 11:22 :
Aucun suspens en vue. Ce sera le bojo. Pauvres anglais....
a écrit le 11/12/2019 à 11:21 :
Si ca veut dire que Johnson va enfin la fermer, on est preneur.

On peut souligner que même si Johnson retrouvait son siège de PM, sa majorité n'est que relative. Et son parti étant lui même divisé, il n'y aura pas de majorité absolue au parlement pour une forme de brexit ou une autre. Sur le sujet de l'Europe, Johnson restera minoritare.

La réalité est les députés remainers ( SNP + LD + Labour+ ...) seront probablement majoritaires de façon absolue à Westminster même si aucun des parti n'est mieux représenté que les torys et donc habilité à prendre la place de PM.

On touche là l'une des limites du système anglais. Le PM peut est élu à l'interieur du parti majoritaire, même si ce dernier est minoritaire dans l'opinion. Et mieux, le PM n'a même pas besoin d'être lui-même membre du parlement.
Johnson, même perdant dans sa circonscription pourrait être élu dans son parti et ré-investi PM.
a écrit le 11/12/2019 à 11:04 :
c'est de bonne grace
effectivement, avec corbyn en face, c'est sans nom
les britanniques valent mieux que ca, mais c'est comme les francais avec hollande, faut recolter ce quon a seme
a écrit le 11/12/2019 à 10:52 :
Il est vrai qu'avec Corbyn, ses ambiguïtés dans tous les domaines et son programme démentiel digne d'une autre époque, le Labour n'a aucune chance de gagner (il a fallu un Blair, le modèle de Macron, pour arriver à ratisser assez large). Ce n'est pas pour autant, loin s'en faut, que les tories sont certains de gagner, le bipartisme étant largement révolu au Royaume-Uni. Des bons scores du SNP en Ecosse et des Lib Dem dans certaines circonscriptions seraient susceptibles de priver les tories d'une majorité.
Réponse de le 11/12/2019 à 11:32 :
des tories est qu'il ne sont même pas d'accord entre eux sur la forme de brexit acceptable.

Même avec 68 députés élus sans les voix du parti de Farage les Tories n'ont jamais pu dégager une majorité suffisante. Avec seulement 28 députés d'avance, dont nombre otages des voies de ukip, il serait extraordinaire que le seuil des 326 députés en faveur d'un brexit ordonné, soit atteint à Westminster.
a écrit le 11/12/2019 à 10:03 :
Une paralysie ? Chouette encore deux ans de report de plus ! L'UE ne pourra jamais l'encaisser ses politiciens tellement faibles sont déjà rincés...
Réponse de le 11/12/2019 à 10:44 :
Jusqu'ici c'est l'UE qui a montré une force sereine et une grande cohésion de ses 27 membres (le RU n'a jamais pu s'appuyer sur les hongrois et les polonais), et le Royaume-Uni qui a prouvé son incapacité à même se mettre d'accord avec lui-même. Si Johnson n'arrive pas à obtenir une majorité pour ratifier le dernier accord en date, il ne devra pas y avoir de nouveau report, il faudra au RU choisir entre l'abandon de l'article 50 et le brexit sec, sans accès privilégié au marché de l'UE. Le seul sursis qui serait acceptable serait un sursis pour référendum destiné à trancher une fois pour toutes (référendum à 2 questions : Brexit Oui/Non, si oui à la première question, brexit avec le dernier accord ratifié ou brexit sans accord). Ce cirque n'a que trop duré.
Réponse de le 11/12/2019 à 11:00 :
@ moulin à vent

C'est bien tu as progressé, déjà tu ne promets plus aux anglais la fin du monde, la terre qui s'ouvre en deux sous leurs pieds et de griller pour l'éternité dans les flammes de l'enfer !

On progresse, on progresse allez encore deux ans et tu vas peut-être être raccord... Ils sont sympas de penser à toi ces anglais ingrat qe tu es !

Et si je peux pas et-c...
Réponse de le 11/12/2019 à 13:38 :
Une grande cohésion pour empêcher le geste démocratique des anglais qui veulent "leaver" ? Nous sommes d' accord. L' UE qui n' est jamais d' accord sur RIEN est tjrs d' accord quand il s' agit d' empêcher les anglais de sortir ce qui définit parfaitement le sens des priorités de la grosse machine bruxelloise qui craint uniquement le précédent anglais et de son pouvoir de nuisance ..
Réponse de le 11/12/2019 à 20:27 :
Le cirque a assez duré, en cas de Brexit sans accord le Royaume-Uni en paiera le prix fort et y perdra certainement la majeure partie de son industrie automobile, une partie de son industrie financière, probablement sa participation dans la fabrication des Airbus, entre autres. Mais ça, c'est les britanniques qui l'auront choisi, qu'ils assument. Une fois qu'ils auront bien pris la mesure des conséquences de leur choix inepte, de toutes façons ils finiront par revenir (tout comme ils n'ont adhéré au marché commun non par europhilie mais par pragmatisme, leur économie étant à la ramasse du fait du délitement des relations avec le Commonwealth).
Réponse de le 12/12/2019 à 11:03 :
100 balles si vous voulez instrumentaliser mon commentaire !

IL serait plus simple de ne pas le valider mais visiblement préserver la planète vous en avez rien à faire hein... -_-

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