Marie-Pierre Peillon, présidente de la SFAF : "il est indispensable de faire évoluer le rôle et le pouvoir des agences de notation"

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Dans un entretien accordé à la Tribune, la nouvelle présidente de la SFAF, l'association française des analystes financiers dévoile ses priorités pour 2012. Elle compte bien participer activement aux différents débats de Place.

Marie-Pierre Peillon vient d'arriver à la tête de la SFAF, l'association Française des analystes financiers. Cette spécialiste de l'analyse financière et extra-financière s'est fixée une feuille de route assez riche, à l'heure où les analystes financiers aussi bien actions que crédit sont au centre d'une série de sujets d'actualité assez brûlants. Dans un entretien accordé à La Tribune, Marie-Pierre Peillon nous détaille ces challenges.

En ce début d'année, quelles priorités vous êtes vous fixées ?
Nous souhaitons insuffler un nouveau dynamisme à la SFAF et ce, aussi bien au niveau national qu'international. Pour ce faire, nous comptons sur nos trois forces de frappe : le Centre de formation, l'accompagnement des émetteurs, très demandeurs d'aide- surtout  les valeurs moyennes - et le Centre de réflexion. Ce dernier pilier est très important à mes yeux car c'est là que se regroupent les différentes commissions chargées de réfléchir sur des sujets cruciaux. Comme le développement durable, l'immatériel ou la valorisation des entreprises. Ces commissions se réunissent assez régulièrement et, désormais, les conclusions de leurs travaux seront plus systématiquement mises en avant dans notre revue trimestrielle.

Y-a-t-il sur ce point un sujet qui taraude plus spécialement les analystes financiers aujourd'hui ?
On réfléchit à l'élaboration du rapport intégré qui engloberait aussi bien la matière financière qu'extra-financière. Mais attention, sans que cela se traduise par une agglomération des rapports annuels classiques et de développement durable, pour ceux qui publient déjà les deux versions. Nous voulons aller plus loin dans cette démarche. Nous souhaitons que la SFAF prenne position sur le sujet et puisse être force proposition. De la même manière, l'association a largement contribué à la réflexion sur l'évolution des normes IFRS.

Pensez-vous que le pouvoir des agences de notation soit aujourd'hui trop important. Croyez-vous que le procès qui leur est intenté soit démesuré ?
La SFAF va bientôt se prononcer officiellement sur ce sujet. En attendant, je fais plusieurs constats. D'abord, il faut bien se rappeler que les pouvoirs aujourd'hui conférés aux agences de notation ont été donnés par les régulateurs eux-mêmes. Il est donc un peu facile d'en faire des boucs émissaires. Cela étant, il est indispensable de faire évoluer leur rôle et leur pouvoir. Et la SFAF entend bien, à ce sujet, avoir son mot à dire et participer au débat. Il est normal que ces agences soient régulées de la même manière que certains acteurs des marchés. Il est tout aussi normal qu'elles poursuivent leurs efforts de transparence sur les méthodologies qu'elles utilisent. Les investisseurs doivent compter sur des agences de qualité à un moment où les émetteurs vont lever de plus en plus de dettes via le marché. 

De fait, il semble, en effet, que les émetteurs, surtout les plus petits d'entre eux, se sentent exclus ou du moins mis de côté par les différents maillons de la chaîne boursière. Pensez-vous que la SFAF puisse inverser cette tendance ?
Nous venons de publier les résultats d'un sondage réalisé auprès de 55 entreprises moyennes. 72% des sondés considèrent que leur présence en Bourse est un plus pour trouver des financements et 86% estiment que leur introduction a répondu à leurs aux attentes de l'entreprise. Pour autant, ils entendent majoritairement se financer via l'emprunt bancaire. Toutefois, dans la grande majorité (84%), ils ne remettent pas en cause leur présence en Bourse. Dans ce contexte, et compte tenu de la baisse régulière du nombre d'actionnaires individuels en France, passés de 6,4 millions en 2008 à 4,1 millions en 2011, il est urgent de se poser la question du devenir des sociétés cotées de taille moyenne, vivier de la Place à moyen terme. D'où nos récentes actions avec le Centre des professions financières notamment, et nos démarches avec « l'Observatoire des PME » pour permettre aux entreprises de taille intermédiaire (ETI) d'avoir accès pour une somme relativement modique à un bureau de recherche indépendant

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