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ÉconomieUnion européenne

BCE : une nouvelle hausse de taux n’est pas exclue, selon le gouverneur de la Banque de Slovaquie

latribune.fr

Publié le 18 septembre 2023 à 13:43 - Mis à jour le 18 septembre 2023 à 13:49

Peter Kazimir estime que les taux resteront hauts pendant plusieurs mois et qu'une nouvelle hausse ne peut pas être exclue.

Peter Kazimir estime que les taux resteront hauts pendant plusieurs mois et qu'une nouvelle hausse ne peut pas être exclue.

Yiannis Kourtoglou

Le Quotidien Numérique

04 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Peter Kazimir a affirmé que « seules les prévisions de mars peuvent confirmer que nous nous dirigeons sans équivoque et progressivement vers notre objectif d'inflation ». Ainsi, selon le gouverneur de la Banque de Slovaquie, il est possible que la gardienne de la monnaie monte encore ces taux dans les prochains mois ou, du moins, qu'elle les garde hauts pendant une longue période.

Décidément, les banquiers centraux se veulent fermes. Alors que dans sa conférence de septembre, la présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde a annoncé monter pour la dixième fois en un an ses taux directeurs, s'établissant sur une fourchette entre 4% et 4,75%, elle a même confié que « nous ne disons pas que nous sommes actuellement au plus haut des taux d'intérêt ».  Si la plupart des analystes financiers et économistes voient dans la hausse de septembre, la dernière d'une longue série, ce qui a propulsé les marchés en fin de semaine dernière, l'institution de Francfort reste sur le même discours de prudence.

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Ce lundi, c'est Peter Kazimir, le gouverneur de la Banque de Slovaquie qui a renchéri sur la possibilité d'une nouvelle hausse de taux.

«Seules les prévisions de mars peuvent confirmer que nous nous dirigeons sans équivoque et progressivement vers notre objectif d'inflation», a-t-il déclaré dans une tribune, avant d'ajouter «c'est la raison pour laquelle je ne peux pas exclure actuellement la possibilité de nouvelles hausses de taux.»

Peter Kazimir a été l'un des rares responsables de la BCE à appeler ouvertement, avant la réunion de septembre, à une hausse des taux, estimant que l'inflation sous-jacente continue de frémir au risque de rester au-dessus de l'objectif visé par la BCE.

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Selon le gouverneur de la banque centrale slovaque, si tenté qu'on soit déjà au stade du taux terminal, c'est-à-dire au pic du coût du crédit, la BCE devra quand même garder ses taux à un niveau élevé pendant une période prolongée.

«Supposons que nous soyons (déjà) au sommet. Si c'est le cas, nous devrons peut-être camper à ce niveau pendant un certain temps et passer l'hiver, le printemps et l'été à ce niveau», a-t-il dit. «Il est donc prématuré de parier sur la date de la première baisse des taux d'intérêt», a-t-il ajouté.

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Le gouverneur slovaque a aussi pointé du doigt la question du programme d'achat d'urgence lié à la pandémie (PEPP) et le programme d'achat d'actifs (APP), deux mécanismes de rachats d'obligations d'Etats par la Banque centrale européenne qui ont fait baisser le coût de la dette pour les Etat membres pendant plusieurs années. « Dès que les données économiques et les analyses confirmeront qu'un nouveau resserrement n'est pas nécessaire, je pense qu'il sera opportun de débattre de l'ajustement du rythme de notre resserrement quantitatif », a déclaré Peter Kazimir.

Le marché parie sur la modération de la BCE

Reste que les marchés font la sourde oreille et garde un optimisme à toute épreuve. « Il s'agira probablement de la dernière étape en matière de taux d'intérêt. L'économie de la zone euro s'affaiblit déjà suffisamment pour rendre très improbable une nouvelle hausse de l'inflation », affirme par exemple Martin Moryson, chef économiste Europe, chez DWS.

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Et pour cause, une politique monétaire trop restrictive, sur une période trop longue pourrait avoir des conséquences très négatives sur l'activité économique de la zone euro, ce que ne souhaite logiquement pas la gardienne de l'euro. Des dommages collatéraux qui apparaissent déjà comme le logement et la construction neuve qui affiche une chute des réservations de logements neufs au deuxième trimestre de 30% sur un an, particuliers et professionnels compris et menace 300.000 emplois dans la construction d'ici 2025 selon Fédération des promoteurs immobiliers.

Peu d'experts semblent aujourd'hui croire que la BCE serait prête à sacrifier l'immobilier et l'emploi pour un retour à 2% d'inflation plus rapide.

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Les prix immobilier repartent à la hausse dans certains pays

L'immobilier est l'une des principales victimes de la remontée des taux qui a grippé l'accès au crédit des ménages, sauf... dans un certain nombre de pays où l'immobilier résidentiel s'est stabilisé récemment, voire a commencé à remonter. Voilà le constat de la Banque des règlements internationaux (BRI), ce lundi.

Si des facteurs « par pays » peuvent expliquer cette évolution, ce mouvement sur les prix immobiliers est suffisamment répandu pour s'interroger, en particulier à un moment « où l'économie est en train de s'affaiblir », prévient Claudio Borio, le chef du département monétaire et économique, durant une conférence de presse. Des facteurs structurels peuvent certes jouer, soupèse l'économiste, qui cite en exemple le fait que les particuliers veulent des biens plus grands depuis la pandémie de Covid-19 afin de pouvoir télé-travailler. Mais il voit aussi des explications plus « conjoncturelles », liées au fait que les marchés financiers pensent désormais que le resserrement des taux d'intérêt semble avoir atteint son « pic ».

Cette évolution « inhabituelle » de l'immobilier après un durcissement des politiques monétaires est une des sources de vulnérabilités de l'économie qui sont dans une « large » mesure « l'héritage d'une période de taux d'intérêt très bas qui a duré très longtemps », juge-t-il.

(Avec agences)

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