Samsung Pay débarque en France chez Banque Populaire et Caisse d'Epargne

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La solution Samsung Pay fonctionnera partout où les paiements sans contact Visa sont acceptés en France et à l'étranger. D'autres banques devraient la proposer dans les mois à venir.
La solution Samsung Pay fonctionnera "partout où les paiements sans contact Visa sont acceptés en France et à l'étranger". D'autres banques devraient la proposer dans les mois à venir. (Crédits : BPCE)
La solution de paiement mobile du constructeur sud-coréen est lancée en exclusivité dans l'Hexagone par le groupe bancaire BPCE, qui avait été le premier aussi à proposer Apple Pay. Les solutions de paiement mobile foisonnent et les usages prennent du temps à décoller.

Près de deux ans après l'arrivée d'Apple Pay en France, le rival sud-coréen de la marque à la pomme lance sa propre solution de paiement mobile en France, Samsung Pay ce jeudi 26 avril, pour l'instant en exclusivité chez le groupe BPCE (Banque Populaire Caisse d'Epargne). En juillet 2016, BPCE avait déjà été le premier groupe bancaire français à proposer le paiement intégré à l'iPhone, dont il n'est pas autorisé à communiquer le degré d'adoption par ses clients.

La solution Samsung Pay, présentée comme "simple, rapide et sécurisée", est compatible avec les appareils les plus récents (les nouveaux Galaxy S9 et Galaxy S9+, les Galaxy S8 et S7, le Galaxy Note 8 et le Galaxy A8), soit un parc de l'ordre de 4 millions de smartphones en France, dont un million environ rapporté à la clientèle des réseaux Banque Populaire et Caisse d'Epargne (davantage que le nombre de clients propriétaires d'un iPhone compatible Apple Pay). Elle fonctionnera "partout où les paiements sans contact Visa sont acceptés en France et à l'étranger" (pas pour une MasterCard).

Il suffit d'enregistrer la (ou les) carte(s) bancaire(s) dans l'application Samsung Pay qui s'ouvre en balayant l'écran de bas en haut et permet de payer comme une carte sans contact sur le terminal du commerçant (environ 45% des lecteurs de carte, soit 700.000 magasins, sont désormais compatibles avec la technologie sans contact). Il faut s'authentifier pour valider le paiement, par son empreinte digitale (le smartphone est équipé au dos d'un lecteur) par la reconnaissance d'iris ou avec un code PIN (spécifique à la carte bancaire), ce qui permet de s'affranchir du plafond de la carte sans contact (30 euros).

Il est possible d'y intégrer des cartes de fidélité, ainsi que des cartes Tickets Restaurant Edenred et Apetiz. D'ici à la fin de l'année, Samsung Pay pourra aussi être utilisée pour régler des achats sur Internet chez de grands e-commerçants.

Innovation et fidélisation

Samsung ne prélève aucune commission : les deux acteurs indiquent qu'il s'agit d'un partenariat sans rétribution (à la différence de celui avec Apple). En proposant cette nouvelle fonction gratuite, le constructeur de produits électroniques espère inciter les clients à monter en gamme, en achetant un modèle compatible plus récent ou sa montre connectée, qui intégrera la solution de paiement à la rentrée. Samsung Pay devrait arriver chez d'autres banques "dans les semaines et mois qui viennent" a indiqué Laurent Moquet, le directeur marketing B2B Mobile de Samsung France.

Quant à BPCE, il s'agit de proposer ces innovations sans se faire "désintermédier" (le paiement passe par la carte émise par la banque, dont le logo apparaît clairement, et les données sont maîtrisées).

"L'usage du paiement mobile progresse même si cela prend du temps à s'installer comme un réflexe", reconnaît Jean-Philippe Van Poperinghe, directeur de la stratégie des offres B2C de BPCE.

Si le paiement sans contact a décollé pour dépasser le milliard de transactions l'an dernier en France selon le groupement CB, la part du paiement mobile n'est pas précisée. Selon une enquête de Visa, 62% des Français auraient déjà payé avec leur smartphone.

"On peut oublier sa carte, mais son mobile on l'a toujours sur soi ! Dans un monde qui se digitalise, nous proposons à nos clients des solutions de paiement simples et sécurisées. C'est au client de choisir, selon sa préférence de marque. C'est à la fois un vecteur de fidélisation et d'image de modernité et d'innovation pour Banque Populaire et Caisse d'Epargne", confie Jean-Philippe Van Poperinghe.

Voire un outil de conquête : certains jeunes clients auraient ouvert un compte pour pouvoir utiliser Apple Pay non disponible dans leur ancienne banque. "À terme, les banques qui n'auront pas ces solutions seront désavantagées sur le plan compétitif", estime-t-on chez BPCE. Le groupe "regarde toutes les solutions" de paiement mobile qui foisonnent : il travaille avec Garmin, dont la solution de paiement sur sa montre connectée est testée à la Caisse d'Epargne d'Île-de-France (et déployée chez Crédit Mutuel Arkéa et sa banque en ligne Fortuneo). Mais aussi avec Google Pay qui devrait être disponible au troisième trimestre. L'ex-Android Pay (proposée par la néobanque N26 dans plusieurs pays) viendra donc en concurrence directe avec Samsung Pay et aussi avec Paylib, la solution franco-française des banques.

Dans ce paysage très encombré de solutions, où il faudrait ajouter l'appli de la startup Lydia, le géant Paypal (qui a signé un partenariat avec Samsung) ou encore Lyf Pay (BNP Paribas, Crédit Mutuel, Auchan, Carrefour, Total), les consommateurs et les commerçants s'y retrouveront-ils ?

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Commentaires
a écrit le 26/04/2018 à 16:20 :
Je n'en vois pas l'utilité par rapport à la carte bancaire, qui fonctionne aussi sans contact, et se glisse très facilement dans une poche
Réponse de le 10/07/2018 à 8:47 :
Le paiement smartphone est authentifié via l'empreinte digitale, et permet de payer des sommes plus importantes (pas limité à 20€ ou 30€ comme le sans contact des cartes)
a écrit le 26/04/2018 à 13:14 :
"Les solutions de paiement mobile foisonnent et les usages prennent du temps à décoller"

ENcore une politique économique venant seulement de l'offre, les sociétés nous inondent de produits de consommation qu'ils ont décidé nous obligeant au final à acheter ce qu'ils nous imposent car c'est souvent moins cher qu'ailleurs et lutter contre, à savoir par exemple demander une CB qui ne soit pas équipée de puce RFID, va vous faire du temps et de l'argent.

Alors quand en 2018 on lit encore sur les forums les trolls néolibéraux qui nous rabâchent en permanence que c'est la faute aux consommateurs qui achètent, je vous garantie que ya des claques qui se perdent.

Leur dogme de l'offre plus leurs médias nous tiennent au sein d'une économie néolibérale mortifère. Les morts tiennent la barre.

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