La guerre va provoquer une récession de -20% en Ukraine, -10% en Russie cette année, selon la Berd
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Sirenes d'alerte en ukraine en amont de pourparlers avec la russie
THOMAS PETER
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Sirenes d'alerte en ukraine en amont de pourparlers avec la russie
THOMAS PETER
La plupart des pays ont déjà anticipé une baisse de leurs prévisions de croissance pour 2022 en raison de la guerre en Ukraine. Les deux principaux concernés, l'Ukraine donc et la Russie, ne vont évidemment pas y échapper. D'après la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), l'économie ukrainienne devrait se contracter de 20% cette année et celle de la Russie de 10%.
Or, ses prévisions, avant le début du conflit, tablait sur +3,5% pour l'Ukraine et +3% pour la Russie.
Autrement dit, le gouvernement ukrainien estime une contraction encore plus forte de son PIB pour cette année. Ioulia Sviridenko, ministre de l'Économie et également vice-Première ministre, a estimé à 102 milliards d'euros la baisse du PIB en 2022, soit une contraction estimée de plus de 55% de l'économie par rapport à 2021, a-t-elle annoncé lundi 28 mars. Le budget de l'État ukrainien risque, lui, d'être amputé de 43,8 milliards d'euros, soit une baisse de près de 90% sur le budget annuel prévu.
La Berd, créée en 1991 pour aider les pays de l'ex-bloc soviétique à passer à une économie de marché (elle a depuis étendu son périmètre pour inclure des pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord), part du principe qu'un arrêt des hostilités sera décidé sous quelques mois suivi d'un effort majeur de reconstruction de l'Ukraine. Selon ce scénario, l'économie de l'Ukraine devrait rebondir de 23% en 2023, tandis que le PIB de la Russie, qui devrait encore subir des sanctions, devrait tout juste se stabiliser avec une croissance nulle.
L'institution prévoit par ailleurs dans ses nouvelles projections que sa zone, hors Biélorussie et Russie, connaîtra une croissance de 1,7% cette année, contre 4,2% anticipé en novembre, avant la guerre, avant une accélération à 5% en 2023.
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La banque avertit néanmoins que ces prévisions sont à considérer au regard d'une incertitude exceptionnellement élevée, « et avec une marge de détérioration élevée si les hostilités augmentent ou si les exportations de gaz et autres matières premières depuis la Russie sont restreintes ». D'après elle, l'économie mondiale fait face au « plus fort choc d'approvisionnement depuis au moins le début des années 1970 ».
« La banque s'attend à ce que la hausse du coût de matières premières alimentaires, ou du pétrole, du gaz et des métaux va avoir un impact profond sur les économies, particulièrement dans les pays en développement », note-t-elle dans son communiqué, car la Russie et l'Ukraine sont des producteurs d'une portion « particulièrement élevée des matières premières, notamment le blé, le maïs, les engrais, le titane et le nickel ».
La ministre de l'Économie ukrainienne a par ailleurs d'ores et déjà chiffré à « 564,9 milliards de dollars » (515,8 milliards d'euros au cours actuel, ndlr) les pertes économiques engendrées par la guerre avec la Russie. À savoir « l'impact direct des destructions » depuis le début de l'invasion russe le 24 février, auquel s'ajoutent « les effets indirects des combats » sur l'économie notamment liés à l'explosion du chômage, à la forte diminution de la consommation des ménages ou encore à la baisse des recettes de l'État.
C'est au niveau des infrastructures que les pertes sont les plus importantes, a indiqué Ioulia Sviridenko, avec « près de 8.000 kilomètres de routes endommagées ou détruites », ainsi que « des dizaines de gares, des aéroports », pour un montant de 108,5 milliards d'euros. Dix millions de mètres carrés de logement et 200.000 voitures ont été détruits en plus d'un mois, a-t-elle ajouté.
Du côté de la Russie, bien qu'il reste encore beaucoup d'inconnues, l'économie « va retourner vingt ou trente ans en arrière en termes de revenus des ménages, et en termes de structure de l'économie », prédisait mi-mars Sergei Guriev, ancien conseiller économique du gouvernement russe et exilé en France - il a notamment travaillé pour la Berd. Selon lui, « Poutine a réussi à détruire l'économie russe en quelques semaines ».
Politiquement, Vladimir Poutine « a raccourci l'espérance de vie de son régime » en raison de cette attaque « mal calculée » contre l'Ukraine, pense Sergei Guriev: Vladimir Poutine est un président « mal informé », qui a « surestimé la puissance de l'armée russe, sous-estimé la résolution des Ukrainiens à se battre, et sous-estimé l'unité de l'Occident ».
Les pays Occidentaux justement ont, pour la plupart, déjà annoncé une baisse de leurs prévisions de croissance pour 2022 en raison de la guerre. Dans ses dernières prévisions en février, avant le déclenchement de la guerre, la Commission européenne avait légèrement revu en baisse sa prévision de croissance du produit intérieur brut (PIB) pour 2022 dans la zone euro, à 4%. Depuis, l'institution a indiqué que ce chiffre devrait être revu à la baisse lors d'une prochaine estimation au printemps, sans prévoir de récession à ce stade. La Banque centrale européenne (BCE) a déjà taillé dans sa prévision de croissance pour la zone euro, l'abaissant à 3,7% pour 2022 (contre 4,2% auparavant).
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Du côté de la France, le PIB français devrait être impacté de 0,5 à 1 point, selon les dernières estimations de la Banque de France. Elle table sur une croissance entre 2,8% et 3,4% contre de 3,6% à 3,9% auparavant. En Allemagne, l'institut économique IFO table désormais sur 2,2% à 3,1% de croissance pour 2022, contre 3,7% jusqu'à présent.
Le gouvernement britannique s'attend, lui, désormais à une croissance de 3,8% cette année, alors que la précédente estimation s'élevait à 6%.
(Avec AFP)
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