En mer de Chine, la tension monte d'un cran entre Pékin et Manille
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Pékin a appelé jeudi les Philippines à « prendre des décisions rationnelles » après les récentes initiatives de Manille en mer de Chine méridionale.
Erik de Castro
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Pékin a appelé jeudi les Philippines à « prendre des décisions rationnelles » après les récentes initiatives de Manille en mer de Chine méridionale.
Erik de Castro
[Article publié le jeudi 21 décembre 2023 à 11H52 et mis à jour à 12H32]La tension monte d'un cran en mer de Chine. Pékin a appelé ce jeudi les Philippines à « prendre des décisions rationnelles » après les récentes initiatives de Manille en mer de Chine méridionale visant à contester les prétentions de souveraineté de Pékin.
Ses propos, tenus lors d'une conférence de presse régulière, interviennent après un appel téléphonique entre le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, et son homologue philippin Enrique Manalo. Le chef de la diplomatie chinoise lui a déclaré que leurs relations bilatérales faisaient face « à des difficultés sérieuses » et a jugé Manille responsable de cette situation, selon un compte-rendu publié mercredi soir par le ministère chinois des Affaires étrangères. Un entretien à l'issue duquel Enrique Manalo a, lui, estimé avoir « eu un échange franc et sincère et à la fin de notre appel nous avons eu une compréhension plus claire de nos positions respectives sur un certain nombre de questions », selon le compte-rendu philippin de cet entretien.
Ce jeudi, le président philippin, Ferdinand Marcos, a néanmoins haussé le ton et répondu que les Philippines feront « valoir leurs droits » en mer de Chine méridionale.
Les relations entre les deux pays se détériorent de plus en plus et les incidents en mer de Chine se sont multipliés ces derniers jours entre les deux pays. Il y a dix jours, Manille avait convoqué l'ambassadeur chinois et évoqué la possibilité de l'expulser après de nouvelles confrontations entre navires des deux pays, les plus tendues de ces dernières années. D'après des vidéos diffusées par les garde-côtes philippins, des navires chinois avaient tiré au canon à eau le 10 décembre sur des bateaux philippins en mission de ravitaillement. Une collision entre un navire philippin et un bateau des garde-côtes chinois s'était aussi produite le même jour, les deux pays se rejetant mutuellement la responsabilité de cet incident.
En témoignent les propos du ministre chinois des Affaires étrangères lors de son appel avec son homologue philippin, Enrique Manalo, mercredi : « Les Philippines ont changé leur position politique, renié leurs propres engagements, continué à provoquer et causer des troubles en mer et à porter atteinte aux droits légaux de la Chine », s'est ainsi insurgé Wang Yi, conseillant : « Devant choisir la direction à prendre, les Philippines doivent agir avec prudence ».
Car Pékin estime avoir des « droits historiques » sur la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, y compris des eaux et des îles proches des côtes des pays voisins qui voient transiter aujourd'hui une grande partie du commerce entre l'Asie et le reste du monde. Les pays riverains comme les Philippines, le Vietnam, la Malaisie ou encore Brunei ont ainsi des prétentions concurrentes et chacun contrôle plusieurs îles. La Chine déploie alors un nombre croissant de vaisseaux pour conforter sa position.
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Saisie par les Philippines, la Cour permanente d'arbitrage, une organisation arbitrale basée aux Pays-Bas, avait pourtant rejeté en 2016 les revendications chinoises en les estimant dénuées de fondement juridique. Pékin avait alors dénoncé cette décision, estimant notamment non conforme la procédure philippine auprès de cette juridiction.
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Face aux revendications territoriales de plus en plus véhémentes de la Chine, ainsi que de son influence et de ses capacités militaires grandissantes en Asie-Pacifique, Manille a notamment conclu cette année des accords militaires avec les Etats-Unis et l'Australie, et a convenu d'entamer des négociations en ce sens avec le Japon. Des accords loin de plaire à Pékin. Lors de la collision entre le bateau philippin et le navire chinois, les Etats-Unis avaient déjà exhorté la Chine à mettre fin à ses actions « dangereuses et déstabilisatrices » en mer de Chine méridionale.
(Avec AFP)
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