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La Corée du Nord montre (encore) ses muscles, avec des tirs de missiles de croisière

latribune.fr

Publié le 02 février 2024 à 09:54 - Mis à jour le 02 février 2024 à 09:55

Ce vendredi, le dirigeant de Corée du Nord, Kim Jong Un, s'est rendu dans le chantier naval de Nampho, à 65 km au sud-ouest de la capitale (Photo d'illustration).

Ce vendredi, le dirigeant de Corée du Nord, Kim Jong Un, s'est rendu dans le chantier naval de Nampho, à 65 km au sud-ouest de la capitale (Photo d'illustration).

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Bien décidée à marquer la scène géopolitique internationale, Pyongyang multiplie les démonstrations militaires. Vendredi, la Corée du Nord a procédé à de nouveaux essais d'armes, le pays affirmant muscler ses préparatifs de guerre.

Faut-il prendre les menaces de la Corée du Nord au sérieux ? Coutumière des démonstrations de force, Pyongyang a procédé à plusieurs tirs de missiles de croisière ce vendredi, a déclaré l'armée sud-coréenne. Ces essais balistiques ont été effectués en direction de la mer Jaune, zone stratégique majeure dans la région, les deux Corées se faisant face, sous le regard de Pékin.

«L'armée a détecté de multiples missiles de croisière non identifiés autour de 11h00 (02h00 GMT)», tirés vers la mer au large de la côte ouest de la péninsule, a déclaré l'état-major interarmées sud-coréen, qui a dit surveiller de près «tout nouveau signe d'activité supplémentaire» en Corée du Nord.

Plus concrètement, il s'agit de la troisième série de tirs de missiles de croisière par la Corée du Nord cette semaine, en pleine escalade des tensions entre Séoul et Pyongyang. Mardi dernier, cette dernière avait procédé au tir d'essai de ce qu'elle a présenté comme un missile de croisière stratégique.

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Des essais hors sanctions internationales

Deux jours plus tôt, le dirigeant Kim Jong Un avait personnellement supervisé un test de ce que Pyongyang a affirmé être deux missiles de croisière de nouvelle génération lancés à partir d'un sous-marin. En janvier, la Corée du Nord avait déjà annoncé avoir testé un « système d'armement nucléaire sous-marin » et un missile balistique hypersonique à combustible solide, après une année 2023 marquée par de très nombreux tests d'armement.

Pour quelle raison la communauté internationale ne s'émeut-elle pas de ces tests balistiques ? Les essais de missiles de croisière, qui volent dans l'atmosphère, ne tombent pas sous le coup des sanctions infligées par l'ONU à la Corée du Nord. Et ce contrairement aux missiles balistiques, dont la trajectoire s'effectue essentiellement dans l'espace. Les missiles de croisière, eux, volent à une altitude plus basse que les projectiles balistiques. Résultat, ils sont plus difficiles à détecter et à intercepter.

Si les actions de la Corée du Nord restent, à ce stade, circonscrites à une zone bien définie, force est de constater qu'elles impliquent des acteurs, bien au-delà des frontières des deux Corées. 

Les marines américaine et japonaise ont organisé cette semaine des manœuvres conjointes en mer des Philippines, la Corée du Nord testant (aussi) les nerfs du Japon, avec des essais militaires.

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Rhétorique guerrière accrue

Selon des analystes, Pyongyang pourrait être en train de tester des missiles de croisière destinés à être exportés vers la Russie pour être utilisés dans la guerre contre l'Ukraine. Une théorie soutenue par Séoul, avec l'appui de Washington. Leur intuition ? Permettre à la Corée du Nord d'obtenir une aide technique russe sur son programme de satellite espion.

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Ce vendredi, son dirigeant, Kim Jong Un, s'est d'ailleurs rendu sur le chantier naval de Nampho, à 65 km au sud-ouest de la capitale. Il y a appelé à un renforcement de la marine nord-coréenne « pour défendre de manière fiable la souveraineté maritime du pays et intensifier les préparatifs de guerre », a indiqué vendredi KCNA, l'agence officielle nord-coréenne.

