L'État met en compétition la SNCF sur les lignes ferroviaires Nantes-Lyon et Nantes-Bordeaux

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Le gagnant de l'appel d'offre, la SNCF ou un concurrent, se verra confier les rênes de ces deux lignes à partir de 2022.
Le gagnant de l'appel d'offre, la SNCF ou un concurrent, se verra confier les rênes de ces deux lignes à partir de 2022. (Crédits : REGIS DUVIGNAU)
Le gouvernement a annoncé, mercredi 9 janvier, le coup d'envoi symbolique de la procédure de mise en concurrence de deux premières lignes ferroviaires, Nantes-Bordeaux et Nantes-Lyon. À partir de 2022, ces deux parcours pourront être exploités par une entreprise autre que la SNCF.

La fin d'un monopole historique. Le gouvernement a annoncé, mercredi 9 janvier, l'ouverture effective à la concurrence de deux lignes ferroviaires classiques : Nantes-Lyon et Nantes-Bordeaux. Une première dans l'histoire de la SNCF qui intervient un peu plus de six mois après la promulgation de la réforme du rail au Parlement qui a vu la fin du statut des cheminots pour les nouveaux salariés embauchés.

Comment cela se traduira-t-il dans les faits ? D'abord, les autorités organisatrices, État et régions, devront publier un avis de pré-information sur l'ouverture à la concurrence de ces deux lignes au Journal officiel de l'Union européenne. Ce document aura pour objectif d'informer les entreprises qui souhaitent candidater pour administrer les lignes en question. Ensuite, d'ici un an, Etat et régions lanceront un appel d'offre pour désigner de nouveaux exploitants, leurs réseaux étant divisés par lots.

"Que le meilleur gagne !"

Cet appel d'offre sera agrémenté d'un cahier des charges dans lequel l'État indiquera le type de service qu'il souhaite mettre en place et notamment la fréquence des trains. Au bout du compte, État et régions pourront reconduire la SNCF, ou choisir un opérateur alternatif comme le français Transdev ou l'italien Trenitalia. Le voyageur, lui, n'aura pas le choix. Ce n'est qu'à partir de 2022 que le gagnant, la SNCF ou un concurrent, se verra confier les rênes de ces deux lignes.

"La concurrence doit permettre d'apporter des nouveaux services, des démarches innovantes pour les voyageurs et de réduire peut-être les coûts [...] pour la collectivité qui subventionne les services ferroviaire, explique-t-on au ministère des Transports. "On ne cherche pas à sortir le sortant, l'objectif n'est pas de sortir la SNCF. Cela sera, d'une certaine façon, que le meilleur gagne !"

Nantes-Lyon et Nantes-Bordeaux : 25 millions d'euros au frais de l'Etat

Proposé en un seul lot, le choix des lignes Nantes-Lyon et Nantes-Bordeaux n'est pas du au hasard : elles viennent de bénéficier d'un renouvellement complet de leurs trains et les travaux prévus sur les parcours devraient être achevés dans trois ans, a expliqué le ministère. La première concerne 387.000 voyageurs par an avec deux allers-retours quotidiens, et la seconde 686.000 voyageurs avec trois allers-retours quotidiens pour un coût de 25 millions d'euros par an supporté par l'Etat.

Parmi la poignée de lignes que doit conserver la SNCF, Paris-Clermont, Paris-Limoges-Toulouse et Bordeaux-Marseille drainent des trafics beaucoup plus importants, mais le gouvernement n'a pas jugé "opportun" de les inclure dans l'appel d'offres. Motif : elles doivent faire l'objet de travaux lourds ou de renouvellement du matériel qu'il vaut mieux achever au préalable, avance l'exécutif.

(Avec agences)

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a écrit le 10/01/2019 à 12:49 :
Si j'ai bien compris. C'est le contribuable qui paie les rénovations mais c'est le privé qui va bénéficier de lignes neuves rentables, alors que la SNCF devra continuer à assurer le service sur des lignes dégradées et donc moins rentables.

Et dans 5 ans, on viendra nous expliquer que la SNCF est nulle car moins rentable que le privé (parce que le privé est toujours meilleur...) et on nous imposera la fermeture du 1/3 du réseau.
Et en même temps, on va nous assommer de taxes sur les transports.

