Assurance vie : la niche fiscale suscite le débat

Assurance vie CNP Arkea France digitale
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Placement préféré des Français, l'assurance vie, énorme enveloppe de 1.700 milliards d'euros, suscite toutes les convoitises. Le gouvernement souhaite la réformer dans le cadre du projet de loi Pacte (Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises), afin de mieux l'orienter vers l'économie réelle, en favorisant davantage les placements longs et plus risqués, principalement en rénovant les fonds eurocroissance, créés en 2013, produits intermédiaires entre le fonds euros classique, à capital garanti, investi en obligations d'État (80% du volume d'encours), et les unités de comptes, investies sur les marchés financiers (actions, obligations toutes catégories, trackers d'indices, etc.), avec un risque de perte en capital. Pas assez ambitieux selon certains acteurs de la place.
Le meneur de l'ex-mouvement des Pigeons a repris son porte-voix pour défendre une réforme plus profonde de l'assurance vie, qu'il a présentée à Bruno Le Maire. Le ministre de l'Économie et des Finances lui aurait montré "une oreille intéressée, mais contrainte" confie-t-il. Assumée comme "catégorielle", la proposition de France Digitale, qui regroupe entrepreneurs, business angels et fonds d'investissement, est de "flécher" une partie de l'assurance vie vers le capital-risque.
Le projet de loi Pacte, dévoilé en partie par Bruno Le Maire mercredi, prévoit de "faciliter le paiement des contrats d'assurance vie en titres ou en parts de fonds de capital-risque, ce qui favorise le développement de ces investissements par les assureurs" et "d'élargir la liste des fonds éligibles à l'assurance vie, notamment les fonds professionnels de capital-investissement". Or "cela ne suffira pas à faire basculer l'épargne" selon Jean-David Chamboredon.
La proposition portée par le co-président de France Digitale consisterait à revoir le plafond d'apport dans les contrats d'assurance vie afin d'inciter les épargnants les plus fortunés à prendre plus de risques, sachant qu'environ 60% des détenteurs de ces contrats dépassent le plafond de 150.000 euros à la fiscalité réduite.
Le plafond de 150.000 euros serait abaissé des montants déplacés vers du risque, et les versements complémentaires bénéficieraient toujours d'une imposition réduite et non du taux de 30% du prélèvement forfaitaire unique (PFU).
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Le bancassureur breton plaide pour des aménagements techniques sur la dépréciation comptable et la charge en capital des investisseurs.
Cependant, la proposition portée par France Digitale se heurte à l'opposition du gouvernement et de la majorité parlementaire à tout "big bang" de l'assurance vie et à la création de nouvelles niches fiscales.
Aux yeux de Jean-David Chamboredon, les pouvoirs publics s'enferment dans une "doxa de la neutralité fiscale".
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