Scandale Wirecard : le cabinet EY savait depuis des années, affirme le FT
latribune.fr
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Wirecard licencie plus de la moitie des employes qui restaient en allemagne
Lisi Niesner
latribune.fr
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Wirecard licencie plus de la moitie des employes qui restaient en allemagne
Lisi Niesner
Quatre ans avant l'effondrement de Wirecard, du nom de cette société allemande accusée d'une gigantesque fraude comptable, le cabinet d'audit EY avait été mis au courant d'irrégularités. C'est ce qui ressort des nouvelles révélations du Financial Times ce mercredi. Une information qui jette encore le doute sur les implications de divers protagonistes, responsables d'un trou de près de 2 milliards d'euros dans le bilan de la Fintech, autrefois qualifiée de championne de la Tech au niveau européen.
Selon nos confrères britanniques, qui citent une enquête de KPMG, l'autre cabinet d'audit membre des "Big Four" (avec Deloitte, PwC, et EY), et donc concurrent de ce dernier, "un lanceur d'alerte anonyme d'EY a déposé en mai 2016 une lettre au siège d'EY Allemagne à Stuttgart", alertant le cabinet sur le fait que "des cadres supérieurs de Wirecard ont pu commettre une fraude et que l'un d'entre eux a tenté de soudoyer un auditeur" en Inde.
EY, qui auditait les comptes de Wirecard depuis une dizaine d'années, n'a jamais rien trouvé à redire jusqu'en 2018, note le FT. Il faudra attendre 2019, et des premières révélations du FT, pour lever le voile sur de nombreuses dérives supposées de Wirecard. Plus tard cette même année, de nouvelles révélations du FT accablent un peu plus l'entreprise jusqu'à novembre 2019, lorsqu'EY refuse finalement d'apporter sa certification sur les comptes de 2017.
Depuis, le cabinet EY est sous le coup d'une investigation en Allemagne, diligentée par l'autorité de régulation et certification des comptes (Apas). Le mois dernier, le PDG d'EY Carmine Di Sibio avait déjà exprimé ses "regrets" que la fraude "n'ait été détectée plus tôt", tout en assurant qu"en fin de compte EY avait fini par réussir à détecter la fraude".
À lire également
Dans la note produite par KPMG, d'autres suspicions de malversations sont pointées. Il serait aussi question de rachats d'entreprises par Wirecard en Inde via une entreprise basée à l'Ile Maurice et enregistrée sous le nom "Emerging Market Investment Fund 1A". Une entité opaque qui aurait permis aux dirigeants de Wirecard de se prêter à de nombreux conflits d'intérêts, comme l'écrivait le lanceur d'alerte cité par la note de KPMG.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

latribune.fr