Citoyens, à vos gilets jaunes !

La privatisation d'usage n'est acceptable pour les citoyens/consommateurs que si elle est accompagnée de taxes de locations des rails qui soit suffisantes pour entretenir et développer le réseau.

C'était tout l'enjeu de la réforme de la SNCF, qui n'a jamais été faite par le gouvernement, qui s'est contenté de casser le statut cheminot sans réfléchir au montant des droits d'usage du réseau et des gares, ni même à la résorption de la dette (Malgré une reprise partielle, SNCF réseau reste techniquement en état de faillite et plombée par plus de 15 milliards de dette).
Réponse de le 10/01/2019 à 15:47 :
Bonjour,

Pour vous répondre, vous n'avez que partiellement raison : c'est souvent le contribuable qui paye les rénovations du réseau (cela n'a pas été le cas avec les nouvelles lignes du TGV Atlantique) et c'est toujours le contribuable qui subventionne le passage des trains, comme c'est expliqué dans le dernier paragraphe de l'article (25 millions d'euros...). En effet, faire circuler des trains ne génère que peu, voir pas de profits, une grande partie des trains sont donc subventionnés.

L'idée de la concurrence n'est pas de laisser le privé gagner de l'argent à outrance sur le dos du contribuable, c'est de faire mieux avec autant voir avec moins. De faire donc différemment de ce que fait SNCF Mobilités en tant qu'exploitant des trains aujourd'hui. Les expériences suédoises, allemandes, italiennes, etc. prouvent que cela fonctionne lorsque c'est bien préparé. D'ailleurs SNCF Mobilités ne se prive pas d'exploiter des lignes en Italie, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Suisse, etc. avec sa filiale Kéolis ou en propre.

Pour information, la gestion du réseau et des gares restent dans le giron de SNCF Réseau, qui n'est ouvert à aucune concurrence (les exemples européens, et notamment anglais, montrent que cela n'est pas viable).

Par ailleurs, non SNCF Mobilités n'est pas nulle pour faire ce qu'elle fait (cette entreprise arrive bien à gagner des appels d'offre sur des marché concurrentiels). Seulement, son monopole doit cesser, comme il a cesser dans d'autres pays ou SNCF Mobilités exploite des trains. Ensuite, les régions et l'état veulent voir une concurrence pour permettre de faire mieux (en situation de monopole, un acteur économique n'a aucune raison de faire mieux, de faire son autocritique pour fournir les meilleurs services). Enfin, cela permettra aussi à SNCF Mobilités de mettre nos hommes politiques face à leurs décisions de ne pas payer la rénovation ou l'entretien du réseau (la concurrence aura aussi des difficultés à exploiter un réseau vieillissant). Ainsi, ils devront se justifier auprès de leurs électeurs régionaux lorsqu'une ligne sera fermée par exemple. Et, par exemple, on arrêtera de faire payer à l'alsacien, le passage d'un train vide perdu dans les landes.

L'idée de la concurrence c'est de permettre à d'autres entreprises d'exploiter un réseau différemment que ce que SNCF Mobilités fait. Un réseau secondaire donc délaisser peut s'en retrouver rentable avec un autre acteur. J'en tiens pour preuve le fait que la concurrence a permis, à l'Allemagne par exemple, d'augmenter le nombre de passagers (une offre mieux adaptée), d'exploiter des lignes autrefois jugées non rentables, etc.

