Le marché européen des LBO (Leverage Buy-Out : acquisitions par endettement) reprend des couleurs. De très belles couleurs, même, puisqu'il a atteint 19,7 milliards d'euros au troisième trimestre, selon une étude publiée ce mois-ci par le cabinet Ernst & Young et la société de capital investissement Equistone Partners Europe Limited. Non seulement il s'agit là d'un rebond de 129% par rapport au deuxième trimestre 2013, mais ce montant constitue un record depuis le quatrième trimestre 2010. Et il est quasiment égal à celui de l'ensemble du premier semestre 2013.
A ces liquidités s'ajoutent celles provenant du dégel du marché des "sorties", c'est-à-dire des cessions de participations par les fonds : au nombre de 276 depuis le début de l'année, en Europe, elles ont rapporté à ces derniers quelque 51 milliards d'euros.
Les volumes de transactions sont en revanche moins flatteurs. Leur nombre s'est limité à 119 de juillet à septembre, soit un recul de 8% par rapport au trimestre précédent. Ce sont donc quelques grosses opérations, supérieures à 1 milliard d'euros, qui ont tiré le marché. De fait, les cinq plus importants LBO ont représenté 10 milliards d'euros, soit plus de la moitié de l'ensemble du marché. Et, sur ces cinq "méga-deals", pas moins de trois ont eu lieu en Allemagne, le plus significatif étant le rachat de l'éditeur Springer Science+Business Media par le fonds BC Partners, pour 3,3 milliards d'euros.
Pour une somme équivalente (3,1 milliards d'euros), le fonds CVC a, lui, mis la main sur Ista, une société allemande spécialisée dans le pilotage de consommations d'eau et de chauffage. Des montants très supérieurs aux principales transactions réalisées en France, au troisième trimestre. A savoir le rachat des marques de prêt-à-porter Sandro, Maje et Claudie Pierlot par le fonds américain KKR, pour 650 millions d'euros, et l'acquisition, pour le même prix, de Maisons du Monde par Bain Capital.
Résultat, le marché allemand des LBO s'est élevé à 9 milliards d'euros au troisième trimestre, du jamais vu depuis les trois premiers mois de l'année 2007. Surtout, ce montant permet à l'Allemagne de s'octroyer la première place du marché européen des LBO, devant le jusqu'alors indétrônable Royaume-Uni (5,1 milliards d'euros).
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"Durant des années, les belles PME familiales allemandes (le fameux Mittelstand) ont été fermées aux capitaux-investisseurs. Aujourd'hui, elles leur ouvrent plus volontiers leur capital", constate le responsable du bureau parisien d'un fonds anglo-saxon. Pas étonnant, donc, que les opérations de LBO actuellement "dans les tuyaux" concernent à nouveau tout particulièrement des sociétés allemandes, d'après Sachin Date.
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