Les hausses des taux pèsent sur l’économie : l’OCDE revoit à la baisse ses prévisions de croissance pour 2024
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En 2023, la croissance mondiale devrait atteindre 3%.
Christian Charisius
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En 2023, la croissance mondiale devrait atteindre 3%.
Christian Charisius
2023 s'annonce mieux que prévu. C'est du moins ce qu'a estimé l'OCDE, ce mardi 19 septembre, en relevant sa prévision de croissance mondiale pour cette année. Elle grimpe ainsi de 0,3 point par rapport aux prévisions de juin de l'institution et devrait donc s'afficher à 3%.
À
commencer par les Etats-Unis dont la croissance pourrait atteindre 2,2%, soit une révision à la hausse de 0,6 point, à la faveur d'un deuxième trimestre vigoureux, indique l'Organisation de coopération et de développement économiques dans un rapport trimestriel sur les perspectives de croissance et d'inflation dans le monde, intitulé Faire face à l'inflation et à la faible croissance.Les principaux pays émergents tirent aussi l'activité économie mondiale à la hausse : la croissance brésilienne est attendue à 3,2% (+1,5 point), l'Inde à 6,3% (+0,3 point), la Russie à 0,8% (+2,3 points), et l'Afrique du Sud à 0,6% (+0,3 point). Parmi les pays des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), seule la Chine voit ses perspectives revues en baisse, à 5,1%, soit un recul de 0,3 point.
Le tableau est nettement moins reluisant en zone euro (les vingt pays à avoir adopté la monnaie unique) « où la demande est déjà modérée », selon l'OCDE. La croissance y est attendue à 0,6% pour cette année, soit un recul de 0,3 point par rapport à juin, plombée par l'Allemagne qui pourrait tomber en récession et l'Italie dont la prévision est amputée de 0,4 point, à 0,8%.
Néanmoins, en France, 2023 s'annonce sous de meilleurs auspices, puisque l'OCDE a relevé sa prévision à 1%, contre 0,8% en juin dernier. Elle s'aligne ainsi sur les anticipations du gouvernement français. Quant à la Banque de France, elle a, elle aussi, revu à la hausse ses projections, lundi passant de 0,7% en juin dernier à 0,9% de croissance désormais, s'accordant ainsi avec celles de l'Insee. La France est notamment portée par des exportations dynamiques au printemps.
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En revanche, la Banque de France comme l'OCDE se montrent moins optimistes pour 2024. Ainsi, l'organisation internationale basée à Paris a revu légèrement à la baisse sa prévision de croissance pour l'année prochaine à 1,2%, contre 1,3% auparavant. La faute, selon elle, notamment à une croissance européenne et mondiale moins vigoureuse. La croissance dans la zone euro devrait en effet s'élever à 1,1%, soit une baisse de 0,4 point par rapport aux prévisions de juin de l'OCDE, de nouveau largement tirée vers le bas par l'Allemagne.
Autre facteur qui tire la croissance française et celle de la zone euro à la baisse : la hausse de taux d'intérêt des banques centrales visant à juguler l'inflation, à l'instar de celle annoncée la semaine dernière par la Banque centrale européenne (BCE). Cette dernière a relevé pour la dixième fois consécutive ses taux. L'institution a, ainsi, augmenté son taux de référence de 25 points de base.
Désormais à 4%, il se situe au plus haut niveau de son histoire. Le taux de refinancement et le taux de facilité de prêt marginal se situent, eux, à 4,50% et 4,75%. Au total, ce dernier relèvement porte à 450 points de base la hausse des taux dans la zone euro depuis plus d'un an. L'objectif, ramener à 2% une inflation qui se situait toujours, en août dernier, à 5,2% sur un an.
Une mission que partage la Réserve fédérale américaine (Fed) qui enchaîne, elle aussi, les hausses de taux pour espérer endiguer l'inflation.
« Un facteur clé façonnant la croissance mondiale est la hausse des taux d'intérêt dans la plupart des grands pays depuis le début de 2022 », résume ainsi l'OCDE.
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En conséquence, au-delà de la France et de la zone euro, c'est la prévision de croissance mondiale qui a été revue à la baisse dans les projections de l'OCDE ce mardi pour 2024 chutant à 2,7%, soit -0,2 point. « L'effet de la politique monétaire restrictive devient de plus en plus visible », insiste ainsi l'Organisation qui ajoute que, de ce fait, « la confiance des entreprises et des consommateurs est orientée à la baisse ».
Néanmoins, le resserrement monétaire opéré par les banques centrales à travers le monde est « nécessaire », a jugé, ce mardi, la cheffe économiste de l'OCDE Clare Lombardelli.
Et de conclure que « la politique monétaire doit demeurer restrictive jusqu'à ce qu'il y ait des signaux clairs » d'une diminution des pressions inflationnistes.
(Avec AFP)
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