Pour finir, mettre fin au statut du cheminot, comme cela a été fait dans des pays voisins, permet d'assouplir l'organisation du travail (ce n'est plus à la loi de le dire, ce sera une négociation entre les patrons et les syndicats des entreprises ferroviaires, comme c'est la cas dans presque tous les secteurs d'activité). Ainsi, une meilleur organisation du travail permettra de faire mieux car les métiers ont changés, les exigences ne sont plus les mêmes, etc. J'ajouterai que depuis que le statut des cheminots n'existe plus en Allemagne, les salariés du ferroviaire sont mieux payés car l'entreprise doit être attractive pour les garder, les profils de techniciens étant très recherchés dans l'automobile et l'aéronautique. Mais cela, on ne l'explique pas et l'on a toujours l'impression que supprimer un statut est mauvais. C'est, à mon avis, un carcan dans lequel on s'enferme, que l'on critique, qui est insatisfaisant, mais que l'on ne veut surtout pas changer...
a écrit le 10/01/2019 à 12:20 :
Nantes-Atlantique Bordeaux et Nantes-Atlantique Lyon j'espère ...
Quitte à faire les choses, autant les faire bien et s'inscrire dans le post NDDL
D'autant plus que la voie ferroviaire existe et que seraient concernées 1,3 millions d'habitants ligériens
a écrit le 10/01/2019 à 12:17 :
Les lignes Paris-Clermont, Paris-Limoges-Toulouse et Bordeaux-Marseille ne sont pas incluses dans l'appel d'offre car elles doivent faire l'objet de travaux lourds. En clair, "Y'a beaucoup de fric a dépenser donc pas de fric à gagner pour le privé", la SNCF va payer (donc l'état, donc nous) et ensuite lorsqu'il n'y aura plus de dépenses lourdes, là on pourra le filer au privé comme on a fait pour les autoroutes et nous pauvres consommateurs/contribuables nous payerons 2 fois.
a écrit le 10/01/2019 à 12:17 :
avec obligation d'embaucher le personnel SNCF de ces lignes pour désengorger le monstre ?
a écrit le 10/01/2019 à 11:50 :
nos ministres pour la plupart des inconnus pour les Français ! peu de résultat positif .. libèralisme et casse social rejetés
a écrit le 10/01/2019 à 10:51 :
"Quand l’État français sabote le train" https://www.monde-diplomatique.fr/2016/06/DOUMAYROU/55773
a écrit le 10/01/2019 à 10:41 :
Ce n'est pas une concurrence ça, c'est à la place de. Si on lit entre les lignes, le consommateur ne sera pas gagnant du point de vue tarifaire ni durée des trajets. Quel intérêt du coup ?
Et pour ceux qui prennent des correspondances, comment cela se passera ? Il faudra prendre deux tickets chez deux compagnies différentes ? Avec probablement zéro coordination dans les horaires...
Une concurrence sur des lignes que la SNCF a fermé cela a du sens, mais sur des lignes qui fonctionnent, je ne comprends pas la démarche. Et je ne parle même pas des risques de corruption...
a écrit le 10/01/2019 à 10:20 :
Nantes , Nantes ....... nantis !!!
Et Paris -Toulouse en TGV c'est pour QUAND ?
a écrit le 10/01/2019 à 10:14 :
Etrange concept de mise en concurrence sans concurrence.. On comprend de cet article qu'il n'y aura in fine qu'une société qui exploitera la ligne, avec au surplus le matériel imposé.. C'est une blague, un déni de concurrence tout simplement! Si 'Etat se met à avoir l'esprit retord pour la mise en concurrence imposée par nos Lois, où allons-nous!
Réponse de le 10/01/2019 à 10:29 :
Je crois que beaucoup n'ont pas compris ce que signifiait concurrence dans le chemin de fer. Sur ce type de ligne mais aussi sur les TER, il ne s'agit pas d'une concurrence dans l'exploitation de la ligne avec plusieurs opérateurs mais de concurrence dans l'attribution du marché. Au final un seul opérateur, SNCF ou autre fera circuler des trains sur ces lignes. Par contre sur les TGV, le système est différent. Théoriquement , des TGV d'autres compagnies pourront circuler sur le réseau TGV sauf que la SNCF occupant tous les créneaux tarifaires du TGV low cost (ouigo)au TGV premium (inoui) cela laisse très peu de place à des concurrents.
Sur ces deux lignes intercité, il n'y a pratiquement pas d'argent à gagner. Ça m'amuse beaucoup quand je lis "développer de nouveaux services"? Lesquels, et pour quels coûts. Au final et c'est ce qui c'est passé dans les autres pays l’attribution de lignes au secteur privé à fait augmenter les financements publics.
Au final je pense que le gouvernement a tellement peu confiance dans sa réforme qu'il essaie d'enclencher le mouvement pour ne pas avoué son échec dans ce domaine comme dans d'autres.

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