Cette rhétorique guerrière est, évidemment, loin d'être nouvelle, mais elle tend à s'accentuer ces dernières semaines. Le chef de l'Etat a récemment désigné la Corée du Sud comme le « principal ennemi ». En outre, il a dissous les agences gouvernementales dédiées à la réunification et aux contacts avec Séoul, tout en menaçant de déclarer la guerre si son voisin empiétait sur son territoire ne « serait-ce que de 0,001 mm ».

Dans les airs, et sous l'eau

Récemment, les deux pays ennemis ont renoncé à des accords conclus en 2018 pour prévenir les incidents armés, renforcé leur présence militaire à la frontière et procédé à des exercices d'artillerie à munitions réelles près du territoire de l'autre. De son côté, Pyongyang accuse régulièrement la Corée du Sud et les Etats-Unis de préparer une invasion de son territoire.

Durant sa visite à Nampho, Kim Jong Un a reçu des informations sur un « nouveau plan géant » décidé par le Parti unique en matière de forces navales, selon KCNA, qui n'a fourni aucun détail sur le contenu du plan en question. Un sous-marin à propulsion nucléaire figurait sur la liste des armes stratégiques souhaitées par la Corée du Nord lors d'un important congrès du Parti unique en 2021, au même titre qu'une ogive hypersonique, des satellites espions et des missiles balistiques intercontinentaux à combustible solide.

En 2023, la Corée du Nord a lancé ce qu'elle a appelé son premier « sous-marin d'attaque nucléaire tactique ». L'armée sud-coréenne avait alors déclaré à l'époque que ce submersible ne semblait pas opérationnel. En parallèle, des analystes avaient estimé qu'il s'agissait d'une version modifiée d'un sous-marin diesel-électrique, conçu dans les années 1950, mettant ainsi en doute ses capacités.

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Polémique en Corée du Sud avec le « scandale du sac Dior »

Des images tournées en caméra cachée montrant apparemment l'épouse du président sud-coréen Yoon Suk Yeol acceptant un sac à main de luxe suscitent la polémique à deux mois des élections législatives. Appelé « scandale du sac Dior » par les médias locaux, il a fait chuter la cote de popularité déjà très basse de M. Yonn, déclenchant un tollé au sein de son parti qui espérait redevenir majoritaire au sein de l'Assemblée nationale lors du scrutin d'avril.

Que s'est-il passé ? Un pasteur de gauche, en désaccord avec la politique menée par

Yoon Suk Yeol 

avec la Corée du Nord et affirmant s'inquiéter de l'influence de la première Dame sur l'administration, a utilisé une montre-bracelet pour s'enregistrer en train de remettre à Kim Keon Hee un sac d'une valeur de 2.000 euros.

Dans la vidéo, la Première dame, une virulente critique de la consommation de viande de chien et connue pour avoir contribué à la faire interdire, dit au pasteur : « S'il vous plaît, n'achetez pas un article aussi cher que celui-ci ». Mais elle n'apparaît pas en train de rendre le sac dans cette vidéo diffusée pour la première fois l'an dernier par une chaîne YouTube de gauche critique du pouvoir.

Le pasteur a également affirmé lui avoir précédemment offert des produits cosmétiques. Or, accepter des cadeaux d'une valeur supérieure à 750 dollars est interdit pour tout représentant des pouvoirs publics ou leur conjoint. Sollicité par l'AFP, le bureau de la présidence a refusé de faire un commentaire.

Un responsable du bureau de Mme Yoon a cependant déclaré à l'agence de presse Yonhap que le cadeau était « stocké conformément à la réglementation en vigueur ».

Pourquoi maintenant ? Depuis des semaines, le parti au pouvoir tente d'ignorer cet incident. Ni le président ni son épouse ne l'ont évoqué publiquement. En janvier, un membre de la direction du parti au pouvoir, Kim Kyung-yul, a cependant comparé la Première dame à la reine Marie Antoinette, connue pour son fastueux train de vie.

Selon des médias, le président était furieux et voulait le destituer. Des députés ont cependant défendu la femme du président, dénonçant une « campagne de diffamation ». Ce n'est pas la première fois que la Première dame fait l'objet de l'attention de l'opinion publique. Lors de la campagne présidentielle de son époux, elle a été contrainte de s'excuser pour avoir falsifié des documents d'identité.

(Avec AFP)

latribune.fr

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