C'était vendredi à Berlin. Olaf Scholz est au centre de l'image, brandissant les mains serrées de ses partenaires français, Emmanuel Macron, et polonais, Donald Tusk. Un bloc, une unité. Le chancelier a le bon sourire d'un homme satisfait, presque comblé. Pourtant, rarement un dirigeant allemand n'aura éveillé autant de perplexité. Dans son pays comme auprès des Européens, il peine à convaincre.
« Il y a une scène dans la série Game of Thrones où un des personnages dit : "Si quelqu'un doit rappeler qu'il est le roi, alors il n'est pas roi" », souligne le politologue Gero Neugebauer, spécialiste de la gauche allemande. Or, bien souvent, sur les questions de défense aujourd'hui comme sur le nucléaire civil à l'automne 2023, Scholz n'a d'autre argument que de rappeler sa fonction. Dans son entourage, même aplomb : « Les Allemands finiront bien par comprendre qu'il est particulièrement fin et qu'il voit juste avant les autres », assénait en privé une de ses proches... quelques jours seulement avant que la Cour constitutionnelle ne le tance sur les arbitrages aléatoires de son budget, déclenchant une profonde crise au sein de sa coalition.