Pandémie de coronavirus : les chiffres qui racontent le choc économique et social

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Photo d'illustration. 36,5 millions, c'est le nombre de personnes qui ont pointé au chômage aux États-Unis depuis la mi-mars.
Photo d'illustration. 36,5 millions, c'est le nombre de personnes qui ont pointé au chômage aux États-Unis depuis la mi-mars. (Crédits : Reuters)
Boom des réseaux sociaux et des ventes en ligne, avions au sol, profonde récession, explosion du chômage: voici quelques chiffres clés de la crise planétaire provoquée par le nouveau coronavirus.
  • 3 milliards

3 milliards de personnes ont utilisé au moins une fois par mois au premier trimestre les différents réseaux sociaux de Facebook (WhatsApp, Messenger, etc.), dont l'utilisation a augmenté du fait du confinement et des restrictions de déplacements dans le monde.

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Amazon a embauché 175.000 personnes supplémentaires dans ses entrepôts américains face à une demande accrue. Son patron Jeff Bezos, déjà l'homme le plus riche du monde, a lui-même accumulé 25 milliards de dollars supplémentaires depuis le début de la pandémie, selon le magazine Forbes.

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  • 2023

Le transport aérien ne devrait pas retrouver son niveau de trafic avant cette date, estime l'Association internationale du transport aérien (Iata), qui a recensé 4,5 millions de vols annulés.

Les annonces de plans sociaux se succèdent: 12.000 suppressions d'emplois chez British Airways, 5.000 chez SAS, 2.000 chez Icelandair, 3.000 chez Ryanair, 3.450 chez United Airlines ou encore 3.000 chez Virgin Atlantic.

Lire aussi : British Airways, SAS..., les charrettes de licenciements commencent dans le ciel européen

Des gouvernements se mobilisent pour assurer la survie de compagnies. Air France doit recevoir 7 milliards d'euros, tandis que le groupe Lufthansa négocie avec l'État allemand une aide se chiffrant aussi en milliards.

Lire aussi : Ryanair compare ses concurrents à des "junkies" qui "implorent l'aide" des États

  • 4,8%

C'est la contraction de l'économie mondiale prévue pour 2020 le 15 mai par le cabinet Oxford Economics, qui annonce pourtant un "rebond solide de la croissance" pour la deuxième moitié de l'année. Mi-avril, le FMI anticipait encore une récession planétaire limitée à 3%.

Au Royaume-Uni, la Banque d'Angleterre prévoit une chute de 14% du PIB cette année, tandis que la Commission européenne prévoit -7,7% pour la zone euro.

Lire aussi : UE : la Commission européenne prévoit une croissance en berne

  • 36,5 millions

C'est le nombre de personnes qui ont pointé au chômage aux États-Unis depuis la mi-mars. À 14,7%, le taux de chômage américain est à son niveau le plus élevé depuis 80 ans.

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Une enquête réalisée début mai par Marketplace, une émission d'économie de la radio publique américaine, a révélé que 41% des personnes interrogées ne pourraient faire face à une dépense imprévue de 250 dollars.

Dans plusieurs pays européens, l'explosion du nombre de chômeurs a pour l'instant été évitée grâce à la prise en charge des salaires par l'État (chômage partiel), qui en France concerne plus de 60% des salariés (12,4 millions).

Lire aussi : Le dispositif de prise en charge du chômage partiel n'a pas vocation à durer

  • 2.700 milliards

C'est, en milliards de dollars, le cumul d'un plan de relance annoncé fin mars et d'un plan d'aide aux PME et aux hôpitaux adopté fin avril aux États-Unis.

L'Union européenne devrait présenter d'ici la fin du mois son plan pour mobiliser 1.000 milliards d'euros. Il pourrait être l'élément principal d'un ensemble de mesures faisant aussi appel à l'investissement privé, pour un total de 2.000 milliards.

Sans attendre le plan européen, l'Allemagne a adopté fin mars un plan de près 1.100 milliards d'euros, tandis que la France a mis en place des prêts garantis par l'État pour 300 milliards et un plan d'action pour 110 milliards.

