Charbon : Le Maire enjoint aux banques de cesser de financer mines et centrales

Bruno Le Maire Climat
UNEP FI

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« Les banques françaises accros aux énergies fossiles » dénonçait l'ONG Oxfam France dans un rapport publié ce week-end. Ce constat, de la part dominante du pétrole et du charbon dans les financements accordés par les grandes banques de la place, n'a pas échappé à Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie et des Finances, qui y a fait allusion ce lundi 26 novembre, lors d'une allocution à la table ronde mondiale sur la finance climat, organisée à Paris par l'Initiative Finance des Nations Unies pour l'environnement (UNEPFI).
Même s'il a fait part de certaines réserves sur la méthodologie de l'étude, le ministre a dit qu'il veillerait à ce que « les engagements [pris par les banques en faveur du climat] soient tenus ». Surtout, il veut aller plus loin.
En septembre, sur les sujets des frais bancaires facturés en cas d'incidents, Bercy s'était contenté d'engagements volontaires, après avoir menacé de légiférer.
En matière de charbon, les grands acteurs français de la finance ont pris diverses voies. Il y a un an, Axa avait été le premier grand assureur à prendre un engagement radical de désinvestissement, mais aussi la décision de cesser d'assurer les centrales, sous le slogan "No New Coal". Natixis, filiale cotée du groupe BPCE (Banques Populaires Caisses d'Épargne), avait dès 2015 annoncé l'arrêt du financement des centrales électriques au charbon et de mines de charbon thermique dans le monde entier : elle est « la seule banque française à avoir adopté un seuil d'exclusion strict des entreprises exposées à plus de 50% au charbon » souligne Oxfam dans son étude, alors que BNP Paribas et Société Générale n'ont pris cet engagement que pour leurs nouveaux clients.
Frédéric Oudéa, le directeur général de Société Générale, a expliqué en début d'après-midi à cette même tribune la démarche d'accompagnement de ses clients du secteur de l'énergie dans la transition.
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De son côté, le Crédit Agricole a rappelé qu'il avait annoncé en 2015 « une politique générale de désengagement du financement des activités liées au charbon » qui s'est traduite par « une forte baisse des engagements sur la filière "industrie lourde" (de 3% à 2,4% des engagements totaux du groupe entre 2016 et 2017) », regroupant « les grands groupes mondialisés des secteurs de la sidérurgie, des métaux et de la chimie. »
Sa filiale Amundi, leader européen de la gestion d'actifs, a exclu de son portefeuille les entreprises réalisant plus de 25% de leur chiffre d'affaires dans l'extraction de charbon ou produisant plus de 100 millions de tonnes par an.
Bruno Le Maire a également prévenu qu'il voulait s'assurer que l'usage de l'argent placé par les épargnants français dans les livrets de développement durable et solidaire (LDDS, ex-Codevi), « aille exclusivement à des investissements verts. À ma grande surprise, ce n'est pas le cas. Il y a un peu tromperie sur la marchandise. Nous contrôlerons que ces fonds, centralisés à la Caisse des dépôts, sont bien investis » dans des projets verts.
Au lendemain d'un week-end encore marqué par les manifestations des "gilets jaunes", le ministre a insisté sur la nécessité de « ne pas faire peser sur les plus faibles, les plus fragiles, les plus modestes, le poids de la transition énergétique. » Il veut mettre à contribution les banques dans ce domaine : il a renouvelé sa proposition, évoquée la veille, de voir les banques participer à l'accompagnement des plus modestes dans la transition énergétique avec des « prêts verts ».
Il s'agirait de venir en soutien aux ménages éligibles à la prime de conversion souhaitant acheter un véhicule électrique neuf ou d'occasion, « pour deux, trois ou quatre mois en attendant la prime. »
Le Crédit Mutuel a dégainé dés ce lundi une offre Prêt Eco-Mobilités, qui sera commercialisée à partir du 1er décembre, sans frais de dossier, présentant un « taux exceptionnel de 0,75% » pour l'achat d'un véhicule hybride ou électrique et de 1,50% pour une voiture essence sans malus écologique.
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Le ministre a par ailleurs annoncé qu'il allait exiger des entreprises dont l'Etat est actionnaire de se montrer « exemplaires en matière de lutte contre le réchauffement climatique. »