RBS creuse ses pertes mais verse près d'un milliard de bonus

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La banque britannique RBS a versé près d'un milliard d'euros de bonus à ses meilleurs éléments, au titre de l'exercice 2011, alors que ses pertes se sont creusées.

RBS a fait un effort. La banque britannique a réduit de 43% les bonus et autres rémunérations variables versés à ses collaborateurs, au titre de l'exercice 2011. Il faut dire que le groupe n'avait guère le choix. Détenue à 82% par le gouvernement britannique, venu à sa rescousse lors de la crise financière de 2008, RBS avait été priée le mois dernier par le Premier ministre, James Cameron, d'observer une certaine "retenue" en matière de bonus, compte tenu de la polémique qui fait rage au Royaume-Uni sur ces rémunérations variables, souvent colossales, attribuées aux meilleurs éléments des banques.

Une perte nette de près de 2 milliards de livres

La société de gestion des participations du gouvernement britannique, UKFI (UK Financial Investments), a pris acte de cette baisse de 43% des rémunérations variables, et a estimé que RBS avait preuve "de raison." Reste que ces rémunérations s'élèvent tout de même au total à 785 millions de livres sterling (927 millions d'euros), alors que, crise financière oblige, les comptes de la banque ont viré au rouge écarlate l'an dernier, avec une perte nette de 1,99 milliard de livres (2,3 milliards d'euros), contre un déficit de 1,12 milliard un an plus tôt.

Des syndicalistes remontés

Aussi les représentants du syndicat Unite, chez RBS, ont-ils donné de la voix :  "Quelque 28.000 collaborateurs ne percevront aucune augmentation de salaire, cette année. Nous sommes consternés que RBS refuse de reconnaître le travail de l'immense majorité de ses salariés, alors que le groupe peut se permettre de verser d'importants bonus à ses traders." Stephen Hester, directeur général de RBS, qui avait renoncé à son propre bonus en janvier sous la pression de la classe politique et de l'opinion publique, leur a rétorqué que RBS devait être en mesure de retenir ses meilleurs talents et d'en attirer de nouveaux, afin de redresser ses comptes. Pas sûr que cet argument porte, à l'heure où la classe moyenne est appelée à se serrer la ceinture.

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Commentaires
a écrit le 21/04/2012 à 14:19 :
Ils ne vont quand même pas redistribuer cette somme à ces gueux que l'on appelle "salariés" ? Mais où va-t-on ma bonne dame ?
a écrit le 24/02/2012 à 11:46 :
C'est vraiment injuste de diminuer leurs modestes gratifications de 43%... Cette banque risque de les voir partir, parce-que normalement, la norme prévoit +20% d'augmentation des bonus chaque année !

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