Lire aussi : Le prêt garanti par l'Etat, comment ça marche ?

L'Inde a annoncé un plan de 250 milliards d'euros, soit 10% du PIB, tandis que la Chine débloque 130 milliards d'euros en faveur des PME, qui créent la majorité des emplois.

  • 203 milliards

Ce serait le coût en dollars de la pandémie pour les assureurs en 2020, selon le marché de l'assurance Lloyd's of London.

Cela ferait du Covid-19 l'un des événements les plus coûteux de l'histoire du secteur, avec l'ouragan Katrina ou les attentats du 11 septembre 2001.

Les assureurs perdent sur deux tableaux: ils doivent indemniser particuliers et entreprises pour les voyages ou les grands événements professionnels annulés et voient en même temps leurs portefeuilles d'investissement fondre avec la chute des marchés.

Pressés en France de soutenir les entreprises en grande difficulté, ils répondent qu'indemniser toutes les pertes d'exploitations mettrait "le secteur à terre", selon les mots de Florence Lustman, la présidente de la fédération française de l'assurance.

Lire aussi : Les assureurs français sous le feu des critiques, comment font nos voisins allemands ?

  • 50

C'est le nombre de pays qui avaient, entre début avril et le 6 mai, obtenu des aides d'urgence du Fonds monétaire international (FMI) pour faire face à l'épidémie.

Au total cela représente déjà 18 milliards de dollars de soutien, accordés uniquement à l'aide sociale et économique. Et l'institution internationale a doublé à 100 milliards de dollars ses capacités d'aide d'urgence. Parmi les pays en difficulté: le Nigeria (3,4 milliards), l'Égypte (2,8 milliards), le Pakistan (1,4 milliard) ou le Ghana (1 milliard).

D'autres pays, comme le Chili ou l'Afrique du Sud ont sollicité des prêts massifs auprès de l'institution.

Le FMI et la Banque mondiale ont estimé mi-avril qu'il manquait 44 milliards d'euros à l'Afrique pour lutter contre le coronavirus.

  • 450.000 tonnes

C'est le surplus de pommes de terres en France, premier pays exportateur mondial de la tubercule et fournisseur des géants de la frite industrielle comme le groupe canadien McCain.

La pandémie a fait exploser certaines productions. Celle de papier-toilette par exemple: +31% en mars par rapport en février en Allemagne, ou de pâtes qui pendant le même mois a atteint un "plus haut historique" dans le pays (+72%), selon l'office des statistiques national.

Tendance à la hausse aussi sur certains prix dans la première économie européenne: + 4,8% sur un an en avril pour la nourriture, et même +30% pour les poivrons, pour cause d'approvisionnement plus difficile dans les pays particulièrement touchés par la pandémie en Europe du Sud.

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Commentaires
a écrit le 15/05/2020 à 23:54 :
L'économie mondiale ne reviendra pas à son point initial d'avant la pandémie.
En effet, les déclarations répétées de Donald TRUMP montrent que les USA vont vers un nouveau clash, probablement de type embargo, avec la Chine...
Bref, les USA ont choisi de "stopper" la progression de la Chine et ça va clairement se faire au détriment de l'économie mondiale.
Par ailleurs, cette situation génère déjà des tensions avec une armada considérable de navires de guerre en mer de Chine avec, là aussi, des risques énormes.
Difficile donc d'espérer quoi que ce soit de positif avant les élections US de novembre 2020...
a écrit le 15/05/2020 à 18:39 :
Ne pas faire d'amalgames :
- La Pandémie de COVID-19 est un phénomène naturel, qui fait des milliers de morts
- Le confinement est une décision humaine, qui détruit l'économie
- De plus, la crise financière mondiale actuelle était prévue depuis un an déjà
Le COVID-19 est le coupable idéal, mais gardons nous d'en faire un bouc émissaire pour tous les problèmes de l'humanité

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