Déclaration de politique générale : nouvelle heure de vérité pour Michel Barnier
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Le nouveau Premier ministre prononcera sa déclaration de politique générale ce mardi après-midi à l'Assemblée nationale.
Reuters
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Le nouveau Premier ministre prononcera sa déclaration de politique générale ce mardi après-midi à l'Assemblée nationale.
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C'est son premier grand oral. Près d'un mois après sa nomination, enfin doté d'un gouvernement, le Premier ministre Michel Barnier prononcera sa déclaration de politique générale (DPG) à 15h00 devant l'Assemblée nationale. Le numéro deux du gouvernement, le ministre de la Justice Didier Migaud, la lira aux sénateurs au même moment. Mais il ne sollicitera pas de vote de confiance des députés, à l'instar de ses prédécesseurs Elisabeth Borne et Gabriel Attal, privés comme lui de majorité absolue.
Ce matin, à 10h, se tiendra un Conseil des ministres à l'Elysée autour d'Emmanuel Macron, dont le compte-rendu aura lieu désormais dans des locaux de Matignon et non plus au palais présidentiel, marquant une nouvelle forme de distance entre les deux têtes de l'exécutif.
La marge de manœuvre de Michel Barnier est très étroite. A l'absence de majorité s'ajoute une situation financière explosive, avec un dérapage du déficit public qui contraindra le gouvernement à sabrer les dépenses.
Pour préparer sa feuille de route, il a reçu la semaine dernière les forces syndicales et patronales. Il a aussi organisé un séminaire gouvernemental, qui visait surtout à développer un esprit d'équipe, après plusieurs couacs entre ses ministres.
Ses alliés du bloc macroniste exhortent le Premier ministre à ne pas détricoter la politique menée depuis sept ans, notamment en matière de baisse de la fiscalité. Car les arbitrages les plus délicats concerneront le budget, alors que le déficit a atteint 6% du PIB cette année, loin des 3% fixés par Bruxelles.
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Michel Barnier devrait annoncer, en même temps que des réductions de dépenses, une augmentation de certains impôts sur les grosses entreprises et les plus riches. « Nous serons nombreux à ne pas pouvoir soutenir un gouvernement qui augmenterait les impôts », a prévenu dimanche l'ancien ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. Conscient de la fragilité de sa situation, le Premier ministre a reconnu ne pas savoir « combien de temps » il tiendrait à Matignon.
Côté syndical, trois organisations (CGT, FSU, Solidaires et une partie de FO) manifesteront ce mardi dans plus de 180 villes pour réclamer une abrogation de la réforme des retraites et une hausse des salaires.
A peine nommé, le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, issu du parti de droite Les Républicains (LR), a engagé un bras de fer avec le ministre de la Justice venu de la gauche, Didier Migaud, obligeant Michel Barnier à les réunir pour travailler sur des « lignes communes ».
Mais durant le week-end, le premier flic de France a allumé un nouvel incendie en s'exprimant sur la sécurité et l'immigration. L'Etat de droit « n'est pas intangible, pas sacré », a-t-il lancé, faisant passer une onde de choc parmi les partenaires macronistes de la coalition gouvernementale.
La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet s'est dite, comme plusieurs autres membres du camp présidentiel, « très inquiète ». Et des députés ont demandé un « recadrage » de Bruno Retailleau.
Outre la pression des siens, Michel Barnier subit celle de l'extrême droite qui l'a mis « sous surveillance » et peut le faire tomber à tout moment en votant une motion de censure de la gauche. Le RN a fait savoir qu'il ne devrait pas voter celle qui sera déposée dès cette semaine par les socialistes.
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Pour l'économiste, Patrick Artus le gouvernement doit corriger les « anomalies fiscales »
Interrogé par La Tribune, l'économiste considère qu'il y a « des anomalies fiscales en France » qui doivent être corrigées. « La première concerne les revenus au sommet de la distribution. Ces personnes fortunées ne paient quasiment pas d'impôt sur le revenu car elles mettent dans un trust les dividendes qu'elles reçoivent. Or, ces dividendes ne sont pas imposables. Il y a une marge de manoeuvre sur le taux de taxation des personnes les plus riches. Si ces personnes payaient un taux annuel de 46% d'impôt sur le revenu, cela pourrait rapporter 15 milliards d'euros. Ce n'est pas ridicule », détaille-t-il.
« La seconde anomalie, reprend l'expert, concerne l'héritage. Le taux de taxation des gros héritages est seulement de 10%. Ces héritages concernent essentiellement des biens professionnels qui bénéficient du pacte Dutreil. Il y a sans doute une réflexion à avoir sur une réforme du pacte Dutreil. Le taux effectif des héritages moyen ou élevé est de 30%, quand le taux des gros héritages est de seulement 10%. Cette dégressivité est choquante. »
(Avec AFP)
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