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Le prix Nobel d’économie récompense Claudia Goldin pour ses travaux sur la place des femmes sur le marché de l'emploi

latribune.fr

Publié le 09 octobre 2023 à 11:08 - Mis à jour le 09 octobre 2023 à 12:56

Claudia Goldin est la troisième femme a recevoir le prix Nobel d'économie.

Claudia Goldin est la troisième femme a recevoir le prix Nobel d'économie.

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Cette professeure à Harvard, spécialiste du travail et de l'histoire économique, a « fait progresser notre compréhension de la situation des femmes sur le marché du travail », a estimé le jury Nobel, évoquant le travail de « détective » de l'Américaine aujourd'hui âgée de 77 ans. Cette dernière a salué « un prix très important » indiquant néanmoins qu'« il reste de grandes inégalités » entre les genres.

[Article publié le lundi 9 octobre à 13H08 et mis à jour à 14H54] L'égalité homme-femme est à l'honneur cette année. Le prix Nobel d'économie a, en effet, été décerné ce lundi 9 octobre à l'Américaine Claudia Goldin pour ses travaux sur la place des femmes sur le marché de l'emploi. L'économiste était déjà favorite en 2022.

Cette professeure à Harvard, âgée de 77 ans, et spécialiste du travail et de l'histoire économique a « fait progresser notre compréhension de la situation des femmes sur le marché du travail », a annoncé le jury Nobel.

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Egalité entre les femmes et les hommes au travail : la France est-elle bien classée en Europe ?

La nomination de cette économiste porte aussi un fort message politique du jury Nobel sur la considération des femmes dans l'économie.

« Les recherches de Claudia Goldin nous ont donné un aperçu nouveau et souvent surprenant du rôle historique et contemporain des femmes sur le marché du travail », a précisé le jury, soulignant qu'« elle a mis en évidence les principaux facteurs de différences entre les hommes et les femmes » et comment ils ont évolué lors des deux derniers siècles au fur et à mesure de l'industrialisation, avec un déclin du travail des femmes au cours du XIXème siècle.

Entrent en jeu différents éléments : la nature des revenus, les contraintes domestiques et les attentes des femmes. « Ces éléments ont changé d'une génération à l'autre », a souligné le comité Nobel. Longtemps, les jeunes femmes ne s'attendaient pas à avoir une carrière, et ce n'est que récemment qu'elles ont intégré la possibilité d'une carrière longue et active. « Au cours des dernières décennies, les femmes ont été de plus en plus nombreuses à étudier et, dans les pays à revenu élevé, elles ont généralement un niveau d'éducation supérieur à celui des hommes », a fait valoir le jury.

Pour autant, à l'échelle mondiale, environ 50% des femmes participent au marché du travail, contre 80% des hommes, et les femmes gagnent moins et « ont moins de chances d'atteindre le sommet de l'échelle professionnelle », se heurtant au « plafond de verre » a noté Randi Hjalmarsson, membre du comité Nobel.

Le Nobel d'économie est « un prix très important », mais « il reste de grandes inégalités » entre les genres, a, en effet, rappelé auprès de l'AFP l'Américaine. « C'est un prix très important, pas seulement pour moi, mais pour beaucoup de personnes qui travaillent sur ce thème et qui essayent de comprendre pourquoi il reste de grandes inégalités », malgré d'« importantes évolutions », a-t-elle réagi, jointe par téléphone.

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Un travail de «détective»

Pour parvenir à ses conclusions, Claudia Goldin a réalisé un travail minutieux, jamais entrepris auparavant. Elle a fouillé dans les archives et recueilli plus de 200 ans de données sur les Etats-Unis, ce qui lui a permis de montrer comment et pourquoi les différences de revenus et de taux d'emploi entre les hommes et les femmes ont évolué au fil du temps, selon le jury qui évoque un travail de « détective », réalisé avant l'avènement des ordinateurs et d'internet.

Alors qu'historiquement, une grande partie de l'écart de revenus pouvait s'expliquer par des différences d'éducation et de choix professionnels, Claudia Goldin « a montré que l'essentiel de cette différence de revenus se situe aujourd'hui entre les hommes et les femmes exerçant la même profession, et qu'elle survient en grande partie à la naissance du premier enfant », selon le comité Nobel.

Ses travaux ont également démontré que « l'accès à la pilule contraceptive » a joué un rôle important dans l'accélération de l'augmentation des niveaux d'éducation au cours du XXe siècle, en « offrant de nouvelles possibilités de planification de carrière ».

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Reforme des retraites : pourquoi de nombreuses femmes seront perdantes

«Les grands sujets (pour les droits des femmes) diffèrent entre les pays»

Concernant son propre pays, l'économiste s'est dite « personnellement inquiète » par le recul sur les droits à l'avortement aux Etats-Unis, indiquant toutefois qu'elle « ne mélange jamais ou rarement politique et mon travail ». Certaines mesures liées au congé parental dans une récente réforme du gouvernement américain « sont un pas dans la bonne direction », a-t-elle estimé, les qualifiant toutefois d'« une goutte d'eau dans un océan ».

« Les grands sujets (pour les droits des femmes) diffèrent entre les pays », a-t-elle, en outre, expliqué. « Aux Etats-Unis, par exemple, nous nous demandons pourquoi nous stagnons, pourquoi la participation des femmes au marché du travail reste constante depuis les années 1990 et ne commence à progresser que maintenant ». « Le niveau d'éducation des femmes a tellement augmenté, mais à beaucoup d'endroits, leur paye et leur grade (hiérarchique) n'a pas progressé », a-t-elle encore relevé.

Troisième femme à obtenir ce prix

Le prix d'économie a été créé par la Banque de Suède en 1969, soit soixante ans après les cinq prix traditionnels (médecine, physique, chimie, littérature et paix), lui valant chez ses détracteurs le sobriquet de « faux Nobel ». Mais en cinquante quatre ans, seules deux femmes ont reçu ce prix : l'Américaine Elinor Ostrom en 2009 et la Franco-Américaine Esther Duflo en 2019. L'experte du marché du travail, première femme nommée à la tête du département économique de Harvard, devient donc la troisième lauréate de ce prix.

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L'an dernier, le prix était allé à Ben Bernanke, ancien président de la banque centrale américaine (Fed) et ses compatriotes Douglas Diamond et Philip Dybvig, pour leurs travaux sur les banques et leurs sauvetages nécessaires durant les tempêtes financières.

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Cette année, comme les autres Nobel, le prix est doté de 11 millions de couronnes suédoises (920.000 euros), soit la plus haute valeur nominale (dans la devise suédoise) dans l'histoire plus que centenaire du prix.

(Avec AFP)

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