La fintech Lydia franchit une nouvelle étape dans la désintermédiation bancaire

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Sur l'application Lydia figurent les différentes fonctionnalités de la carte, que l'utilisateur peut à loisir activer et désactiver d'un simple glissement du doigt sur les touches « on » et « off. »
Sur l'application Lydia figurent les différentes fonctionnalités de la carte, que l'utilisateur peut à loisir activer et désactiver d'un simple glissement du doigt sur les touches « on » et « off. » (Crédits : Lydia)
Cette startup française, spécialisée dans les transferts d’argent entre particuliers, lance mardi 6 septembre une carte de paiement, dont le paramétrage des fonctionnalités est à la main de l’utilisateur, et non plus de la banque.

Imaginez un peu : vous vous trouvez au restaurant, vient le moment de régler l'addition, et ce qui est d'ordinaire la partie la moins agréable du repas vire carrément au cauchemar, votre paiement par carte étant refusé. Pourtant, vous en êtes sûr(e), votre compte bancaire est suffisamment provisionné. C'est vrai, mais vous avez dépassé votre plafond hebdomadaire de paiements par carte, et c'est là que le bât blesse. Bien sûr, vous pouvez relever ce seuil, mais il faudra pour cela contacter votre conseiller bancaire, qui se chargera de répercuter votre demande au back-office de la banque. Entre-temps, il vous aura fallu prier pour que le restaurateur accepte les chèques, ou bien courir à un distributeur automatique si tant est qu'il y en ait à proximité, ou encore trouver une bonne âme pour payer votre écot.

Parce qu'il s'est trouvé l'an dernier dans cette situation pour le moins inconfortable, Cyril Chiche, le patron de la fintech française Lydia, spécialisée dans les transferts d'argent entre particuliers et le paiement mobile, a travaillé sur une carte de paiement dont le paramétrage des fonctionnalités est à la main de son détenteur, et non du système informatique de la banque émettrice. Concrètement, cette carte MasterCard internationale - utilisable pour payer en magasin, en ligne, retirer de l'argent aux distributeurs, en France et à l'étranger - est connectée au smartphone de son propriétaire, et à l'application Lydia, logée dans le mobile. Sur cette application figurent les différentes fonctionnalités de la carte (paiement sans contact, blocage de la carte, modification des plafonds de paiement et de retrait, etc.), que l'utilisateur peut à loisir activer et désactiver d'un simple glissement du doigt sur les touches « on » et « off » (voir illustration).

Une carte qui ne sera pas gratuite

Des activations qui sont en outre instantanées, si bien que le pénible incident du dîner impossible à régler pour cause de plafond de paiement dépassé ne pourra plus se produire. "Avec cette carte connectée au smartphone et à l'application Lydia, je désintermédie la relation entre mon argent et moi. C'est moi qui ai la main sur le paramétrage de ma carte. Un pas supplémentaire dans le « self-banking » est ainsi franchi", souligne Cyril Chiche. Pour qui il s'agit bien là de quelque chose "de totalement nouveau."Dans certaines banques en ligne, il est certes possible de modifier ses plafonds de retrait et de paiement, mais pas de piloter toutes les fonctionnalités de la carte", insiste le président de Lydia.

Avec cette carte d'un nouveau genre, la fintech dévie légèrement de son modèle économique initial, qui consistait à proposer ses services gratuitement aux particuliers, sa rémunération provenant des abonnements et des commissions sur les transactions facturés aux 10.000 commerçants et autres "points d'acceptation" professionnels qui utilisent Lydia. Mais, compte tenu des coûts importants engendrés par la production d'une carte de paiement, les consommateurs qui choisiront la carte Lydia - disponible en précommande à partir du mardi 6 septembre - devront s'acquitter d'une somme de 10 euros, et payer ensuite 3,99 euros par mois.

Un début d'internationalisation dans quelques semaines

"Nous voulions que cette carte soit accessible à tous, aux étudiants comme aux cadres, à ceux qui voyagent régulièrement comme à ceux qui sont beaucoup plus sédentaires", explique Cyril Chiche. De fait, les jeunes âgés de 18 à 35 ans ne représentent pas moins de 80% du demi-million d'utilisateurs que Lydia revendique en France. Un nombre d'afficionados dont la croissance a accéléré au cours des derniers mois : opérationnelle depuis 2013, l'application ne comptait encore que 200.000 utilisateurs à la fin 2015.

Ce rythme devrait encore augmenter dans les prochains mois, Lydia - qui visait début 2015 l'équilibre opérationnel en France au premier semestre 2016 - semblant aujourd'hui résolue à privilégier la croissance, comme l'explique Cyril Chiche : "Nous n'avons pas atteint l'équilibre opérationnel au premier semestre car nous avons au contraire décidé de « déséquilibrer » un peu plus les comptes de l'entreprise, afin d'investir dans la conception de cette carte, qui représente le plus gros pari de Lydia depuis le lancement de l'application, et dans notre développement à l'étranger." Une internationalisation qui débutera dans quelques semaines.

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Commentaires
a écrit le 06/09/2016 à 9:14 :
L'appli " ma carte" du Credit Agricole permet déjà de modifier ses plafonds depuis son portable !

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