La Banque mondiale ne financera plus le gaz et le pétrole

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Le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, au One Planet Summit ce mardi.
Le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, au One Planet Summit ce mardi. (Crédits : DR)
Co-organisatrice du sommet sur le climat One Planet Summit avec Emmanuel Macron et l'ONU, l'institution multilatérale se devait de montrer l'exemple : elle s'engage à sortir des hydrocarbures après 2019.

Il fallait montrer l'exemple, en tant que co-organisatrice du One Planet Summit avec l'Elysée et les Nations unies : la Banque mondiale a annoncé mardi qu'elle ne financerait plus de projets dans l'exploration et la production de gaz et de pétrole après 2019. Le groupe Banque mondiale n'est pas à proprement parler une banque mais une institution multilatérale d'aide aux pays en développement qui opère sous cinq bannières en particulier la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), et la Société financière internationale (IFC en anglais). Ses financements dans l'industrie pétrolière et gazière ont représenté près de 1,6 milliard de dollars en 2016, soit moins de 5% des financements accordés cette année-là.

La Banque mondiale précise qu'elle envisagera exceptionnellement le financement d'activités en amont du secteur gazier dans les pays les plus pauvres "lorsqu'il favorise indéniablement l'accès à l'énergie des pauvres et lorsque le projet est conforme aux engagements du pays au titre de l'Accord de Paris". L'institution affirme être en bonne voie d'atteindre son objectif de 28% de prêts consacrés à l'action climatique d'ici à 2020.

"Une nouvelle marche franchie !" a réagi Pascal Canfin, le directeur général du WWF France et ex-ministre du développement.

Si de nombreux acteurs financiers, publics et privés, ont pris l'engagement de sortir, partiellement ou totalement, du charbon, l'énergie la plus polluante, la Banque mondiale est la première institution multilatérale à décider d'exclure le financement de l'exploration et la production des hydrocarbures.

"C'est un fait que les énergies fossiles restent très lourdement subventionnées, ce qui signifie que nous investissons dans notre propre perte", a déclaré le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, mardi au One Planet Summit. "Nous n'avons pas besoin d'attendre d'être à court de charbon et de pétrole pour en finir avec l'âge des énergies fossiles. Nous devons investir dans l'avenir, pas le passé", a-t-il insisté.

Le plus grand fonds de "green bonds" des émergents

A partir de l'année prochaine, elle publiera un rapport annuel sur les émissions de gaz à effet de serre des projets qu'elle finance dans les secteurs les plus émetteurs, notamment l'énergie. En outre, elle appliquera un prix virtuel pour le carbone lors de l'analyse économique de tous les projets de la BIRD et de l'IDA conçus à compter de juillet 2017 dans les secteurs fortement émetteurs.

Parmi les autres annonces, la Banque mondiale entend accélérer la mobilisation des fonds pour atténuer les chocs climatiques, notamment via le fonds obligataire Green Cornerstone, lancé en avril dernier en partenariat avec le français Amundi, le leader européen de la gestion d'actions, afin d'acheter des "obligations vertes" émises par les banques dans les pays en voie de développement. La Banque mondiale va y investir jusqu'à 325 millions de dollars, via l'IFC, afin de créer "le plus grand fonds de green bonds de l'histoire consacré aux marchés émergents". Le fonds a déjà collecté plus de 1 milliard de dollars, l'objectif étant d'atteindre 2 milliards auprès d'investisseurs institutionnels, dans le but de développer les marchés financiers locaux et d'accroître le financement privé des projets liés au climat. En parallèle, l'IFC s'emploiera à définir une norme mondiale sur les obligations vertes, semblable aux Principes de l'Équateur, pour favoriser le développement du marché de ces obligations vertes dans le but de mobiliser des financements privés destinés au secteur climatique.

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Commentaires
a écrit le 13/12/2017 à 14:24 :
c'est du racisme anti pauvres assez deplace........ c'est un secret de polichinelle que les pays en voie de developpement developpent leur richesse sur l'exploitation de matieres premieres.............
remarquez, peut etre que pour se donner bonne conscience de faire du pauvre, elle va proposer une taxe payee par personne, par exemple 50% du montant des transactions fincncieres ( oui, 10 points de tva, ca risque d'etre paye par le consommateur)......... il faudra des lors ressortir les equations quantitatives de la monnaie pour expliquer que chaque achat cree comptablement une transaction financiere, dont sera imposable a la taxe.........( et la ca va hurler car ca sera paye par quelqu'un au lieu d'etre paye par personne!)
a écrit le 13/12/2017 à 13:10 :
Mais la banque mondiale n'est quasiment rien du tout au niveau financement de l'exploration du gaz et du pétrole !Qui peut croire un seul instant que les 10 plus grands majors au monde ont besoin de son argent pour forer ?Rien qu'avec leurs seuls fonds propres superieur à celui de certains grands états ,ils peuvent financer ce qu'ils veulent sans compter les fonds de pensions US trés impliqués dans ces entreprises .................
a écrit le 13/12/2017 à 8:24 :
En fin, on commence a savoir quel sont les véritables pollueurs de notre planète, la finance et les "joueurs de casino" qui se dénomment eux mêmes "investisseur"!
Réponse de le 13/12/2017 à 12:58 :
Euh, c'est nous, non ?
Il suffit de comprendre comment sont produits tous les objets et services qui sont à notre disposition.
Cordialement
a écrit le 12/12/2017 à 20:41 :
On va les croire😂😂....!

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