Royaume-Uni : le modèle de privatisation des lignes de train a fait son temps, estime le gouvernement

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Le ministre britannique des transports Grant Shapps, le 15 septembre 2020 à Downing Street à Londres.
Le ministre britannique des transports Grant Shapps, le 15 septembre 2020 à Downing Street à Londres. (Crédits : Reuters)
Le gouvernement britannique ne veut plus donner carte blanche aux opérateurs privés et souhaite, notamment, fixer des objectifs de performance plus stricts qu'auparavant. Le Royaume-Uni espère ainsi mettre fin à la longue série de ratés qui ont émaillé l'histoire de la privatisation des chemins de fer. Ce nouveau modèle est toutefois temporaire, le temps de basculer vers un système plus pérenne.

Le gouvernement britannique a annoncé ce lundi une réforme de son modèle de privatisation des lignes de train en décidant de mettre fin aux franchises privées et de les remplacer par des contrats de concession avec une plus grande implication des pouvoirs publics.

"Le modèle de privatisation adopté il y a 25 ans a vu des hausses importantes du nombre de passagers mais cette pandémie a prouvé qu'il ne marchait plus", a déclaré le ministre des Transports Grant Shapps dans un communiqué.

La gestion des lignes de train ne se fera plus par franchises, qui donnaient l'entière gestion aux opérateurs privés, mais est régie à partir de ce lundi par de nouveaux contrats de type concession.

Désormais, un opérateur privé pourra gérer une ligne moyennant le versement d'une commission avec en retour des objectifs de performance plus stricts qu'auparavant.

Un modèle temporaire

Le gouvernement espère que ce mécanisme sera plus simple et efficace et permettra au transport ferroviaire de se relancer après avoir vu son activité chuter depuis le début de la crise sanitaire.

Ce modèle sera temporaire, prévient toutefois le ministère des Transports, qui entend basculer vers un nouveau système dont les contours n'ont pas encore été définis mais seront dévoilés dans un "livre blanc" publié une fois que l'évolution de la pandémie le permettra.

"Il conservera les meilleurs aspects du secteur privé, dont la concurrence et l'investissement, mais avec une vision stratégique, un leadership et un sens des responsabilités", selon M. Shapps.

Le gouvernement précise que le contribuable devra mettre la main à la poche à court terme, via les nouveaux contrats temporaires et tant que le trafic restera inférieur à la normale.

Mais il assure que la future réforme sera bénéfique à moyen et long terme pour les finances publiques.

La privatisation des chemins de fer, un raté au Royaume-Uni

Le gouvernement a été contraint de réformer le secteur après avoir décidé fin mars de prendre temporairement le contrôle effectif des lignes ferroviaires dans le pays pour éviter des faillites, en suspendant les contrats de franchise.

Les ratés de la privatisation des chemins de fer ne sont pas nouveaux au Royaume-Uni et précèdent la pandémie, entre surcoûts, retards et inefficacités liés au découpage de l'exploitation. Le gouvernement a même dû ces dernières années procéder à des nationalisations pour sauver des lignes mal gérées.

L'exploitation des chemins de fer a été privatisée au milieu des années 1990 au Royaume-Uni sous le gouvernement conservateur de John Major. Les lignes ferroviaires sont à l'heure actuelle divisées en 16 franchises à travers le pays et sont gérées par une myriade d'opérateurs, dont la SNCF.

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> Lire aussi : notre dossier spécial sur "Ces Régions qui veulent se passer de la SNCF avec l'ouverture à la concurrence" :

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Commentaires
a écrit le 21/09/2020 à 18:47 :
Petit rappel : directives de l'UE de 1992 relatives à la privatisation des services publics marchands, dans l'ordre : télécoms, postes, énergies, routier, aérien, ferroviaire.
Nos amis anglais ne sont pas fous et ont bien compris l'intérêt, en termes de souveraineté et de stratégie, de s'affranchir de l'UE.
a écrit le 21/09/2020 à 10:56 :
Tout transformer en monnaies "sonnantes et trébuchantes" et mettre cela sur des comptes ou en coffre cela ne rime vraiment a rien, tout comme la faire "reproduire" par des intérêts! Il est préférable d'avoir un train qui circule!
a écrit le 21/09/2020 à 10:00 :
Il parait que les rails avaient été privatisés par "tronçons", comment peut-on imaginer que ça puisse bien fonctionner ? Il faut au moins un gestionnaire sur cette partie du réseau, ce qui roule dessus, c'est autre chose.
a écrit le 21/09/2020 à 9:57 :
Et maintenant que le Royaume Uni est libéré de l'Union Européenne il peut le faire sans problème car oui il peut envisager des stratégies intelligentes à long terme. Le truc incroyable qu'en France nous ne voyons plus depuis... Maastricht.

"mais avec une vision stratégique, un leadership et un sens des responsabilités"

Voilà c'est de ça dont je parle ! Enfin !

Vite un frexit il est plus que temps de se libérer de l'UERSS, empire prévu pour durer mille ans.
Réponse de le 22/09/2020 à 12:31 :
@citoyenblasé...mais pas informé
Si vous aviez cherché à savoir de quoi vous parlez avant de dégainer votre prose anti-UE, le modèle "concession" évoqué dans l"article vers lequel les Britanniques souhaitent migrer ets...le modèle STANDARD de tous les pays européens pour le transport ferroviaire (et de manière général le transport public). A savoir, des contrats PUBLICS (de type juridique variables), définissant le niveau de service rendu par le prestataire de l'autorité organisatrice de transport (en France: régions ou Etat). La supervision du contrat, et les sanctions éventuelles d'un défaut dans la prestation rendue, ne relèvent QUE de la responsabilité du donneur d'ordre.
Le droit UE, qui n'interdit rien aux Autorités natinales (au contraire étant donné que les contrats publics sont la seule modalité possible pour solvabiliser la demande en matière de ferroviaire), n'est donc en rien responsable de l'effondrement du système ferroviaire GB. pas besoin de Brexit ou Frexit pour redresser la barre. Il faut juste volonté politique au niveau national...

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