Ce que valent les grandes marques après la crise

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Chute des marchés financiers, récession économique plus défiance des consommateurs, l'addition est vite faite : les plus grandes marques milliardaires ont perdu en moyenne 4% de leur valeur en 2009. Une première. C'est ce qui ressort du classement mondial établi par Interbrand, publié en exclusivité par "La Tribune du manager".

Sale temps pour les marques. Pour la première fois en dix ans, le classement Interbrand, qui mesure la valeur des 100 plus grandes marques mondiales, enregistre une perte sèche de 46,3 milliards de dollars (31,7 milliards d'euros), soit une dépréciation de quelque 4%. La faute à la crise économique et financière mondiale, aux investissements insuffisants et à la défiance des consommateurs qui ont fortement pénalisé certains marchés. La preuve ? La valeur des marques du secteur des services financiers est en recul de 40% ; et, parmi elles, Citi et UBS perdent 50% de leur valeur ! Il leur faudra du temps pour redresser la barre car c'est l'ensemble des éléments constitutifs de leur valeur qui est touché. "Pour une marque UBS, dont le logo représente trois clés de coffre, la pente sera difficile à remonter. La perte d'image est conséquente", commente Jean-Baptiste Danet, président d'Interbrand Europe. A noter que le grand assureur français Axa limite la casse avec un recul de sa valeur de seulement 7% et un honnête rang de 53ème, premier français du secteur.

Mais les services financiers ne sont pas les seuls à payer leur tribut à la crise. Les boissons alcoolisées reculent de 15% et comptent dans leurs rangs l'un des disparus de l'année : le cognac Hennessy, qui, en diluant son image dans celle des cocktails, a fini par être exclu du choix des consommateurs en quête de plus d'authenticité. Idem pour les transports qui, après avoir cartonné en 2008 avec une croissance de 33%, perdent plus d'un quart de leur valeur ou encore pour l'automobile en chute de 9%.

Google s'est imposé

"Les secteurs qui souffrent le plus sont ceux qui ont besoin d'investissements importants pour créer de la valeur", note le patron Europe du leader mondial du conseil en marques. Il observe que la valeur des dix premières marques du classement - considérées comme des repères par toutes les suivantes - a été peu ou prou épargnée par la crise et l'évaporation financière. Il est d'ailleurs intéressant de constater que, à deux exceptions près, ce classement est quasi identique à celui établi en 2000. Toyota ayant remplacé Ford et Google AT&T, disparu corps et âme en 2005. "La valeur d'une marque s'établit sur la durée, ce qui explique une certaine constance. Ce classement n'est cependant pas immuable. Google, grâce à son écosystème, s'est très vite imposé comme l'une des toutes premières marques globales et réalise cette année la meilleure performance du classement", souligne Jean-Baptiste Danet. Une performance qui ne suffit cependant pas à combler l'écart abyssal qui la sépare encore du trio de tête, et notamment du premier de la classe, l'inoxydable Coca-Cola.

 

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Il aurait été appréciable que vous précisiez en introduction que ce classement ne prend en compte que des marques "globales" présentes sur les trois continents Amérique du Nord, Europe et Asie.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
pour moi la crise a change beaucoup de choses - avant j'achetais presque exclusivement des produits de marque - mais avec la flambee des prix en 2008 (parfois complement injustifie) j'ai decide de boycotter bon nombre de produits de marque - maintenant je vais beaucoup plus dans les hard discounts et j'en suis tres satisfait - les grandes marques auraient du reflechir avant et rogner sur leurs marges au lieu d'augmenter a tout va et augmenter leurs profits - je ne suis maintenant plus pret a racheter leur produits !
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Comme disait Albert Einstein :" tout est relatif" !
Quel est le % de baisse de la valeur patrimoniale de nos concitoyens ? à la vue de la baisse des salaires, de la hausse des charges (electricité, ...), de l'augmentation du chômage, nous pouvons penser que le chiffre est bien supérieur à 4%.

Conclusion : Les entreprises détiennent de plus en plus l'argent, donc le pouvoir. Ce cercle vicieux s'accroit, de surcroit en temps de crise. Alors ne vous laissez pas dérouter par des chiffres qui, sans comparaison, ne veulent pas dire grand chose !
En lisant l'article, on a presque pensait que les entreprises étaient les perdantes de la situation d'aujourd'hui alors qu'elles sont en définitive les grandes gagnantes. A la place d'une entreprise, qui ne rêverait pas d'un monde où le chômage est ROI, où la main d'?uvre est internationale, ... Posez-vous les bonnes questions !
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
D'une façon générale les marques sont avant tout du symbole sociale, cela est plus vrai aujourd'hui qu'y hier, mais la crise remet un peu de bon sens au niveau des consommateurs, il ne faut pas oublier que l'économie fonctionne qu'à partir du moment où il y à du pouvoir d'achat, la loi du nombre intervient inévitablement dans ce cas, cela est d'autant plus vrai dans cette période de récession pour une bonne partie de la population. Mais c'est peut-être aussi un signe d'un changement de comportement plus profond !!! le monde change à tout les niveaux, matériel et immatériel, la crise de notre société ne fait que de commencer !!!

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