Crédit Suisse : chargé de repenser la culture d'entreprise, le président démissionne pour non-respect des règles de quarantaine

Le président de Credit Suisse, Antonio Horta-Osório, éclaboussé par des révélations autour des règles de quarantaine qu'il avait enfreint, a démissionné de ses fonctions, a annoncé la banque dans la nuit de lundi à dimanche, choisissant Axel Lehmann pour lui succéder. Cette démission intervient moins d'un an après qu'Antonio Horta-Osorio a été chargé de repenser la culture d'entreprise de la banque, fragilisée par les scandales Archegos et Greensill.

3 mn

(Crédits : Stefan Wermuth)

Le président de Credit Suisse, Antonio Horta-Osório, éclaboussé par des révélations autour des règles de quarantaine qu'il avait enfreintes lors d'un bref séjour en Suisse, a démissionné de ses fonctions, a annoncé la banque dans la nuit de lundi à dimanche, choisissant Axel Lehmann pour lui succéder. Ce dernier qui avait rejoint le conseil d'administration début octobre à l'issue d'une assemblée générale extraordinaire en tant que président du comité de gestion des risques, lui succède avec "effet immédiat", précise la banque dans un communiqué.

"Je regrette que certaines de mes actions aient entraîné des difficultés pour la banque et compromis ma capacité à la représenter en interne et en externe", a déclaré Antonio Horta-Osorio dans un communiqué. "Je pense donc que ma démission est dans l'intérêt de la banque et de ses parties prenantes à ce moment précis", a-t-il ajouté.

 Enquête du conseil d'administration

La décision a été prise après une enquête interne demandée par le conseil d'administration, à la suite des révélations en décembre du tabloïd suisse Blick sur le fait qu'Antonio Horta-Osorio avait enfreint les règles de la quarantaine imposées aux voyageurs en provenance de certains pays après l'apparition du variant Omicron. Cela a été le cas lors d'une visite en Suisse au mois de novembre, lorsqu'il avait quitté le pays alors qu'il devait respecter 10 jours de quarantaine. Selon Blick, Antonio Horta-Osorio était revenu en Suisse à bord d'un jet privé alors que la Grande Bretagne avait été placée la veille sur la liste des pays auxquels s'appliquaient ces quarantaines. Après s'être rendu "immédiatement à son domicile" à son arrivée, il aurait cherché à savoir s'il pouvait "être libéré de la quarantaine" ou si celle-ci "pouvait au moins être raccourcie", raconte le journal, sans dévoiler ses sources.

Malgré les "fins de non-recevoir des instances cantonales et fédérales", il "reprend l'avion pour se rendre sur la péninsule ibérique", affirme le tabloïd, embarquant ensuite pour New York où se tient jeudi une réunion du conseil d'administration.

Reuters avait par ailleurs rapporté en décembre qu'Antonio Horta-Osorio avait assisté en juin à la finale du tournoi de tennis de Wimbledon alors qu'il aurait dû respecter une période de quarantaine. La banque avait insisté sur le fait que le respect des règles était une "priorité" pour le groupe et son président. Le gouvernement suisse a depuis supprimé ces quarantaines au profit d'un régime de tests plus strict.

Repenser la culture d'entreprise

Cette démission intervient moins d'un an après qu'Antonio Horta-Osorio a été chargé de repenser la culture d'entreprise de la banque, fragilisée par les scandales Archegos et Greensill. Début novembre, le nouveau patron de la banque avait dévoilé un plan stratégique très attendu, proposant de réduire la voilure dans la banque d'investissement pour mettre davantage l'accent sur la gestion de fortune avec pour objectif de remettre la gestion des risques au coeur de sa culture d'entreprise.

3 mn

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 2
à écrit le 17/01/2022 à 11:11
Signaler
Encore un qui s est cru au dessus de la règle commune ,du respect de la prudence sanitaire au mépris de la sécurité vers autres et de la sienne … tous ceux qui ne veulent pas s adapter à la nouvelle réalité covid - dont on n est pas sorti grâce aux a...

à écrit le 17/01/2022 à 8:39
Signaler
On moins on rigole, tandis que nombreux banquiers comme l'expose le consortium de 400 journalistes ont de nombreux liens avec le milieu du crime ils vont reprocher à un d'entre eux de ne pas avoir respecté la quarantaine covid, autant dire qu'ils n'o...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.