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Entreprises & FinanceBanques / Finance

L'Etat portugais prêt à renflouer Banco Espirito Santo pour limiter la panique

Photo de Alain-Gabriel Verdevoye

latribune.fr

Publié le 03 août 2014 à 12:18 - Mis à jour le 04 août 2014 à 06:56

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Pour limiter l'effet de contagion, les autorités portugaises renfloueront Banco Espirito Santo (BES). Afin de calmer les marchés et éviter une ruée sur les guichets. Un plan de recapitalisation, alliant fonds publics et privés, a été validé dimanche soir.

Pour limiter l'effet de contagion, les autorités portugaises renfloueront Banco Espirito Santo (BES), afin de calmer les marchés et éviter une ruée sur les guichets. Un plan de recapitalisation, alliant fonds publics et privés, a été validé dimanche soir, alors que le titre Banco Espirito Santo, en chute libre, a été suspendu vendredi par le gendarme de la Bourse de Lisbonne.

Entrée en lice de l'Etat?

"Face à la dégringolade du titre, on peut s'attendre à une entrée en lice de l'Etat, pour dissiper les doutes sur la solvabilité de BES", a déclaré à l'AFP Pedro Lino, analyste de Dif Broker. Faute de pouvoir honorer leurs dettes, cinq sociétés de l'empire familial Espirito Santo, principal actionnaire de BES, ont déposé le bilan, mettant sous pression la banque, qui tente en vain de s'isoler des déboires de sa maison-mère.

La facture est lourde, avec une perte semestrielle record de 3,57 milliards d'euros. La capitalisation boursière a été divisée par trois à 674 millions d'euros, et le ratio de fonds propres a chuté à 5%, en-dessous du minimum requis de 7%. Une injection de fonds publics, puisés dans l'enveloppe destinée à la recapitalisation des banques dans le cadre du plan de sauvetage du Portugal, serait de nature à calmer l'inquiétude des épargnants, qui ne devraient pas être mis à contribution.

En vertu des nouvelles règles européennes, les actionnaires et créanciers non prioritaires sont désormais priés de mettre la main à la poche en premier ressort avant qu'une banque ne puisse solliciter une aide de l'Etat. D'où la panique des actionnaires de BES, qui ont massivement vendu le titre en Bourse, le précipitant à des points bas historiques.

Plusieurs scénarios à l'étude

Pour arrêter l'hémorragie, les autorités portugaises prévoient de retirer Banco Espirito Santo de la Bourse dès lundi, rapporte dimanche le journal Diario de Noticias. Parmi les scénarios à l'étude figure la mise à l'écart des actifs toxiques, qui seraient logés au sein d'une structure de défaisance chargée de les liquider. Les actifs sains seraient confiés au Fonds de résolution des banques portugaises, créé en 2012 à la demande de la Troïka (Uinon européenne-FMI-BCE) des créanciers du Portugal.

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C'est à travers ce fonds que le gouvernement envisage d'injecter dans BES une partie des 6,4 milliards d'euros qui lui restent de l'enveloppe de 12 milliards d'euros réservée à la recapitalisation des banques. Quant à la "Bad Bank" (actifs toxiques), elle resterait selon ce scénario entre les mains des actuels actionnaires, parmi lesquels figurent avec une part de 14,6% le groupe français Crédit agricole, qui devra dévoiler l'ampleur des dégâts lors de la présentation de ses comptes mardi.

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Cette solution, qui faisait encore dimanche l'objet de négociations entre le ministère des Finances, la Banque du Portugal et les nouveaux dirigeants de BES, doit aussi être approuvée par Bruxelles. Le cas du Portugal est le premier test des nouvelles règles transitoires en vigueur, en attendant la mise en place en 2016 de l'Union bancaire européenne, laquelle vise à éviter aux contribuables de payer pour les banques.

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