Le PDG d'Axa plaide pour un "régime d'assurance pandémie" mutualisé

 |   |  435  mots
(Crédits : Yves Herman)
Interviewé par le JDD, Thomas Buberl invoque la création d'un "mécanisme de mutualisation" "inspiré de celui qui existe déjà pour les catastrophes naturelles". Il "pourrait appartenir à 50% à l'État et à 50% à un pool d'assureurs privés".

Le PDG de l'assureur Axa, Thomas Buberl, a plaidé pour la mise en place d'un mécanisme de mutualisation afin de créer un "régime d'assurance pandémie" capable de répondre à une crise comme celle du Covid-19, dans une interview au Journal du Dimanche.

"Nous devons réfléchir à la création d'un mécanisme de mutualisation qui puisse accompagner les crises sanitaires d'une telle ampleur", a-t-il dit au JDD.

"Axa est prêt à prendre l'initiative pour travailler avec l'État français et d'autres États européens afin de créer un régime d'assurance pandémie permettant de couvrir ces catastrophes sanitaires, inspiré de celui qui existe déjà pour les catastrophes naturelles", a-t-il dit.

Le monde "pas assez préparé"

Un tel régime "pourrait appartenir à 50% à l'État et à 50% à un pool d'assureurs privés", a suggéré M. Buberl.

"On encaisserait chaque année des primes qui seraient mises en réserve. En cas de crise, les assureurs paieraient jusqu'à deux à trois fois le montant des primes, l'État prenant le relais au-delà", a-t-il expliqué.

"Je vais prendre une initiative pour avancer dans cette direction. Mais il faudra aussi faire beaucoup plus en matière de prévention", a prévenu le patron d'Axa, en estimant que "l'un des enseignements de cette pandémie est que le monde n'était pas assez préparé et ne s'est pas assez coordonné".

"Or, avec le réchauffement climatique notamment, nous avons devant nous de grands dérèglements requérant une grande préparation et des actions coordonnées au niveau mondial", a-t-il estimé.

Les pertes d'exploitation non assurées pas prises en charge

Thomas Buberl a par ailleurs récusé l'idée d'une possible prise en charge de pertes d'exploitation d'entreprises laminées par la crise du coronavirus si elles n'ont pas dûment cotisé.

"Une entreprise peut être assurée contre le risque de perte d'exploitation lié à une épidémie, même si c'est assez rare qu'une entreprise prenne ce type d'assurance. En revanche, nous ne pouvons prendre en charge toutes les pertes non assurées provoquées par le confinement", a-t-il dit.

"Le secteur de l'assurance se mettrait en danger s'il payait un sinistre pour lequel personne n'a cotisé", a ajouté Thomas Buberl.

Le vice-président de la Fédération française de l'Assurance (FFA), Jean-Laurent Granier, avait déjà estimé jeudi que si les assureurs devaient couvrir les pertes d'exploitation des entreprises affectées par la crise du coronavirus, évaluées à quelque 50 milliards d'euros, "il n'y aurait plus d'assureurs dommages", car tous leurs fonds propres y passeraient.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 06/04/2020 à 10:37 :
Une assurance, comme tout établissement financier, a toujours tout faite pour payer le moins et encaisser le plus. D'un autre côté avec nos politiciens qui les y ont toujours aidé faut les comprendre elles y sont habituées.
a écrit le 05/04/2020 à 21:11 :
Axa=charognard
a écrit le 05/04/2020 à 17:42 :
Voila une très bonne initiative venant du privé, il est pas normal que l’État soit garant de tout et responsable de tout.
De nombreuses PME y gagneraient moyennant certaines contreparties en prévention : plus de réserves, procédures HSCT renforcées, meilleure information des salariés, responsabilisation, et mutualisation des risques...
Réponse de le 06/04/2020 à 9:37 :
vous rêvez ......
au niveau de ce qui se passe, c 'est à dire la moitié du monde qui s arrête, aucun assureur ne peut faire face....on est dans l enfumage
a écrit le 05/04/2020 à 15:53 :
Non !
Les mutuelles et les assureurs dehors.
a écrit le 05/04/2020 à 14:57 :
C'est toujours pareil avec ces sociétés parasites. Tout le monde cotiserait, mais en cas de sinistre, les pertes les plus lourdes étant les pertes d'exploitation, les assurances vous diraient : "ah non, c'est pas couvert".
a écrit le 05/04/2020 à 13:51 :
Axa, assureur, où comment gagner de l'argent sur le malheur des gens. Les assurances devraient être un service public et non des groupes privés faisant du gras sur nos malheurs. Et s'ils veulent offrir un service supplémentaire, qu'ils le fassent, mais qu'ils assument également les risques de se planter, comme toute entreprise normale quand le produit n'est pas adapté aux clients et qu'il cesse de se vendre.
a écrit le 05/04/2020 à 12:02 :
siphonnage légal de l argent des contribuables.....
le genre de risque dont on parle est totalement inassurable, sauf à avoir des primes ahurissantes.....
les Etats ou les communautés d états sont faites pour cela....la dette et l Impôt sont les assurances
mais c 'est vrai que AXA gagnerait bcp plus d argent que en ce moment avec des fonds en euros qui ne rapportent plus rien ou presque

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :